L’attaque du 27 juin contre le camp des Rangers pakistanais à Karachi, revendiquée par Jamaat-ul-Ahrar, a déclenché la spirale la plus grave observée entre Kaboul et Islamabad depuis plusieurs mois : frappes pakistanaises meurtrières dans l’est afghan les 28 et 29 juin, ripostes aériennes afghanes contre l’État islamique le 1er juillet, interception de drones annoncée par le Pakistan, et durcissement de la politique d’expulsion des ressortissants afghans à compter du 10 juillet. En toile de fond, une crise interne inédite agite le mouvement taliban au Badakhshan, où l’éviction d’un commandant local ravive la ligne de fracture entre Kandahar et les réseaux régionaux qui contrôlent les gisements aurifères.
Des hommes armés attaquent le camp régional des Rangers pakistanais, tuant trois membres de la force paramilitaire. Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente du TTP (Tehreek-e-Taliban Pakistan), revendique l’attaque ; l’un des assaillants capturé est identifié par Islamabad comme un ressortissant afghan.
En représailles à l’attaque de Karachi, le Pakistan mène une opération terrestre et des frappes aériennes contre des repaires attribués à Jamaat-ul-Ahrar et à la « Fitna al-Khwarij ». Islamabad annonce 25 à 29 combattants tués. Kaboul dénonce des frappes ayant touché des zones civiles à Chamkani (Paktia) et Giyan (Paktika) : 36 civils tués et plus de 150 blessés selon le porte-parole adjoint taliban Hamdullah Fitrat. L’UNAMA confirme, à titre préliminaire, au moins 28 civils tués et 49 blessés. Les deux pays convoquent réciproquement leurs chargés d’affaires.
Le ministère taliban de la Défense annonce avoir mené des frappes contre des centres attribués à l’État islamique dans le district de Pishin (Balouchistan) et au Khyber Pakhtunkhwa. Le même jour, l’armée pakistanaise indique avoir intercepté et neutralisé quatre drones rudimentaires lancés depuis l’Afghanistan vers le Balouchistan, près d’une école publique à Saranan, et accuse les autorités taliban de « parrainer » des groupes terroristes.
L’éviction, le 22 juin, du commandant Juma Khan Fateh de son poste de gouverneur adjoint de Zabul, sans affectation nouvelle, marque un point de rupture entre la direction de Kandahar et les réseaux locaux qui contrôlent les gisements aurifères de Nusay et du Darwaz. Selon Afghanistan International, Fateh a renforcé fin juin ses effectifs armés dans le Darwaz et rejeté toute reprise en main de Kandahar, revendiquant le commandement d’environ dix mille hommes armés dans la province, chiffre invérifiable de manière indépendante. La direction taliban a proposé Ghulamullah, commandant de brigade du Faryab, comme successeur.
Une forte explosion vise le quartier général du responsable local de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice. Aucune revendication ni bilan n’a été communiqué ; le sort du responsable visé reste inconnu.
Selon des informations non vérifiées de manière indépendante relayées cette semaine, l’explosion survenue à Parwan III serait liée à une opération dirigée par des forces d’opposition contre un dépôt d’armes du TTP dissimulé par les taliban dans un quartier civil, une pratique décrite comme un recours aux populations civiles comme boucliers humains à des fins de propagande.
Selon Afghanistan International, le ministère taliban de la Défense précise avoir mené trois frappes distinctes le 30 juin au soir : une contre une installation à Saranan (district de Pishin, Balouchistan), présentée comme un centre de coordination pour des frappes ayant causé des victimes civiles en Afghanistan ; une autre contre un site de l’État islamique à Qambar Khel (Khyber Pakhtunkhwa) ; une troisième contre une position conjointe de l’État islamique et de « groupes anti-taliban » dans la vallée de Shah Salim, district de Chitral. C’est la première fois que le mouvement taliban revendique officiellement des frappes visant ses opposants politiques, en l’occurrence le NRF et l’AFF qualifiés de « forces du mal et de la corruption », en dehors du territoire afghan. Aucune présence vérifiée de manière indépendante de ces groupes au Pakistan n’a pu être confirmée.
