La Lettre 18 septembre 2026

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Ce texte est un témoignage direct, écrit le 28 octobre 2001 par Nasrine Gross, écrivaine américano-afghane et alors représentante à Washington de NEGAR – Soutien aux femmes d’Afghanistan. Elle se trouvait à Khoja Bahauddin le 9 septembre 2001, logée dans la maison d’hôtes voisine de celle où séjournait Massoud, à deux portes des deux faux journalistes arabes. Elle les a vus passer vers midi, leur caméra dans une mallette brun-moutarde, accompagnés de Fahim Dashti et d’Assim Suhail. Trente minutes plus tard, Massoud était mort.

Le récit s’organise en trois temps

D’abord l’attentat et ses suites immédiates : la fuite du second assassin, rattrapé puis abattu au bord du Panj, le silence total qui tombe sur le village, le cercueil d’Assim Suhail veillé toute la nuit sous un ventilateur de fortune, et le mensonge tenu par les responsables afghans, qui affirment pendant six jours que Massoud n’est pas blessé. L’autrice décrit aussi par le menu les deux tueurs, leur allure, leurs vêtements, leur arabe qui ne sonnait pas marocain, et le malaise du plus grand quand elle lui adresse la parole en arabe.

Ensuite les funérailles, annoncées le samedi et tenues le dimanche à Jangalak. Elle obtient, avec trois autres femmes, l’autorisation d’y assister — une cérémonie normalement réservée aux hommes — en faisant valoir que Massoud avait été le premier dirigeant afghan à signer la Déclaration des droits essentiels des femmes afghanes. Elle décrit la foule, 24 000 hommes selon le décompte officiel, Ahmad Massoud âgé de douze ans déclarant devant les caméras que le combat continuera, la montée vers Saricha, et le fait que toutes les ethnies du pays marchaient côte à côte.

Enfin la visite à la maison de Panjshir, le troisième jour du deuil, sous les bombardements talibans. Parigul Massoud y parle de ses blessures, de leur vie de famille, des cinq filles. L’autrice monte ensuite dans la bibliothèque : dictionnaires, Ibn Khaldoun, Ali Shariati, poésie, philosophie, Freud, Sartre, presque rien sur la guerre, aucun souvenir personnel accroché aux murs. Massoud n’avait habité cette maison, qu’il avait dessinée lui-même, que vingt jours. Le texte se termine sur un souhait : qu’une bibliothèque nationale porte son nom.



Lire le témoignage de Nasrine Gros


Afghanistan : les taliban n’assurent pas la sécurité des Afghans, ils la menacent

Le Secrétaire général des Nations unies a rendu public le 9 septembre son nouveau rapport sur l’Afghanistan (A/81/363, S/2026/724). Le document couvre en principe la période du 22 mai au 9 septembre 2026. Dans les faits, les données de sécurité s’arrêtent presque toutes au 31 juillet, et le mois d’août est absent. Le constat reste clair : entre le 1er mai et le 31 juillet, l’ONU a recensé 2 947 atteintes à la sûreté et à la sécurité, soit 11 % de plus que l’année précédente. Cinq ans après leur retour au pouvoir, les taliban n’ont pas apporté la sécurité aux Afghans. Ils en sont souvent la première menace.

Vous pouvez trouver la synthèse du rapport sur cette page https://lalettrehebdo.com/afghanistan-les-taliban-nassurent-pas-la-securite-des-afghans-ils-la-menacent/

Préoccupations partagées, différentes solutions

Les membres du Conseil de sécurité sont convenus de la nécessité de la stabilité en Afghanistan et de l’empêchement du pays de devenir un refuge pour les groupes terroristes.

Le principal désaccord concernait la manière dont cet objectif devait être atteint.

Certains pays ont déclaré que la pression, la responsabilité et les conditions claires pour les talibans étaient nécessaires, tandis que d’autres ont fait valoir que la poursuite du dialogue et l’élargissement de la coopération économique seraient plus efficaces.

Le ton de la réunion a montré que les activités d’Al-Qaïda, de l’EI-Khorasan, du Mouvement islamique du Turkestan oriental, de Tehreek-e-Taliban Pakistan et de groupes extrémistes d’Asie centrale ont de nouveau placé l’Afghanistan au centre des préoccupations de sécurité régionale et internationale.

Parallèlement à ces menaces, les tensions entre les talibans et le Pakistan, la crise humanitaire et les restrictions généralisées imposées aux femmes demeurent parmi les principaux facteurs qui façonnent la politique de la communauté internationale à l’égard de l’Afghanistan.


Pas de talibans à Paris !

La France ne doit pas devenir le fossoyeur des droits humains universels: une mise en garde contre toute présence officielle des talibans à Paris.

par Carol Mann
Sociologue spécialisée dans la problématique du genre et conflits armés, directrice de ‘FemAid’et ‘Women in War’.

Il semblerait qu’actuellement le gouvernement français serait en train de réfléchir, bien trop sérieusement, à la possibilité de céder le local de l’ambassade afghane à Paris, situé aux abords du Bois de Boulogne, à une délégation de talibans. Le but serait de de faciliter les «échanges techniques », autrement dit l’expulsion des Afghans dont la présence est considérée illégale, selon des critères variables et souvent contestables.

Lire la suite sur https://blogs.mediapart.fr/carol-mann/blog/170926/pas-de-talibans-paris


Sur les chemins du Panjshir

Une planche de surf à l’effigie de Massoud, attachée à un sac à dos, et quelques récits rocailleux en tête, Hervé pose le pied sur les terres de la résistance Afghane, le 14 avril 2006.

À travers les yeux de ses trois compagnons de voyage, au rythme de la marche et sur les chemins escarpés, apparaît l’histoire de ceux qui ont défié l’oppression, des Soviétiques aux Talibans. Leurs récits et leurs regards révèlent les traces laissées par ceux qui ont sacrifié leur vie pour la liberté.

Sur les pas de Christophe de Ponfilly et Jérome Bony, on découvre l’héritage que Massoud, le Lion du Panjsher, a laissé aux habitants de cette vallée, qui perpétuent cet esprit de résistance. Afghanistan, Sur les chemins du Panjsher est un voyage sensible en hommage au peuple Afghan et à son histoire. Une immersion douce dans un Afghanistan méconnu, à la fois rude et majestueux.

regarder le film : https://youtu.be/iG7dc0-nVPM?si=gwOr7WXJppnqOG92


Déclaration de Cambridge sur la coopération et la convergence démocratiques pour l’Afghanistan

Cambridge, Royaume-Uni | Cinquième cycle des rencontres de Cambridge sur l’Afghanistan
5 septembre 2026

Vous trouverez le texte de la déclaration traduit en français, ainsi que les textes anglais, dari et pashto ici
https://lalettrehebdo.com/declaration-de-cambridge-2026/

ainsi que quelques extraits des conférences
https://lalettrehebdo.com/wp-content/uploads/2026/09/CAS_V_Cambridge_compte_rendu.pdf.


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