
Conflict-Related Sexual Violence, Report of the Secretary-General Date de publication : 29 mai 2026
Cote officielle : S/2026/321, 21 avril 2026
PDF : https://news.un.org/en/sites/default/files/atoms/files/secretary-general-report-on-sexual-violence-in-conflict.pdf
Le 29 mai 2026, le Secrétaire général des Nations Unies a rendu public son dix-septième rapport annuel sur les violences sexuelles liées aux conflits, document S/2026/321, couvrant la période de janvier à décembre 2025. Le tableau qu’il dresse est d’une gravité exceptionnelle : près de 10 000 cas vérifiés dans le monde, soit plus du double du chiffre de l’année précédente, dans 21 pays touchés par des conflits armés. Viols, viols collectifs, esclavage sexuel, mariages forcés, enlèvements, ces crimes sont documentés comme tactiques de guerre délibérées, utilisées par des acteurs étatiques et non étatiques pour terroriser les populations, contrôler les territoires et punir les opposants.
L’Afghanistan occupe une place à part dans ce rapport. Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, les femmes et les filles afghanes vivent sous un régime d’effacement systématique de la vie publique, juridique et sociale. Le rapport du Secrétaire général confirme ce que les organisations de défense des droits humains documentent depuis quatre ans : les autorités de facto sont directement impliquées dans des actes de violence sexuelle, y compris au sein même des structures censées garantir l’ordre. Des viols, des viols collectifs, des mariages forcés et des mises à nu forcées ont été attribués à des responsables de facto, dont les forces de sécurité talibanes. Des femmes ayant osé contester ou manifester contre les politiques de genre des talibans ont été soumises à une détention arbitraire, à la torture et à des violences sexuelles en détention.
En octobre 2025, le Conseil des droits de l’homme a créé un Mécanisme d’enquête indépendant pour l’Afghanistan, chargé de collecter les preuves des crimes internationaux commis sur le territoire afghan, signal fort que la communauté internationale reconnaît désormais l’ampleur et la gravité des violations.
Une précaution méthodologique s’impose cependant à la lecture de ce document. Les 21 cas vérifiés par la MANUA en 2025, soit 15 femmes et 6 filles, ne constituent pas un bilan : ils représentent la seule fraction de la réalité que les conditions afghanes permettent encore de documenter. Le rapport lui-même le reconnaît, rappelant que la peur des représailles, la stigmatisation, l’effondrement des services de signalement, la fermeture de plus de 400 établissements de santé et l’interdiction faite aux femmes afghanes de travailler pour l’ONU et les ONG réduisent mécaniquement la capacité de vérification. Le chiffre réel est, selon toute vraisemblance, d’un ordre de grandeur supérieur.
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Paragraphe 16. La MANUA a vérifié en 2025 des incidents de violence sexuelle, notamment viols, viols collectifs, mariages forcés et nudité forcée, perpétrés contre 15 femmes et 6 filles, attribués à des responsables de facto, dont les forces de sécurité de facto. Malgré l’interdiction des mariages forcés décrétée en 2021, les autorités de facto ont été impliquées à la fois dans la perpétration et le maintien de tels mariages. Le Rapporteur spécial sur les droits humains en Afghanistan a signalé que les femmes qui contestent ou manifestent contre les politiques de genre des talibans ont été soumises à une détention arbitraire, à la torture et à des mauvais traitements, y compris des violences sexuelles.
Paragraphe 17. Les prestataires de première ligne ont continué à assurer la gestion des cas et l’assistance juridique, mais la disponibilité globale des services a été fortement réduite par les manques de financement, auxquels s’ajoutent les restrictions imposées aux déplacements des travailleuses humanitaires et au type de travail qu’elles peuvent effectuer. En juillet 2025, plus de 400 établissements de santé avaient fermé, ainsi que des centaines de points de service de lutte contre les violences sexistes soutenus par l’ONU. Les autorités de facto ont également empêché les femmes afghanes, y compris le personnel des Nations Unies, d’accéder aux locaux de l’Organisation.
Paragraphe 18. Quatre ans après le démantèlement des lois et tribunaux spécialisés sur les droits des femmes, le cadre applicable pour l’accès des femmes à la justice et les plaintes pour violence sexiste restait flou, ces plaintes étant largement traitées par des responsables masculins. En octobre 2025, le Conseil des droits de l’homme a créé un Mécanisme d’enquête indépendant pour l’Afghanistan, chargé de collecter et d’analyser les preuves des crimes internationaux et des violations les plus graves du droit international, y compris ceux commis contre les femmes et les filles.
Paragraphe 19 (recommandation). Le Secrétaire général appelle les autorités de facto à cesser immédiatement tous les actes de violence sexuelle, à abroger toutes les lois, politiques et pratiques qui restreignent les droits humains et les libertés fondamentales des femmes et des filles, et à lever l’interdiction faite aux femmes afghanes de travailler pour l’ONU et les ONG.