Des sources sécuritaires pakistanaises citées par Afghanistan International affirment que 265 ressortissants afghans ont été impliqués dans des attentats-suicides et d’autres attaques terroristes au Pakistan entre 2022 et 2025, notamment à Peshawar, Bannu, Besham, au Waziristan du Nord, à Tank et à Dera Ismail Khan. Le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid a qualifié ces accusations d’illogiques, appelant le Pakistan à sécuriser ses propres villes plutôt que d’accuser autrui.
Selon Hasht-e Subh, une délégation envoyée par Hibatullah Akhundzada a rencontré le 1er juillet des représentants du commandant dissident Juma Khan Fateh dans le district de Shighnan pour négocier son désarmement. Les discussions se sont achevées sans résultat : Fateh se serait engagé à rester chez lui et à ne pas s’opposer aux taliban, à condition que personne n’interfère avec lui, refusant en revanche de rendre les armes.
Trois sources locales indiquent à Afghanistan International que les renseignements taliban ont arrêté le 27 juin un commandant local du district de Kuran wa Munjan, identifié comme Juma, et l’ont transféré à Kaboul. L’homme avait servi dans les forces armées taliban avant d’être démis de ses fonctions il y a plusieurs mois. Le motif de son arrestation reste inconnu. Cette interpellation, distincte de l’affaire Fateh, illustre l’ampleur des purges en cours au Badakhshan autour des nominations, du contrôle des sites miniers et des restrictions sécuritaires.
Dans une note de politique publiée en juin 2026, le chercheur Luke Coffey revient sur l’accord de coopération militaro-technique signé le 27 mai à Moscou entre le secrétaire du Conseil de sécurité russe Sergueï Choïgou et le ministre taliban de la Défense Mohammad Yaqoob, et alerte sur des informations, non confirmées officiellement, selon lesquelles la Russie financerait, entraînerait et équiperait une force spéciale de 8 000 hommes placée sous le commandement direct du chef suprême taliban Hibatullah Akhundzada, en dehors des structures de sécurité habituelles du régime. La note souligne que la Russie demeure le seul pays à reconnaître formellement le gouvernement taliban et met en garde contre les répercussions possibles de ce rapprochement sur l’effort de guerre russe en Ukraine.
Le président de la chambre de commerce Iran-Afghanistan, Mahmoud Siadat, déclare que l’Iran, en raison de sa position géographique et de ses infrastructures industrielles, peut devenir l’un des partenaires les plus importants de l’Afghanistan dans le développement du secteur minier, évoquant l’usage des ports de Chabahar et de Bandar Abbas pour l’exportation des produits miniers afghans.
L’ambassadeur d’Iran à Kaboul, Alireza Bikdeli, affirme, en marge de la cinquième foire internationale de Kaboul, que les relations entre l’Iran et l’administration taliban évoluent dans une direction constructive et renforceraient la coopération bilatérale et régionale. Il évoque le développement des infrastructures ferroviaires, routières et hydrauliques comme leviers de croissance, tout en rappelant que le différend sur les droits d’eau du fleuve Helmand demeure la principale source de tension entre les deux pays.
Le ministre taliban des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, reçoit l’ambassadeur du Qatar à Kaboul, Murdf Al-Qashouti, et salue le rôle constructif de Doha dans le renforcement des liens entre les taliban et la communauté internationale. Le Qatar, qui héberge le bureau politique du mouvement, a facilité plusieurs cycles de négociations entre les taliban, les États-Unis et d’autres acteurs internationaux, ainsi que des pourparlers avec le Pakistan.
Le ministère russe des Affaires étrangères annonce la tenue de consultations interministérielles à Kaboul avec les taliban, portant sur la coopération politique, économique, culturelle et humanitaire, entre le deuxième département asiatique du ministère russe et le troisième département politique du ministère taliban des Affaires étrangères. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué. La Russie demeure le seul pays à avoir formellement reconnu le gouvernement taliban ; les deux parties avaient précédemment signé un accord de coopération militaro-technique.
Hannah Neumann, membre du Parlement européen, critique la politique allemande d’expulsion de ressortissants afghans vers l’Afghanistan, la qualifiant de choix qui rend l’Europe vulnérable à la pression des taliban.
L’ambassadeur d’Afghanistan en Australie, Wahidullah Waissi, confirme la fermeture prochaine de la mission de Canberra, l’une des dernières représentations diplomatiques de l’ancienne République islamique encore en fonction à l’étranger. Il a remis au Gouverneur général un tissu tissé à la main par des artisanes de Hérat, en hommage à la résilience des femmes afghanes.
