La Lettre 12 juin 2026

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La Lettre d’Afghanistan 12 juin 2025
Numéro 77

L’ONU signale une augmentation de 57 % des incidents liés à la sécurité en Afghanistan

Dans un nouveau rapport trimestriel, l’ONU a recensé 3 687 incidents liés à la sécurité en Afghanistan entre février et avril, soit une augmentation de 57,7 % par rapport à la même période l’an dernier, et prévient que le pays est confronté à des défis croissants.

Le rapport S/2026/431 est un acte d’accusation, pas un simple document technique. Il pulvérise le récit taliban d’une « paix retrouvée » en Afghanistan: en trois mois, les incidents sécuritaires ont bondi de 57,7%, tandis que la population s’enfonce dans la pauvreté, la peur et la dépendance à une aide internationale elle-même en train de se tarir.

Ce que montre l’ONU, c’est un régime qui a transformé l’exclusion des femmes en colonne vertébrale de son ordre politique: interdiction durable de l’école, verrouillage du travail, décrets qui gravent juridiquement leur infériorisation et légitiment la violence à leur encontre. Dans le même temps, châtiments corporels, répression des anciens responsables, fermeture de médias et harcèlement des voix dissidentes installent un système de contrôle social total.

À l’extérieur, la « stabilité » talibane se fissure sur la ligne de front afghano-pakistanaise: frappes, affrontements frontaliers et centaines de victimes civiles rappellent que la guerre ne s’est pas arrêtée, elle a changé de forme. Et pendant que l’économie officielle affiche une stabilisation de façade, les Afghans s’appauvrissent, fuient ou sont renvoyés de force dans un pays qui n’a plus les moyens de les accueillir.

Lire le rapport


06 juin 2026: Déclaration de l’Association pour la coordination des diplomates de la République islamique d’Afghanistan sur les récents efforts déployés par certaines institutions de l’Union européenne pour engager les représentants des talibans à Bruxelles sous prétexte d’aborder les questions migratoires.

Raquel García Hermida-Van Der Walle

présidente de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Afghanistan, a critiqué l’invitation potentielle des représentants talibans à Bruxelles, soulignant que l’Union européenne n’accorde aucune légitimité à ce groupe et ne devrait pas créer les conditions de sa normalisation.

Elle a décrit les politiques des talibans contre les femmes et les filles en Afghanistan comme un « apartheid de genre » et un crime contre l’humanité, avertissant que la présence des représentants de ce groupe dans les institutions européennes pourrait envoyer un message d’acceptation politique des talibans au monde.

Von der Wahl a également rejeté les arguments soulevés sur la nécessité d’un dialogue avec les talibans sur les questions de migration, affirmant qu’il est impossible de négocier avec un groupe pour résoudre la crise migratoire alors qu’elle-même a été l’un des principaux moteurs de l’augmentation de la migration par les citoyens afghans.

Le président de la délégation pour les relations avec l’Afghanistan du Parlement européen a appelé à des poursuites contre les dirigeants talibans et a exhorté les gouvernements européens à arrêter des membres de ce groupe s’ils entrent en territoire européen et à les remettre aux autorités judiciaires internationales.

Elle a en outre souligné que les membres talibans n’ont pas leur place/ à Bruxelles ; au lieu de cela, ils devraient être transférés à la Cour pénale internationale de La Haye, tandis que les pressions politiques et les sanctions internationales contre ce groupe s’intensifient.


Femmes afghanes : une vie sans droits ? Avec M. Sayas, M. Benn, E. Blanchard et S. Chalvon-Fioriti

L’Afghanistan est largement passé sous les radars médiatiques depuis que le monde a les yeux rivés sur le bras de fer entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Dans deux mois, cela fera cinq ans que les fondamentalistes ont repris le pouvoir et instauré petit à petit l’un des régimes les plus rigoristes au monde. Des Taliban qui, de façon quasi obsessionnelle n’ont de cesse de s’en prendre aux femmes, à leurs libertés et à leurs droits réduits à peau chagrin.

