Les fronts anti-talibans reprennent l’initiative

Partager

La Lettre d’Afghanistan

DEUX FRONTS, UNE MÊME LUTTE

Le NRF et l’AFF, l’ossature de la résistance armée

Il y eut d’abord le National Resistance Front. Dès le retour des taliban à Kaboul en 2021, alors que le pays basculait et que beaucoup baissaient les bras, Ahmad Massoud reprenait le flambeau dans le Panjshir et l’Andarab, et fondait le premier mouvement à porter la lutte armée contre le nouveau pouvoir. Le NRF n’a cessé depuis de se structurer et de se renforcer.

L’année suivante, en 2022, le général Yasin Zia, ancien chef d’état major de l’armée nationale afghane, créait à son tour l’Afghanistan Freedom Front. Loin de se concurrencer, les deux mouvements travaillent en parfaite intelligence et se répartissent la lutte contre les taliban, chacun sur ses zones et selon ses méthodes, mais avec un même but. Cette complémentarité, plus qu’une addition de communiqués, est ce qui donne aujourd’hui à la résistance armée sa consistance et son ossature.

Daoud Naji, pour l’AFF, résume l’esprit qui anime cette lutte.

Le Front de la liberté, en plus de mener de manière indépendante la lutte et de faire avancer la guerre nationale, croit profondément en un Afghanistan uni et intégré dans lequel la justice sociale est l’épine dorsale de l’ordre politique. L’étendue de nos opérations démontre clairement qu’il ne s’agit pas simplement d’un slogan. La frontière entre les taliban et les non taliban nous est claire dans toutes les dimensions.

Daoud Naji, Afghanistan Freedom Front

✦ ✦ ✦

BAZGASHT NEWS

Perspectives de changement de pouvoir et d’effondrement progressif du régime taliban

 

Au cours des deux dernières semaines, le Front de la Liberté d’Afghanistan a publié des communiqués successifs, des bandes vidéo documentaires des attaques de ses militaires contre les centres du groupe taliban, affirmant que les militaires de ce front ont lancé une nouvelle vague d’attaques planifiées contre les positions des taliban dans plusieurs provinces importantes d’Afghanistan. Selon les communiqués publiés par ce front, ses militaires ont mené depuis la semaine dernière une série d’opérations ciblées, d’explosions et d’attaques de guérilla dans les provinces de Badakhchan, Nangarhar, Laghman, Takhar et Kunduz contre les positions talibanes, infligeant de lourdes pertes à ce groupe. Les experts en sécurité considèrent l’intensification simultanée des opérations ciblées du Front de la Liberté dans différentes provinces comme un signe de changement dans le modèle opérationnel, une dispersion géographique et une préparation complète de ce mouvement militaire contre les taliban. Ces attaques, selon les experts, coïncident avec une pression sans précédent des taliban sur les citoyens et les femmes.

Les experts militaires déclarent : « L’intensification de ces attaques, concomitante à la colère sans précédent des citoyens contre les comportements répressifs, les arrestations de femmes et de filles et l’usurpation des terres des populations, pourrait être un bon moteur pour l’effondrement du pouvoir taliban et la cohésion populaire contre ce groupe ». De leur côté, les citoyens affirment : « L’intensification des attaques militaires du Front de la Liberté contre les taliban a créé un nouvel espoir de libération du peuple de la captivité de ce groupe, et ils sont prêts de toutes leurs forces à se tenir aux côtés de ce front pour la liberté de l’Afghanistan et la fin de la tyrannie talibane ».

Par ailleurs, des sources de l’agence de presse Bazgasht ont confirmé auprès de la direction générale du renseignement taliban que la nouvelle vague d’attaques du Front de la Liberté a suscité une inquiétude sérieuse au sein de la direction de ce groupe. Selon ces sources, au sommet des tensions internes et de l’augmentation du mécontentement parmi les dirigeants, les divisions croissantes entre leurs commandants dans le nord ont fortement préoccupé la direction talibane.