L’ambassadeur d’Afghanistan en Suisse et représentant permanent auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Nasir Ahmad Andisha, annonce que la Mission permanente afghane, avec le soutien de 41 pays, a soumis une déclaration commune au Conseil des droits de l’homme condamnant un programme institutionnalisé et multidimensionnel de discrimination à l’encontre des femmes et des filles afghanes. Le texte appelle au renforcement du mandat du Rapporteur spécial sur les droits humains en Afghanistan et du Mécanisme indépendant de responsabilisation (IIM-A).
Le KidsRights Index 2026, quatorzième édition du classement mondial des droits de l’enfant établi avec l’Université Erasmus de Rotterdam, place l’Afghanistan au 194e et dernier rang sur 194 pays, avec un score de 0,214, seul pays à passer sous la barre des 0,3 cette année. Le domaine « Environnement favorable aux droits de l’enfant » atteint le score plancher de 0,010. L’Afghanistan affiche la plus forte inégalité de genre au monde en matière de scolarité espérée : 8,09 années pour les filles contre 13,36 pour les garçons, ainsi que le taux de mortalité maternelle le plus élevé d’Asie du Sud, à 521 pour 100 000 naissances vivantes.
Plusieurs témoignages et vidéos diffusés cette semaine sur les réseaux sociaux alimentent des inquiétudes croissantes quant à la sécurité des femmes et des filles à Kaboul et à Hérat, évoquant arrestations, disparitions, enlèvements et transferts de femmes par des forces taliban. Ces allégations, non vérifiées de manière indépendante, s’accompagnent de témoignages antérieurs, dont celui d’un ancien directeur de l’hôpital Malalai de Kaboul faisant état de violences sexuelles constatées durant sa détention à la prison de Pul-e-Charkhi.
Les services de renseignement taliban arrêtent un ancien commandant de la police locale, Mohammad Azam Bakhtar Farashghani, à son domicile. Selon des sources locales, sa famille aurait été battue durant l’arrestation et ignore depuis son lieu de détention ; les taliban n’ont pas commenté.
Des sources locales rapportent que les forces taliban ont détruit des habitations du village de Churghan, district de Kohistanat, pour céder les terres à des transfuges originaires de la province de Maidan Wardak. Les habitants disent ne disposer d’aucun recours face à ces confiscations.
Un affrontement entre forces taliban et habitants de la région de Qala-e-Zamari, autour d’un différend foncier remontant à l’époque de Zahir Shah, fait quatre morts et quinze blessés parmi les civils ; trente autres personnes sont arrêtées. Les autorités taliban locales n’ont pas commenté l’incident.
L’Organisation mondiale contre la torture place l’Afghanistan dans la catégorie « très haut risque » de son Indice mondial de la torture 2026, l’un des classements les plus sévères parmi les 39 pays évalués, sur la quasi-totalité des indicateurs : engagement politique contre la torture, lutte contre l’impunité, droits des victimes et espace civique. L’organisation relève que les taliban ont légalisé certaines formes de mauvais traitements dans leur code de procédure pénale et rompu avec les engagements internationaux souscrits par l’ancien gouvernement, dont la Convention des Nations unies contre la torture.
Selon des sources informées citées par Afghanistan International, Mohammad Rahmati, directeur général de Tamadon TV, souffre de maladie cardiaque, de diabète et d’hypertension, et se voit refuser l’accès aux médicaments et aux soins depuis sa détention. Rahmati et un employé de la chaîne, Mohammad Reza Ehsani, sont détenus depuis dix jours sur ordre du ministre taliban de la Justice, à la prison provinciale de Kaboul. Les taliban avaient auparavant investi le siège de la chaîne à Kaboul, suspendu ses activités et confisqué une partie de ses biens.
Des sources locales indiquent à Kabul Now que les taliban contrôlent l’identité des femmes aux points de contrôle du district de Paryan et refusent l’accès à celles qui ne sont pas originaires du Panjshir, y compris lorsqu’elles sont accompagnées de leur famille, alors que la province est habituellement une destination estivale prisée pour son climat.
