COMMUNIQUE DE PRESSE

de Madame Nigara MIRDAD
Afghanistan Women’s Diplomatic Network

L’Union européenne, et en particulier la Belgique, devrait sérieusement prendre en considération les conséquences juridiques, sécuritaires et humanitaires de l’expulsion de migrants afghans vers l’Afghanistan sous la gouvernance des talibans. Contraindre des personnes à retourner dans un pays où elles risquent la torture, la persécution politique, des représailles ou de graves violations des droits humains va à l’encontre du droit international et des valeurs que l’Europe prétend défendre.

Aux termes de la Convention de Genève de 1951 et du principe de non-refoulement, aucun État ne devrait renvoyer une personne vers un lieu où sa vie, sa liberté ou sa dignité humaine est en danger. L’Afghanistan sous les talibans est largement reconnu par les organisations internationales comme un pays marqué par de graves violations des droits humains, des restrictions sévères aux libertés fondamentales, l’oppression des femmes, des arrestations arbitraires et des menaces systématiques contre les opposants.

L’expérience internationale a démontré que les politiques fondées sur le rejet, l’humiliation et le retour forcé vers des zones de conflit ou des environnements répressifs peuvent engendrer des traumatismes psychologiques profonds, un sentiment d’injustice, et accroître le risque que des individus vulnérables soient recrutés par des groupes extrémistes. Des personnes qui se perçoivent comme victimes de décisions injustes peuvent, à terme, développer des sentiments de revanche ou une colère nourrie par l’injustice, et constituer une menace sécuritaire pour les pays européens. La lutte contre le terrorisme ne peut reposer sur la seule expulsion et la coercition ; elle s’avère bien plus efficace lorsqu’elle s’appuie sur la justice, le respect des droits humains, l’intégration sociale et la reconnaissance de la dignité de chacun.

Si l’Europe agit à l’encontre de ces principes, elle n’affaiblira pas seulement sa crédibilité morale et sa réputation en matière de droits humains, mais pourrait également contribuer à de futures crises sécuritaires. Toute personne qui, après une expulsion, devient victime de violences, d’humiliation ou de représailles, risque de développer un sentiment profond d’injustice et de haine envers les pays européens. De telles politiques peuvent amplifier les risques d’extrémisme, de vengeance et d’instabilité, et menacer à long terme la sécurité de l’Europe elle-même.



Nigara Mirdad est la fondatrice de l’Afghanistan Women’s Diplomatic Network (que l’on trouve aussi désigné sous le nom d’Afghanistan Female Diplomat Network). Il s’agit d’une coalition de femmes diplomates afghanes œuvrant pour que l’expertise et le savoir-faire du corps diplomatique féminin afghan éclairent les décisions politiques internationales.


The European Union, especially Belgium, should seriously consider the legal, security, and humanitarian consequences of deporting Afghanistan migrants back to Afghanistan under Taliban rule. Forcing people to return to a country where they may face torture, political persecution, revenge, or serious human rights violations goes against international law and the values that Europe claims to defend.

According to the 1951 Geneva Convention and the principle of Non-Refoulement, no country should send a person back to a place where their life, freedom, or human dignity is at risk. Afghanistan under Taliban rule has been widely recognized by international organizations as a country with serious human rights violations, severe restrictions on freedoms, oppression of women, arbitrary arrests, and threats against opponents.

Global experience has shown that policies based on rejection, humiliation, and forced return to war zones or repressive environments can create psychological trauma, feelings of injustice, and increase the risk of some vulnerable individuals being recruited by extremist groups. People who see themselves as victims of unfair decisions may, in the future, develop feelings of revenge or anger caused by injustice and become security threats against European countries. Fighting terrorism cannot be achieved only through deportation and pressure; it is more effective through justice, human rights, social integration, and respect for human dignity.

If Europe acts against these principles, it will not only weaken its human rights and moral credibility, but may also contribute to future security crises. Any person who becomes a victim of violence, humiliation, or revenge after deportation may develop deep feelings of injustice and hatred toward European countries. Such policies can increase the risks of extremism, revenge, and instability, and in the long term may also threaten Europe’s own security.

Nigara Mirdad is the founder of the Afghanistan Women’s Diplomatic Network (also referred to as the Afghanistan Female Diplomat Network). It is a coalition of Afghan women diplomats working to ensure that the expertise and know-how of Afghanistan’s female diplomatic corps informs international policymaking.