Plusieurs provinces d’Afghanistan témoignent des attaques variées du Front de la Liberté. Selon les communiqués publiés par le Front de la Liberté, leurs forces ont attaqué dans la nuit du 7e jour de Saratan un centre du groupe taliban dans le district de Kasham, province de Badakhchan, ciblant les taliban pendant une demi heure avec des armes légères et lourdes. Dans la province de Takhar, leurs forces ont attaqué le commandement taliban dans le district de Chah Ab. À Nangarhar, plusieurs opérations ciblées ont été menées contre des postes militaires taliban. Des attaques similaires et simultanées ont également eu lieu dans les provinces de Kunduz et Kaboul. Selon ce front, à Laghman, leurs membres ont lancé des attaques à la roquette contre un poste taliban et ont combattu directement avec ce groupe pendant plus de 20 minutes.

Les rapports publiés sur les attaques militaires de ce front montrent que récemment, l’étendue de leurs activités opérationnelles s’est étendue du nord et nord est du pays à certaines provinces de l’est et du sud est. Les attaques récentes, qui ont suscité l’inquiétude des autorités talibanes, ont eu lieu dans certaines parties de Nuristan, Kunar, Laghman et Nangarhar. Selon les experts militaires, la conduite d’opérations coordonnées et cohérentes par les militaires de ce front montre que la structure opérationnelle et militaire du Front de la Liberté s’est étendue de manière ciblée et qu’ils ont commencé une guerre de guérilla contre les membres taliban sur plusieurs fronts. L’objectif probable de cette action est d’intensifier les inquiétudes des chefs taliban et de les désorienter sur les questions de sécurité. Un processus qui, selon les experts militaires, témoigne du renforcement des capacités militaires, de l’expansion de l’influence et de la préparation complète à la guerre contre les taliban.

D’autre part, les experts en sécurité affirment que la nouvelle vague d’attaques du Front de la Liberté marquera le début d’une nouvelle phase de résistance populaire contre les taliban, une phase qui, selon eux, découle de la colère du peuple afghan et pourrait changer l’équilibre du pouvoir et du gouvernement dans le pays. Les experts en sécurité déclarent : « Dans un contexte où les taliban ont plus que jamais piétiné la dignité sociale, l’honneur, la liberté et la vie des gens par des comportements arbitraires et ne bénéficient d’aucun soutien populaire à l’intérieur du pays, ils sont également plus isolés qu’auparavant au niveau régional et international. Un mouvement militaire puissant capable de permettre la résistance populaire contre ce groupe sera soutenu par la majorité du peuple afghan, qui se dressera contre les taliban ».

FRONT DE LIBERATION (AFF)

Le Front de libération de l’Afghanistan est l’un des courants militaires puissants opposés au groupe taliban depuis près de cinq ans, et il est en lutte constante avec eux depuis la prise de pouvoir de ce groupe.

Le général Yasin Zia, chef du Front de libération, a souligné à plusieurs reprises au cours de ces cinq années d’activité que le groupe taliban ne connaît pas la logique politique et qu’il n’y a pas d’autre moyen de sauver l’Afghanistan de leur emprise que par la « force et le renversement de ce groupe par la force ».

La Lettre d’Afghanistan

LES FRONTS ANTI TALIBAN REPRENNENT L’INITIATIVE

Analyse, 28 juin 2026

Depuis plusieurs semaines, les revendications d’attaques contre les taliban se multiplient. Le phénomène ne se limite plus au Front national de résistance, ni même au duo désormais mieux identifié qu’il forme avec l’Afghanistan Freedom Front.

D’autres structures occupent le terrain : l’Afghanistan Green Trend d’Amrullah Saleh, le Front national de mobilisation de Hamid Saifi, et plusieurs formations plus locales. L’opposition armée n’est pas encore une force unifiée capable de menacer le contrôle territorial du régime, mais elle devient plus diffuse, plus mobile et plus politique.