Un habitant de la province de Logar, aujourd’hui installé en Allemagne, affirme auprès de Hasht-e Subh que des responsables taliban locaux ont confisqué son verger d’amandiers de 30 djérib au centre provincial, démoli une partie des murs d’enceinte, abattu des milliers d’arbres et réparti les terres entre plusieurs responsables taliban et leurs proches. Des accaparements similaires avaient déjà été documentés dans le Helmand, où le ministre taliban des Communications, Abdul Ahad Fazli, aurait saisi un espace vert appartenant au département de l’Agriculture près du quartier général de la police provinciale.
Une directive du ministère de l’Intérieur, datée du 28 juin, au lendemain de l’attaque de Karachi, prévoit qu’à compter du 10 juillet 2026, tout Afghan résidant au Pakistan sans visa valide sera immédiatement arrêté. La mesure s’inscrit dans le prolongement d’une réunion du 1er juin sur le Plan de rapatriement des étrangers en situation irrégulière. Plus de 146 000 Afghans ont déjà été expulsés du Pakistan depuis le début de l’année 2026, un rythme en hausse depuis le 1er avril, selon Human Rights Watch.
Les frappes des 28-29 juin ont provoqué, outre les pertes civiles, la destruction d’habitations et la perte de bétail, notamment dans le district de Chamkani. Les organisations humanitaires présentes dans l’est afghan font état de pressions accrues sur des capacités d’accueil déjà fragilisées par les vagues de retours forcés depuis l’Iran et le Pakistan.
Les autorités taliban locales rapportent que des crues soudaines ont détruit des centaines d’hectares de terres agricoles et des dizaines d’habitations à Jalalabad et dans plusieurs districts de la province, dont Kama, Behsud, Surkh Rod, Khogyani, Shirzad, Pachir Aw Agam, Chaparhar, Dara-e-Noor, Kuz Kunar, Shinwari, Haska Mina et Momand Dara. Un enfant de 13 ans s’est noyé en ramassant du bois de chauffage dans le district de Haska Mina. Les habitants sinistrés réclament une aide d’urgence.
Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) place l’Afghanistan pour la première fois sur sa liste annuelle des crises de déplacement les plus négligées, pointant un financement humanitaire très inférieur aux besoins alors que 21,9 millions de personnes nécessitent une assistance. Jan Egeland impute cette baisse principalement à la fin du soutien humanitaire américain et appelle les donateurs à réagir avant que davantage de familles ne basculent dans la faim.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies indique qu’environ 50 personnes sont tuées ou blessées chaque mois en Afghanistan par des restes explosifs de guerre, les enfants représentant près de 80 % des victimes. Environ 3,3 millions de personnes vivent à proximité de zones contaminées par des mines et des munitions non explosées, tandis que la baisse du financement international réduit fortement les capacités de déminage.
La Suède annonce une contribution de 5,26 millions de dollars au Fonds fiduciaire pour l’Afghanistan, destinée à soutenir des programmes humanitaires et de développement en cours, sans précision sur la répartition sectorielle des fonds.
Trois juges de la Cour pénale internationale, Kimberly Prost (Canada), Solomy Balungi Bossa (Ouganda) et Reine Adelaide Sophie Alapini-Gansou (Bénin), déposent une plainte devant un tribunal fédéral de Manhattan contre le gouvernement américain, contestant les sanctions qui les visent en vertu de la loi IEEPA. Deux des magistrates concernées, dont la juge Bossa, sont directement associées aux enquêtes de la CPI portant sur des crimes de guerre présumés commis en Afghanistan, dont ceux imputés à des militaires américains. Les juges font valoir que ces sanctions visent à contraindre leurs décisions professionnelles en dehors de tout cadre judiciaire.
La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan confirme, à titre préliminaire, au moins 28 civils tués et 49 blessés dans les frappes pakistanaises du 28-29 juin sur les provinces de Paktia, Paktika et Kunar, un bilan inférieur à celui annoncé par les autorités taliban.
L’organisation afghane de défense des droits humains Rawadari affirme que les frappes pakistanaises ont visé des zones résidentielles, en violation du droit international humanitaire et des Conventions de Genève, et pourraient constituer des crimes de guerre. Selon ses constatations, à Paktia, les frappes se sont déroulées en deux vagues : la première a touché des habitations, la seconde a visé les personnes venues porter secours aux blessés. L’organisation appelle la communauté internationale à documenter les faits et à en établir les responsabilités.
Sauf mention contraire, les bilans suivants proviennent des seules revendications des fronts armés et n’ont pas été vérifiés par une source indépendante.
