La Lettre 19 mars 2026

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La Lettre d’Afghanistan 19 mars 2026
Numéro 65

À Bruxelles, quelque chose a bougé.

Et ce n’est pas anodin.

Les 16 et 17 mars 2026, le Parlement européen puis le Parlement belge ont ouvert leurs portes à des opposants démocratiques aux talibans : responsables politiques, figures militaires, militantes, universitaires, défenseures des droits humains. Pendant deux jours, une idée simple mais essentielle a été posée au centre du débat : il n’existe pas de solution durable pour l’Afghanistan sans alternative politique crédible aux talibans.

Depuis trop longtemps, la communauté internationale oscille entre aide humanitaire, prudence diplomatique et accommodement de fait avec un régime qui a pourtant méthodiquement détruit les libertés, écrasé les voix dissidentes et institutionnalisé l’effacement des femmes.

À Bruxelles, le ton a été clair : il ne suffit plus de gérer les conséquences du désastre afghan. Il faut enfin regarder en face ses causes politiques. Les interventions de Fawzia Koofi, de Zalmai Neshat, d’Aliya Yilmaz et d’autres participants ont rappelé une vérité que beaucoup préfèrent contourner : les talibans n’ont ni apporté la paix, ni garanti la stabilité, ni respecté leurs engagements. Ils ont transformé l’Afghanistan en espace de terreur intérieure, de ségrégation sexiste et de répression idéologique, tout en laissant prospérer un environnement favorable aux groupes extrémistes.

Cette rencontre compte aussi pour une autre raison : elle marque un élargissement du cadre. Pour la première fois, les discussions ne se limitaient pas à la seule société civile ou à la seule question féminine, aussi centrale soit-elle. Elles ont mis en présence différentes composantes d’une opposition afghane qui cherche à se structurer, à dialoguer et à proposer une issue démocratique.

L’Europe entendra-t-elle enfin ce message ?

Soutenir les femmes afghanes, exiger des comptes pour les crimes commis, reconnaître l’apartheid de genre, renforcer les forces démocratiques afghanes : tout cela ne relève pas seulement d’un devoir moral. C’est aussi une nécessité politique et stratégique. Car abandonner l’Afghanistan aux talibans ne signifie pas seulement abandonner un peuple. Cela signifie accepter qu’au cœur de l’Asie, un régime de terreur puisse continuer à se consolider dans l’indifférence. Lire sur https://buff.ly/YNkjqLy

L’Afghanistan à la croisée des chemins du destin : dialogue pour l’espoir et l’action » à Paris

Paris accueille dans l’une des salles de l’Hôtel de Ville une conférence intitulée « L’Afghanistan à la croisée des chemins du destin : dialogue pour l’espoir et l’action ».

Ce programme a été organisé à l’initiative de la maire de Paris, Anne Hidalgo, et son objectif est d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation en Afghanistan et d’examiner des solutions internationales pour surmonter le régime taliban et progresser vers l’instauration d’un système démocratique dans le pays.

Le dirigeant du Front de résistance nationale afghan (NRFA) a participé à la réunion avec sa délégation. Celle-ci comprenait Ali Meysam Nazari, responsable des relations extérieures, et Zahra Kazemi, présidente du Conseil des femmes du NRFA. La présence de la délégation visait à exposer la situation actuelle en Afghanistan, à solliciter le soutien de la communauté internationale pour la lutte du peuple afghan et à souligner la nécessité de créer un système fondé sur la volonté populaire.

Lire l’article https://lalettrehebdo.com/lafghanistan-a-la-croisee-des-chemins-du-destin-dialogue-pour-lespoir-et-laction-a-paris/


Quand les Afghanes chantaient

En Afghanistan, la pop star et activiste féministe Aryana Sayeed soutient les deux seules jeunes chanteuses candidates à l’émission télévisée Afghan Star, Zahra Elham et Sadiqa Madadgar. Alors que leurs espoirs et leurs rêves de devenir des célébrités nationales commencent à se concrétiser, les talibans reviennent au pouvoir, anéantissant vingt ans de progrès pour les femmes.

A voir sur https://www.arte.tv/fr/videos/123397-000-A/quand-les-afghanes-chantaient/


Le trésor des talibans

En Afghanistan sommeillent des réserves de minerais, indispensables à la transition énergétique, qui attisent les appétits russes, chinois ou iraniens, tandis que l’Europe hésite. Quel impact aura cette manne sur une population écrasée sous le joug taliban ? Une enquête éclairante tournée sur place.

Au pouvoir depuis août 2021, le régime taliban est assis sur un immense trésor : des minéraux stratégiques qui intéressent le monde entier. Cuivre, lithium, cobalt, fer, chromite, uranium, mercure et surtout terres rares… Ces réserves font de l’Afghanistan une « Arabie Saoudite du minerai ». Au moment où les nouveaux maîtres de Kaboul se coupent des nations occidentales en adoptant des mesures iniques envers les femmes, qui ont disparu de l’espace public, d’autres pays ne s’embarrassent pas de scrupules. Chine, Russie, Qatar ou Émirats arabes unis y voient une opportunité : la paix retrouvée permet d’ouvrir l’accès à ces gisements, devenus indispensables à la transition énergétique.

Un nouveau terrain d’affrontement ?
Pour le moment, l’Union européenne (UE) repose à 90 % sur un approvisionnement chinois et russe pour développer ses technologies vertes et numériques. Mais compte tenu des rapports difficiles avec ces deux pays, il devient crucial de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement. L’UE est-elle prête à frapper à la porte de l’Afghanistan, ce pays qui vient de rendre légales les violences conjugales ? La population afghane bénéficiera-t-elle de cette manne ou celle-ci plongera-t-elle son pays dans la tourmente, faisant de lui, à nouveau, un terrain d’affrontement entre grandes nations ? À qui profitera ce trésor ? Une enquête éclairante menée dans un Afghanistan sous surveillance, à l’aide d’une autorisation de tournage obtenue de haute lutte.

REGARDER LE REPORTAGE

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