Une précaution s’impose d’emblée. Ces bilans sont des revendications, et dans l’Afghanistan taliban la vérification indépendante reste presque impossible : médias surveillés, témoins exposés, familles menacées, régime peu enclin à reconnaître ses pertes. Il serait imprudent de prendre chaque chiffre pour argent comptant. Mais tout aussi faux de n’y voir que de la propagande. Leur répétition, leur dispersion géographique et leurs recoupements partiels par des médias afghans indépendants dessinent une tendance réelle : non pas une insurrection unique et centralisée, mais une conflictualité de basse intensité, persistante et de plus en plus politisée.

HERAT, LE TOURNANT POLITIQUE

La mi juin l’illustre. Le NRF a revendiqué des opérations au Badakhshan, à Baghlan, à Herat et à Kaboul, dont une attaque à Injil présentée comme un soutien aux droits des femmes. L’AFF suit une trajectoire parallèle, avec une opération particulièrement significative : l’attaque revendiquée contre des agents de la Promotion de la vertu à Herat. Le choix de cible est décisif. Il ne s’agit plus seulement de frapper une structure de sécurité, mais l’un des instruments centraux de l’apartheid de genre taliban. La cible n’est plus le seul combattant en armes : c’est l’appareil idéologique du régime, celui qui transforme la rue en prison.

Herat donne à la séquence toute sa portée. Après l’arrestation de femmes accusées de ne pas respecter les règles vestimentaires, la ville a connu une rare vague de protestation, des hommes descendant dans la rue aux côtés des femmes. Le régime a répondu par les tirs, les coups et les arrestations. En reliant leurs opérations à cette révolte, les fronts armés cherchent désormais à souder leur combat militaire à la résistance sociale, et d’abord à celle des femmes afghanes. Cette jonction est dangereuse pour les taliban, dont le pouvoir repose sur la séparation des résistances : femmes isolées, anciens militaires traqués, journalistes réduits au silence. Toute passerelle entre ces mondes fragilise le récit d’un pays pacifié.

UNE NÉBULEUSE PLUTÔT QU’UN BLOC

Il ne faut pas confondre fragmentation et faiblesse. Les résistances afghanes se sont rarement construites en bloc unique : elles naissent par foyers, par vallées, par réseaux, avant de produire une pression cumulative. NRF, AFF, AGT et FNM ne forment pas une structure unifiée, mais expriment un même refus de reconnaître l’Émirat comme l’État légitime de l’Afghanistan. Quand l’AGT revendique en mai une frappe contre un centre de recrutement à Firozkoh, il montre que des réseaux liés à l’ancien État cherchent à redevenir opérationnels, et non plus seulement des voix d’exil.

Cette dispersion a ses failles : concurrence, surenchère, guerre de communiqués. Mais elle a un avantage. Une opposition centralisée se décapite, s’infiltre, s’encercle. Une opposition diffuse oblige le régime à surveiller plusieurs provinces et plusieurs réseaux, donc à étendre sa répression et à révéler davantage sa nature coercitive.

L’USURE POLITIQUE DU RÉGIME

Militairement, ces fronts ne sont pas en mesure de renverser l’Émirat. Leur mode d’action reste la guérilla : embuscades, tirs de roquettes, opérations urbaines ponctuelles, repli rapide. Mais la vraie question n’est pas celle du renversement immédiat, c’est celle de l’usure politique. Les taliban ont bâti leur diplomatie sur une promesse : eux seuls garantiraient la sécurité. La multiplication des attaques, les tensions avec le Pakistan, la persistance de l’État islamique au Khorasan et la répression intérieure démentent cet argument. L’Afghanistan n’est pas pacifié. Il est verrouillé.

