Afghanistan — La Fracture du MondeÉdito de La Lettre d’AfghanistanDepuis août 2021, les talibans ont pris le pouvoir, fermé les écoles aux filles, légalisé l’esclavage, transformé leur pays en sanctuaire pour une dizaine de groupes terroristes, déclenché une guerre ouverte avec le Pakistan, et vendu les ressources naturelles afghanes à des acheteurs étrangers sans rendre de comptes à personne. Pendant ce temps, les capitales occidentales ont tourné la page, invoqué « d’autres urgences », normalisé l’anormal, et appris à prononcer le mot « talibans » sans plus ressentir le moindre malaise. La Lettre d’Afghanistan a refusé ce silence depuis le premier jour. C’est pour honorer ce refus que nous publions aujourd’hui Afghanistan — La Fracture du Monde. Soixante textes écrits entre 2025 et 2026 par des chercheurs, des journalistes, des militants, des soldats, des juristes et des témoins directs — des hommes et des femmes qui ont regardé l’Afghanistan en face quand le reste du monde regardait ailleurs. Nous les avons rassemblés, organisés et contextualisés en huit parties qui forment ensemble la carte la plus complète et la plus honnête de ce qu’est réellement l’Afghanistan aujourd’hui. Ce que vous y trouverez ne vous laissera pas indifférent. Un régime qui gouverne par la destruction. Des enfants formés au djihad dans 22 972 madrassas. Un gynocide légalisé article par article dans un code pénal rédigé en secret. Un sanctuaire terroriste dont les tentacules atteignent l’Asie centrale, l’Europe et l’Amérique. Une guerre ouverte entre le Pakistan et les talibans — dont le Pakistan lui-même a été l’architecte. Et, malgré tout cela, une résistance : celle des femmes afghanes qui refusent de disparaître, des fronts militaires qui tiennent, d’une diaspora qui s’est transformée en force stratégique. Nous ne publions pas ce document pour désespérer. Nous le publions parce que nommer les choses pour ce qu’elles sont — un apartheid de genre, un sanctuaire terroriste, un pillage organisé, une résistance légitime — est déjà un acte politique. Parce que l’oubli n’est pas une option. Parce que l’Afghanistan nous regarde, et que la manière dont nous répondons à ce regard dit quelque chose d’essentiel sur ce que nous sommes. Ce document est disponible en téléchargement libre. Diffusez-le. Citez-le. Débattez-le. C’est à cela que servent les mots quand les armes ne suffisent pas. La rédaction de La Lettre d’Afghanistan et pour bien mesurer l’impact des politiques répressives des talibans , vous pouvez suivre chaque semaine le bulletin afghanSofia Sarvari, artiste martiale afghane, a remporté le championnat de la Ligue mondiale de Jujitsu à Francfort. Elle a décroché la médaille d’or en catégorie « Noo » avec quatre victoires consécutives, puis s’est imposée dans la section Absolvet face à des athlètes américaines, égyptiennes et allemandes, remportant la ceinture du championnat. Le grappling, discipline des arts martiaux axée sur les techniques de saisie et de contrôle — sans coups de pied — est en plein essor international et figure dans les compétitions de Jujitsu et de MMA. Ce succès a suscité des réactions positives sur les réseaux sociaux. Il contraste avec la situation en Afghanistan, où les talibans ont interdit aux femmes et aux filles toute activité sportive depuis leur retour au pouvoir. Quand l’éternité des cimes et la violence des hommes composent un roman magnifique De Louis Meunier – Calmann-Levy Alexandre est lieutenant chasseur alpin. Alors qu’il se prépare à rejoindre l’Afghanistan au sein de la force internationale mobilisée pour combattre les talibans – nous sommes au début des années 2000 – ses parents, présents là-bas 20 ans plus tôt pour Médecins Sans Frontières, ne veulent pas le laisser partir sans lui révéler le secret de sa naissance. Car dans ce pays d’échanges millénaires, au sein des massifs de l’Hindou Kouch, va se dessiner, pour ce savoyard aguerri et amoureux de la montagne, la rencontre avec un peuple qui oscille et vacille entre l’accueil et la vengeance, entre le présent et les traditions. Récit d’aventure, d’expéditions périlleuses, de rencontres entre hommes et cultures, d’exaltation d’un monde écorché et inaltérable, d’angoisses et d’espoir, Le roman d’Alexandre est celui d’une quête universelle dans laquelle vont se perdre le bien et le mal, la vérité et le mensonge, l’amour et la vengeance.
La lecture du Roman d’Alexandre frappe d’abord par la beauté du texte. Il alterne les temps d’action avec ceux de la contemplation, ceux de la poésie et de la philosophie, ceux de la vérité des uns et de la vérité des autres. Combattant les talibans, à la découverte de ses racines, Alexandre comme ces narrateurs qui ponctuent l’aventure – vivent et racontent, français, afghans, sans que s’imposent au lecteur des jugements manichéens sur la frontière entre la tradition et la modernité, sur la légitimité des valeurs qui fondent un peuple. Ils racontent la beauté et la sagesse enfouie dans les sommets et les vallées de l’Hindou Kouch et du Nouristan, la folie des haines ancestrales et de la guerre de civilisations dont ils sont les acteurs ; ils racontent les destins des femmes, comment la haine engendre l’amour, comment l’humilité s’impose devant l’intemporalité des drames et des joies humaines. Ce roman est aussi plein de mystères – un suspens bien mené dans les pas d’Alexandre, autour duquel gravitent des compagnons d’arme, d’infortune, des figures d’attachement et d’affrontement dont Louis Meunier a particulièrement bien ciselé les personnalités. Histoires parallèles, chapitres et narration en courtes séquences, des voix énigmatiques comme autant de voix « off » qui émaillent le récit, rendent ce roman aussi facile à lire que hypnotique.
Hanna Newman, membre du Parlement européen, a vivement critiqué les rapports concernant un possible voyage des talibans à Bruxelles dans les semaines à venir, déclarant qu’il n’existe aucune forme de légitimité ni d’accord pour les talibans. Elle a ironisé : « Les responsables de l’Union européenne à Bruxelles déroulent le tapis rouge pour les talibans. » Mme Newman a ajouté que la reconnaissance des talibans en échange de l’expulsion des réfugiés serait une recette pour la catastrophe. Auparavant, des sources diplomatiques ont déclaré à l’Agence France-Presse que l’Union européenne inviterait une délégation talibane à se rendre à Bruxelles dans les semaines à venir afin de discuter avec eux de l’expulsion des réfugiés afghans. Ces sources ont précisé qu’aucune invitation officielle n’avait encore été envoyée aux talibans.
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