Femmes afghanes : une vie sans droits ? Parlons-en avec Mursal Sayas, journaliste, autrice de « Qui entendra nos cris ? : 10 témoignages des femmes d’Afghanistan » (Éditions de l’Observatoire, 2024), Margaux Benn, grande repoter au Figaro, spécialiste de l’Afghanistan, Elise Blanchard, photoreporter, autrice de « Dans la maison d’un taliban – Le récit inédit d’une journaliste au sein d’une famille afghane pendant trois ans » (Le Cherche-midi, 2026), et Solène Chalvon-Fioriti, grande reporter, co-réalisatrice du documentaire « Le pays taliban) (France TV, 2026).

Par : Pauline PACCARD

L’Afghanistan est largement passé sous les radars médiatiques depuis que le monde a les yeux rivés sur le bras de fer entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Dans deux mois, cela fera cinq ans que les fondamentalistes ont repris le pouvoir et instauré petit à petit l’un des régimes les plus rigoristes au monde. Des Taliban qui, de façon quasi obsessionnelle n’ont de cesse de s’en prendre aux femmes, à leurs libertés et à leurs droits réduits à peau chagrin.

Femmes afghanes : une vie sans droits ? Parlons-en avec Mursal Sayas, journaliste, autrice de « Qui entendra nos cris ? : 10 témoignages des femmes d’Afghanistan » (Éditions de l’Observatoire, 2024), Margaux Benn, grande repoter au Figaro, spécialiste de l’Afghanistan, Elise Blanchard, photoreporter, autrice de « Dans la maison d’un taliban – Le récit inédit d’une journaliste au sein d’une famille afghane pendant trois ans » (Le Cherche-midi, 2026), et Solène Chalvon-Fioriti, grande reporter, co-réalisatrice du documentaire « Le pays taliban) (France TV, 2026).

Par : Pauline PACCARD


Manifestation d’hommes et de femmes Herat réprimés par des talibans avec des coups de feu

Ces derniers jours, à Hérat, dans le nord-ouest de l’Afghanistan, les autorités talibanes ont arrêté des dizaines de femmes pour non-respect du code vestimentaire draconien en vigueur dans le pays, dans le cadre d’une répression croissante qui a suscité la condamnation des Nations Unies.

Des témoins, dans trois endroits différents, ont déclaré avoir vu des femmes arrêtées samedi et dimanche par la redoutable police des mœurs pour avoir refusé de porter le niqab (voile intégral) ou la burqa (voile couvrant tout le corps). La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a estimé ce nombre à 30.

Des sources ont déclaré à Aamaj News que les manifestations à Hérat, organisées en réponse à l’enlèvement de femmes par les talibans, ont été dispersées après que les forces talibanes ont ouvert le feu direct sur les manifestants.

Pendant la manifestation, les femmes ont scandé des slogans appelant à l’éducation, au travail et à la liberté.

Des témoins ont déclaré que le rassemblement avait été réprimé avec force, ce qui soulève de nouvelles inquiétudes concernant les restrictions aux libertés civiles et le traitement des femmes en Afghanistan.


Bulletin du 3 au 11 juin 2026
I Stand with the Girls of Herat
Hérat, l’ultime avertissement : quand l’apartheid de genre rencontre la révolte populaire
Les autorités talibanes ont arrêté des dizaines de femmes à Hérat pour avoir porté des vêtements inappropriés.
Hérat sous les balles : quand réprimer les femmes devient une stratégie de survie polit...
Le déclin d'Ashar : comment le travail collectif disparaît dans l'Afghanistan rural
Le système taliban : mafia et charia
Khar Qamar sept ans après et la crise non résolue des droits des Pachtounes
Point de presse du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Afghanistan par Metra Mehran
Une adolescente emprisonnée et une épouse maltraitée : les femmes afghanes prises au piège des lois discriminatoires
Les médias européens critiquent l'UE concernant son engagement auprès des talibans.
Eau, climat et survie en Afghanistan : un dossier de rapports sur l'environnement
Les talibans interdisent l'utilisation des smartphones à leurs membres et aux employés du gouvernement.

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