Les fronts contestent ainsi le mensonge central du régime, l’idée que les taliban seraient devenus l’État afghan. Ils en tiennent l’administration, les armes, les prisons et les frontières. Mais contrôler un pays n’est pas le représenter, et gouverner par la peur n’est pas gouverner avec légitimité. Les attaques récentes ne renversent pas l’Émirat, elles rappellent que son pouvoir reste contesté et que la résistance, sous mille formes, continue de chercher son chemin. Dans un pays où les taliban veulent enterrer toute espérance, chaque brèche compte.

✦ ✦ ✦

ACTUALITÉ

28 juin 2026, Bazgasht News

Changement de la géographie de la guerre : le Front de la Liberté étend le champ de bataille contre les taliban aux provinces de l’est

 

Selon des sources fiables, les forces du Front de la Liberté d’Afghanistan sont équipées d’armes et de matériels avancés, y compris des armes antichars, dans plusieurs provinces du pays, et sont prêtes à mener des opérations à grande échelle.

Les sources ont confirmé dimanche 7 Saratan/Tir que le Front de la Liberté prépare ses forces pour des opérations étendues dans différentes provinces, en particulier dans les provinces de l’est telles que Nuristan, Kunar, Laghman et Nangarhar.

Selon ces sources, ce front libérateur, contrairement à son domaine d’activité traditionnel dans le nord et le nord-est, a également étendu sa capacité militaire à l’est du pays, posant de nouveaux défis aux taliban.

D’après les informations des sources, bien que les taliban ne le manifestent pas ouvertement, les rapports indiquent que ce groupe est de plus en plus déstabilisé et préoccupé par chaque attaque du Front de la Liberté.

Jusqu’à présent, les taliban n’ont pas officiellement commenté ce sujet, et il convient de noter que ces déclarations ont été faites en même temps que la diffusion d’une vidéo des forces du Front de la Liberté annonçant leur présence à Laghman.

Récemment, le Front de la Liberté a intensifié ses attaques militaires contre les positions du groupe taliban dans plusieurs provinces du pays et avait auparavant annoncé des attaques contre plusieurs bases de ce groupe dans les provinces de Nangarhar, Laghman, Nuristan et Kaboul.

L’inquiétude des taliban face à la formation de nouveaux fronts

 

Après l’intensification des attaques des fronts de libération, en particulier du Front de la Liberté, Noorullah Nuri, ministre des Frontières et des Tribus des taliban, a évoqué la formation de nouveaux fronts contre le groupe lors d’un déplacement dans la province de Sar-e Pol.

Dans une vidéo diffusée dimanche 7 Saratan/Tir, Nuri a relevé que certains annoncent la formation d’un front pour libérer l’Afghanistan placé sous la domination des taliban, et a lancé : de qui allez-vous libérer l’Afghanistan ? Ces propos coïncident avec une nouvelle vague d’attaques du Front de la Liberté et le déplacement de la géographie du conflit.

Les forces du Front de la Liberté ont récemment intensifié leurs attaques contre les positions des taliban dans plusieurs provinces, ce qui, selon les rapports, a suscité peur et inquiétude au sein du groupe.

Une réunion de sécurité imposée aux taliban à Laghman

 

Après le déploiement des forces du Front de la Liberté dans la province de Laghman, le commandement de la police des taliban dans cette province a annoncé la tenue d’une réunion de sécurité. La police taliban a indiqué dimanche 7 Saratan/Tir que cette rencontre s’est tenue en présence des commandants de districts, des responsables des zones de sécurité de la ville de Mehtarlam et des commandants des centres militaires et de sécurité du groupe.

Selon la police, la réunion a porté sur l’amélioration des affaires sécuritaires et administratives, le renforcement de la situation sécuritaire, l’accroissement de la coordination entre les forces et l’amélioration de l’efficacité des activités de la police du groupe.

Cela intervient alors que le Front de la Liberté avait précédemment annoncé la présence et le déploiement de ses forces dans la province de Laghman et, par la diffusion d’une vidéo, affirmé avoir attaqué les positions des forces taliban dans cette province. Selon les observateurs, ces attaques montrent que le front a réussi, en plus d’infliger des pertes au groupe, à semer inquiétude, peur et panique parmi les taliban.