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AFF
† 2 tués
Route Hérat-Kandahar, district de Guzara, Hérat, 25 juin 2026. Attaque contre une patrouille mobile. Deux taliban tués, armes saisies comme butin. |
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AGT
Cible indemne
PD 3, ville de Kunduz, 25 juin 2026. Attaque ciblée contre un chef du renseignement intérieur taliban. La cible survit. |
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NRF
† 2 tués
Carrefour de la rocade Hérat-Kandahar, district de Guzara, Hérat, 26 juin 2026, vers 21h30. Attaque contre la patrouille mobile du bataillon de découverte de la 1re division d’infanterie de l’armée Faruq. Deux taliban tués, armes saisies. Aucun dommage civil signalé. |
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AFF
Pertes non précisées
District de Kishim, Badakhshan, 28 juin 2026, vers 22h30. Attaque du quartier général taliban local à la roquette et à l’arme légère. |
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AFF
3 corps taliban observés
Commandement de la police, district de Chah Ab, Takhar, nuit du 28 au 29 juin 2026. Attaque de guérilla : tirs de roquettes puis échange à l’arme légère pendant une demi-heure. Pertes matérielles et humaines lourdes infligées selon le front, retrait sans perte propre revendiquée. |
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AFF
† 2 tués⚕ 1 blessé
Bandar-e-Kabul, Karte Aryana, Kunduz, 30 juin 2026, vers 20h30. Attaque contre un véhicule de patrouille Ranger taliban. |
La dynamique observée depuis le 22 juin dessine une expansion géographique de l’Afghanistan Freedom Front vers les provinces de l’est, jusque-là en marge de son théâtre traditionnel du nord et du nord-est. Le front affirme disposer d’armements avancés, y compris antichars, et préparer des opérations à grande échelle. Une vidéo de ses combattants annonçant leur présence à Laghman a contraint le commandement de la police taliban locale à tenir une réunion de sécurité le 28 juin à Mehtarlam. Noorullah Nuri, ministre taliban des Frontières et des Tribus, a publiquement mis en cause la légitimité de ces nouveaux fronts lors d’un déplacement à Sar-e Pol le même jour.
Selon une analyse de l’agence Bazgasht, la poursuite simultanée des attaques du Front de la Liberté sur deux fronts géographiques distincts contraindrait les taliban à disperser leurs ressources sécuritaires entre plusieurs zones instables, entraînant une hausse des coûts logistiques pour l’administration taliban. Cette lecture, portée par des analystes cités par l’agence, reste à confirmer par des sources indépendantes.
Le dossier cumulatif tenu par La Lettre d’Afghanistan recense, de mars à la semaine du 22-25 juin, dix-huit opérations datées attribuées à un front : douze pour l’AFF, trois pour le NRF, deux pour l’AGT, une pour l’ILMPA. À comparer aux dix-huit incidents revendiqués et seize vérifiés par l’ONU entre le 1er février et le 13 avril 2026 (rapport S/2026/431 du 22 mai). La nébuleuse de fronts distincts, AFF (général Yasin Zia), NRF (Ahmad Massoud), Afghanistan Green Trend (Amrullah Saleh) et Front national de mobilisation (Hamid Saifi), ne contrôle à ce stade aucun territoire significatif.
Dans le contexte de l’escalade avec l’Afghanistan, le Pakistan impose une interdiction nationale des vols de drones civils.
La direction taliban propose Ghulamullah, commandant de brigade du Faryab, comme successeur du commandant évincé Juma Khan Fateh dans le district de Darwaz, Badakhshan.
Kaboul et Islamabad convoquent réciproquement leurs chargés d’affaires les 29 et 30 juin pour protester contre les frappes et les incursions de drones.
Plus de 146 000 Afghans ont été expulsés du Pakistan depuis le 1er janvier 2026, un rythme en hausse depuis le 1er avril, selon Human Rights Watch.
Le ministère taliban des Travaux publics annonce la fermeture de l’autoroute du Salang aux camions-remorques à compter du 10 juillet, afin d’accélérer des travaux de reconstruction, jusqu’à nouvel ordre.
Un séisme de magnitude 5,5 frappe le nord-est de l’Afghanistan dans la nuit du 1er au 2 juillet, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest du district de Jurm, Badakhshan. Aucune victime ni dégât n’est signalé à ce stade, les communications restant limitées dans les zones montagneuses reculées.