Les assassinats ciblés de chefs de tribu

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Bazgasht News

Un plan secret des services de renseignement talibans pour briser le pouvoir populaire

Rapport exclusif BAZGASHT NEWS

Les conclusions de l’équipe de recherche de l’agence de presse Bazgasht News révèlent qu’une série de meurtres mystérieux de chefs de tribus et de personnalités influentes locales dans les provinces de Ghazni, Kandahar, Nangarhar, Sar-e Pol, Jozjan et Herat se sont déroulés de manière clandestine. Les responsables de la sécurité talibans, sans rendre de comptes ni arrêter les auteurs des meurtres, attribuent ces événements à des hommes armés inconnus. Par ailleurs, des sources fiables au sein du service de renseignement général taliban ont déclaré à plusieurs reprises : « Le service de renseignement taliban à Kaboul, après avoir recueilli des informations sur certaines personnalités locales, a transmis les noms de plusieurs personnes à la direction des services de renseignement des provinces, qui figurent sur la liste des cibles ». Selon les informations fournies, le service de renseignement taliban a décidé de : « Éliminer de manière silencieuse et mystérieuse, sous le prétexte d’hommes armés inconnus, les personnalités influentes locales qui pourraient mobiliser et diriger les populations locales contre les comportements discriminatoires, l’injustice, l’oppression et la corruption dans les villages et les districts/circonscriptions ». Selon ces sources, l’objectif de ce plan est de tuer les leaders d’opinion et ceux qui ont la capacité de créer un consensus parmi la population, et qui sont considérés comme une menace sérieuse pour les talibans.

D’autre part, les conclusions de ce rapport montrent que les victimes de ces assassinats ciblés, perpétrés par les services de renseignement talibans, étaient principalement des citoyens ordinaires, des chefs de tribus, des médiateurs locaux et des personnalités qui ont joué un rôle important dans la résolution des conflits, la cohésion sociale et la direction des populations locales. Les familles des victimes affirment que leurs assassinats ne sont pas aléatoires, mais font partie d’un processus ciblé visant à éliminer les personnalités influentes locales, qui est mis en œuvre par les talibans sous le nom de « hommes armés inconnus ».

D’autre part, des experts en sécurité affirment que les assassinats ciblés et silencieux de chefs de tribus, dans le silence total des responsables de la sécurité talibans, sont non seulement préoccupants, mais suscitent également des inquiétudes quant à la sécurité des personnalités influentes et des chefs de tribus.

L’assassinat de Wakil Ahmad Shah, un chef de tribu d’Hérat

Des sources locales dans la province d’Hérat ont déclaré que des hommes armés à moto ont abattu, le 26 juillet, un chef de tribu de cette province, nommé Arbab Wakil Ahmad, dans le quartier d’Abul Waleed, à Hérat. Selon les sources, il était depuis des années le chef de quartier de Baba Haji, dans la partie ouest de la ville d’Hérat, et une figure influente du mouvement djihad dans cette province, et il avait des liens familiaux avec Amir Ismail Khan. Par ailleurs, des proches de ce chef de tribu assassiné ont déclaré que les responsables de la sécurité du groupe taliban, sans aucune enquête pour identifier les auteurs de cet assassinat, leur ont dit que « des hommes armés inconnus tentent d’assassiner des personnalités tribales et que les gens doivent être vigilants ».

L’assassinat de Qadir Ali Rafat : la fin mystérieuse d’un chef de tribu à Ghazni

Dans le cas le plus récent, des sources locales à Ghazni ont déclaré que Qadir Ali Rafat, un chef de tribu du district de Qara Bagh, a disparu le matin du jeudi 24 juillet, après être sorti de chez lui pour se rendre au marché d' »Aliabad Tamki ». Selon les proches de ce chef de tribu, après une journée de recherches, son corps a été retrouvé, portant des traces de torture. Les agresseurs l’avaient frappé à la tête et au visage avec des pierres, puis l’avaient tué en lui tirant dessus. Sa famille affirme que cet assassinat est ciblé et qu’il n’avait aucune inimitié avec personne.

L’assassinat ciblé d’un chef de tribu de Kandahar chez lui

Par ailleurs, des hommes armés affiliés au service de renseignement du groupe taliban sont entrés au milieu de la nuit, le 29 mai, dans le lieu de résidence d’Ahmad Shah Khan Adouzi, un chef de la tribu Achakzai et un parent du général Abdul Raziq, dans le district de Danda, à Kandahar, et l’ont tué en lui tirant plusieurs coups de feu. Selon les proches de ce chef de tribu, cet événement ne peut être l’œuvre de personne d’autre que les talibans, car aucun autre groupe armé, à l’exception des membres des talibans, ne peut se déplacer armé dans le centre de Kandahar.

La poursuite des assassinats ciblés de chefs de tribus à Nangarhar et Sar-e Pol

Par ailleurs, les conclusions de ce rapport montrent également que, dans le cadre du programme ciblé d’assassinat de chefs de tribus dans le pays, Haji Allah Nazar, un chef de tribu de la province de Nangarhar, a également été attaqué devant sa maison le 15 mai et a succombé à ses blessures. Selon la famille de ce chef de tribu, les agresseurs, qui portaient des vêtements ressemblant à ceux des membres des talibans, ont quitté les lieux après avoir tiré. Par ailleurs, dans la province de Sar-e Pol, Mirwais Khan, un chef de tribu du district de Suza Me Qala, a été abattu par des hommes armés dans le quartier de « Gulkab Kalan », seulement trois mois après sa libération de la prison du groupe taliban. Sa famille affirme que sa libération de prison n’a pas assuré sa sécurité et que leurs inquiétudes concernant les menaces du groupe taliban n’ont jamais cessé, et c’est ainsi qu’il a été assassiné.

L’assassinat mystérieux d’une figure influente turkmène à Jozjan.

…Dans la continuité des assassinats ciblés et discrets de personnalités importantes de différentes communautés, Ghibullah, un chef de la communauté turkmène dans la province de Jowzjan, a été attaqué et tué chez lui le 26 mars. Les talibans ont attribué cet événement à des individus armés non identifiés, sans aucune enquête ni arrestation des auteurs de cet assassinat. Des experts en sécurité affirment que les talibans, qui prétendent exercer un pouvoir absolu sur certaines parties de l’Afghanistan et qui rejettent constamment la présence de toute forme d’individus armés, comment peuvent-ils attribuer l’assassinat de chefs de communautés à des individus armés non identifiés ?

Conséquences sociales et politiques des assassinats ciblés de personnalités importantes de différentes communautés.

Plusieurs chefs de communautés de Balkh et de Kaboul ont déclaré que la poursuite de ces assassinats détruit davantage les fondements de la confiance sociale et creuse les divisions sociales entre la population et les talibans. Selon eux, l’élimination de personnalités locales par les services de renseignement des talibans signifie la destruction des piliers de la résistance sociale, ce qui conduira à un renforcement de la politique d’unipartisme et de totalitarisme. Ils estiment que, dans un contexte où l’avenir de l’Afghanistan dépend de la capacité de la société à reconstruire la volonté collective, la poursuite de cette politique bloque toute forme de pouvoir populaire et place le pays sur la voie de l’impasse politique et de l’effondrement social.

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