Dernières nouvelles : le gouvernorat de Kasham visé par une explosion

 

Des sources locales ont déclaré à l’agence de presse Bazgasht que le bâtiment du gouvernorat du district de Kasham, dans la province de Badakhshan, a été le théâtre d’une puissante explosion survenue vers 22h15, dimanche 7 Saratan/Tir.

Jusqu’à présent, aucun bilan des victimes et des dégâts causés par cette explosion n’a été obtenu, et les autorités du groupe taliban ont refusé de commenter.

La Lettre d’Afghanistan

COMPTER LA RÉSISTANCE

Les attaques des fronts anti taliban depuis le 1er janvier 2026

Combien d’opérations les fronts armés opposés aux taliban ont ils menées depuis le début de l’année ? La réponse se lit toujours en fourchette, jamais sur un chiffre unique. Entre les revendications des groupes, le silence des taliban et le petit nombre d’attaques que les Nations unies parviennent à vérifier, le décompte oscille entre une activité déclarée abondante et un noyau confirmé bien plus mince.

Ce dossier rassemble deux niveaux de sources. D’une part les rapports trimestriels du Secrétaire général de l’ONU, qui distinguent les attaques revendiquées des attaques vérifiées et constituent l’ancrage chiffré le plus fiable. D’autre part le suivi opération par opération tenu dans le Bulletin Afghan depuis le mois de mars, alimenté par les communiqués des fronts eux mêmes, au premier rang desquels la Jabhe Azadi (Afghanistan Freedom Front) sur af-freedomfront.com. Conformément à la règle de la rubrique NRF, AFF et résistances, chaque bilan issu des seules revendications des fronts est présenté comme non vérifié par une source indépendante.

CE QUE DIT L’ONU

Pour le premier trimestre 2026, le chiffre de référence figure dans le rapport S/2026/431 du Secrétaire général, daté du 22 mai et présenté au Conseil de sécurité le 8 juin. Entre le 1er février et le 13 avril 2026, les groupes d’opposition armée, soit le NRF, l’AFF, le Front national de mobilisation et l’Afghanistan Green Trend, ont revendiqué 18 incidents, dont 16 ont été vérifiés par les Nations unies. Le même rapport recense 3 687 incidents sécuritaires sur l’ensemble du trimestre, en hausse de 57,7 pour cent sur un an, mais cette masse est très majoritairement constituée des hostilités transfrontalières avec le Pakistan, et non des opérations de la résistance.

Repère méthodologique

Revendiqué n’est pas vérifié. Pour une fois, l’écart est faible : sur le trimestre, 16 incidents vérifiés sur 18 revendiqués. Ce taux élevé tranche avec les périodes où les fronts annoncent beaucoup plus que ce que l’ONU parvient à confirmer. Il s’explique en partie par la faible activité de février et mars, l’AFF observant une trêve pendant le Ramadan avant de relancer ses opérations fin mars.

Un repère antérieur permet de mesurer le changement d’échelle d’une année sur l’autre. Pour la période de janvier à juillet 2025, le Conseil de sécurité avait fait état de 116 attaques revendiquées, dont 73 par le NRF et 43 par l’AFF. Le rythme de 2026 apparaît, sur les données vérifiées disponibles, nettement plus contenu au premier trimestre, avant la montée en puissance du printemps.

LE JOURNAL DES OPÉRATIONS, MARS À JUIN 2026

Le tableau ci dessous reprend les opérations attribuées à un front et datées, telles que documentées semaine après semaine dans le Bulletin Afghan. Il écarte les affrontements internes aux taliban, les frappes pakistanaises et les homicides non élucidés. Les bilans humains sont ceux revendiqués par les fronts, sauf les deux lignes de mai signalées comme documentées par l’ONU.

Date Lieu Front Type Bilan revendiqué Statut
marsKunduzNRFOpération sur véhicule de patrouille3 tuésRevendiqué
29 marsBaharak, BadakhshanAFFAttaque d’une unité frontalière, ouverture de l’offensive de printemps4 tués, 3 blessésRevendiqué
12 avrilKaboulAFFAttaque de checkpoint4 tués ou blessésRevendiqué
13 avrilTala wa Barfak, BaghlanAFFFrappe de roquettes sur un compound6 tués ou blessésRevendiqué
21 avrilPul-e-Alam, LogarAFFAttaque de checkpoint, première opération dans la province2 tués, 2 blessésRevendiqué
maiSurobi, KaboulAFFOpérationn.c.Revendiqué
mi maiKapisa et ParwanNRFOpérations contre des positions talibanplusieurs tuésRevendiqué
18 maiKandaharAFFTentative d’assassinat de Hibatullah Akhundzada3 gardes tués, 1 blesséDocumenté ONU
24 maiHeratNRFAttaque armée2 tués, 1 blesséDocumenté ONU
25 maiPanjshir, district DaraAGTExplosion en bord de route, véhicule10 tuésRevendiqué
29 maiBaharak, BadakhshanAFFTirs de roquettes sur un bataillonPertes non préciséesRevendiqué
4 juinInjil, HeratILMPAAffrontement armé2 membres tuésRevendiqué
5 juinKaboul, district 11n.a.Explosion, tentative contre le gouverneur adjointCible indemneNon revendiqué
22 juinPD 12, KaboulAFFAttaque contre un véhicule de la police des mœurs2 tués, 2 blessésSources multiples
23 juinDistrict de Waigal, NuristanAFFAccrochagePertes non préciséesRevendiqué
23 juinQolak, vallée de Nurlam Baba, Alingar, LaghmanAFFAccrochagePertes non préciséesRevendiqué, visuels
24 juinRoute Jalalabad-Kunar, Shiwai, NangarharAFFAttaque ciblée3 tués, 2 blessésRevendiqué, visuels
25 juinRoute Herat-Kandahar, HeratAFFAttaque ciblée2 tuésRevendiqué
25 juinPD 3, ville de KunduzAGTAttaque ciblée contre un chef du renseignement talibanCible indemneRevendiqué

À ces opérations ponctuelles s’ajoute, pour le Badakhshan, une campagne diffuse revendiquée par l’AFF. Dans une déclaration de la mi mai, le front affirme avoir déployé des combattants à travers la province pendant deux mois et repoussé au moins quatre attaques taliban dans le district de Jurm, vallée du Khostak. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les taliban n’ont pas réagi. L’offensive de printemps de l’AFF avait été lancée le soir de la rupture du jeûne, après une suspension totale des opérations pendant le Ramadan.

La dernière semaine de juin marque une accélération nette. Du 22 au 25 juin, l’AFF a revendiqué cinq opérations en quatre jours, accompagnées pour deux d’entre elles de preuves visuelles, l’une étant même confirmée par sources multiples : l’attaque du 22 juin contre un véhicule de la police des mœurs à Kaboul, deux taliban tués et deux blessés. Surtout, ces opérations dessinent une expansion géographique vers l’est du pays, au Nuristan, au Laghman et au Nangarhar, provinces jusque là absentes du suivi, signe que le front élargit son théâtre au delà de ses bastions du nord et de la capitale. Le même jour, le 25 juin, l’Afghan Green Trend a visé à Kunduz un chef de la détection du renseignement intérieur taliban, qui a survécu.

LES FRONTS EN PRÉSENCE

National Resistance Front (NRF)

Ahmad Massoud a créé le NRF dès le retour des taliban en 2021 et n’a cessé depuis de le renforcer. Le front concentre ses opérations sur le couloir nord, Andarab, Baghlan, Parwan, Takhar et Kapisa. Sur le printemps 2026, ses revendications restent plus espacées que celles de l’AFF, avec des opérations au Kunduz en mars, en Kapisa et Parwan à la mi mai, puis à Herat le 24 mai.

Afghanistan Freedom Front (AFF)

Fondé en mars 2022 par le général Yasin Zia, ancien chef d’état major de l’armée nationale afghane, l’AFF est l’acteur le plus prolifique en revendications. Après une trêve durant le Ramadan, il a relancé une offensive de printemps fin mars, d’abord au Badakhshan, puis a élargi ses zones d’action au Baghlan, au Logar et à Surobi, jusqu’à la tentative spectaculaire contre le chef suprême taliban à Kandahar le 18 mai.

Afghan Green Trend (AGT) et Front national de mobilisation (FNM)

L’AGT, mouvement armé de l’ancien vice président Amrullah Saleh, s’est manifesté plus visiblement au printemps, avec des revendications dans le Panjshir et à Ghor et la diffusion d’images filmées. Le Front national de mobilisation, dirigé par Hamid Saifi, ancien commandant de la 5e brigade du 203e corps Thunder, complète le tableau des forces suivies dans la rubrique résistances.

Autres fronts

Le Mouvement islamique de libération du peuple d’Afghanistan a revendiqué l’appartenance de deux hommes tués à Injil, près de Herat, début juin. Les Nations unies recensent de façon récurrente l’existence d’une vingtaine de groupes se réclamant de l’opposition armée, dont aucun ne contrôle de territoire significatif.

Avertissement

Les revendications de l’AFF et des autres fronts proviennent de canaux partisans. Elles sont systématiquement présentées ici comme non vérifiées par une source indépendante. Les seules données recoupées émanent des rapports de l’ONU, qui demeurent eux mêmes une estimation basse.

✦ ✦ ✦

Sources
Résistance anti taliban, fronts armés et évolution sécuritaire en Afghanistan
Nations unies, Secrétaire général, rapport sur l’Afghanistan A/80/745-S/2026/431, 22 mai 2026, présenté au Conseil de sécurité le 8 juin. 18 incidents revendiqués par les groupes d’opposition entre le 1er février et le 13 avril, 16 vérifiés. Télécharger le rapport officiel en anglais
Conseil de sécurité des Nations unies, décembre 2025. 116 attaques revendiquées de janvier à juillet 2025, 73 par le NRF et 43 par l’AFF.
8am.media, hausse de 57,7 pour cent des incidents de sécurité en Afghanistan. Lire l’article
La Lettre d’Afghanistan, Bulletin Afghan, rubrique NRF, AFF et résistances, éditions hebdomadaires de mars à juin 2026. Suivi opération par opération.
Afghanistan Freedom Front, site officiel et communiqués. Dates solaires hijri converties. Consulter le site de l’AFF
National Resistance Front, compte X officiel. Consulter le compte X du NRF
National Resistance Front, Monthly Newsletter (version anglaise). Publication mensuelle.
Afghanistan Green Trend, compte X. Consulter le compte X d’Afghanistan Green Trend
Front national de mobilisation, Hamid Saifi. Consulter le compte X de Hamid Saifi
The Afghan Digest (Association of Wartime Allies), bulletins hebdomadaires de sécurité, mai et juin 2026.
Conflict Tracker, relevé hebdomadaire des opérations, semaine du 22 au 25 juin 2026. Niveaux de confirmation distingués : revendiqué, revendiqué avec preuves visuelles, confirmé par sources multiples.
Afghanistan International, l’Afghan Green Trend revendique une attaque à Firozkoh, Ghor. Lire l’article
8am.media, revendication de l’AFF contre la police des mœurs taliban à Herat. Lire l’article
Note : les communiqués des fronts armés sont des sources primaires de revendication. Les bilans militaires doivent être lus avec prudence lorsqu’ils ne sont pas confirmés de manière indépendante.
Partager