Parlement Européen : Réunion des opposants démocratiques aux talibans
Un programme intitulé « Réunion des opposants démocratiques aux talibans » s’est tenu au Parlement européen et au Sénat belge, auquel ont participé un certain nombre de personnalités politiques, de représentants de la société civile et de fronts militaires opposés à ce groupe.
Negareh Mirdad, l’une des organisateurs de cette réunion, a déclaré dans une interview accordée au journal 8 Sobah le lundi 15 février que le programme se déroulerait sur deux jours.
Elle a ajouté que plusieurs tables rondes avaient eu lieu lors de la réunion d’aujourd’hui et que demain, « le rôle des femmes dans l’opposition démocratique et l’apartheid sexuel » serait abordé.
Selon les organisateurs, la composition des participants a été choisie en fonction des tendances et des processus des quatre dernières années, notamment les processus « Vienne, Antalya et les femmes dans la lutte militaire ».
Cette réunion se tient au moment où le chef des talibans, Haibatullah Akhundzada, a appelé les pays, dans son message de l’Aïd, à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures du groupe.
Elle marque le premier engagement formel du Parlement européen avec les opposants talibans sur la crise en Afghanistan.
Plus tôt, des sources ont déclaré à Afghanistan International que les réunions internationales s’étaient principalement concentrées sur l’aide humanitaire, les droits des femmes et les questions relatives aux réfugiés, mais cette fois, les discussions se sont déplacées vers l’opposition politique et la résistance armée contre les talibans.
Ces dernières années, l’Union européenne a constamment insisté sur l’engagement avec les talibans et a évité d’établir des contacts formels et publics avec les fronts de l’opposition.
La Belgique a déjà accueilli des réunions liées à l’Afghanistan.
L’Afghanistan à la croisée des chemins du destin : dialogue pour l’espoir et l’action » à Paris.
Paris accueille dans l’une des salles de l’Hôtel de Ville une conférence intitulée « L’Afghanistan à la croisée des chemins du destin : dialogue pour l’espoir et l’action ».
Ce programme a été organisé à l’initiative de la maire de Paris, Anne Hidalgo, et son objectif est d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation en Afghanistan et d’examiner des solutions internationales pour surmonter le régime taliban et progresser vers l’instauration d’un système démocratique dans le pays.
Le dirigeant du Front de résistance nationale afghan (NRFA) a participé à la réunion avec sa délégation. Celle-ci comprenait Ali Meysam Nazari, responsable des relations extérieures, et Zahra Kazemi, présidente du Conseil des femmes du NRFA. La présence de la délégation visait à exposer la situation actuelle en Afghanistan, à solliciter le soutien de la communauté internationale pour la lutte du peuple afghan et à souligner la nécessité de créer un système fondé sur la volonté populaire.
Conformément au programme annoncé, M. Ahmad Massoud prononcera un discours lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence. Les participants débattront ensuite au sein de deux tables rondes spécialisées et échangeront leurs points de vue sur des questions importantes telles que la crise politique en Afghanistan, la situation des droits des femmes et le rôle de la résistance dans l’avenir du pays.
Cette réunion devrait offrir une occasion de dialogue entre les responsables politiques afghans, les militants de la société civile et les soutiens internationaux de l’Afghanistan afin d’échanger des points de vue sur les moyens de soutenir le peuple afghan, de renforcer les valeurs démocratiques et de faire face aux crises que traverse le pays.
Visionnez dans cette vidéo un extrait du discours d’Ahmad Massoud, chef du Front de résistance nationale afghan, lors de la conférence « L’Afghanistan à la croisée des chemins du destin : dialogue pour l’espoir et l’action » à Paris.
Ce qui s’est passé cette semaine :
Escalade Militaire Frontalière
De violents affrontements à l’arme lourde ont éclaté tout au long de la semaine entre les forces talibanes et pakistanaises, entraînant la mort de dizaines de personnes et le déplacement de 68 000 enfants. Le Pakistan a mené des frappes aériennes détruisant un dépôt de carburant à Kandahar, tandis que les talibans ont riposté par des attaques de drones sur des sites militaires pakistanais. Cette intensification des hostilités s’inscrit dans un contexte d’escalade continue depuis février, aggravant drastiquement l’instabilité sécuritaire dans la région.[perplexity]
Droits Humains et Société
La répression interne s’est poursuivie avec l’arrestation de la militante féministe Zuhal Fazel à Kaboul lors de la journée internationale des droits des femmes. Parallèlement, la justice talibane a multiplié les châtiments corporels publics, flagellant des dizaines d’hommes et de femmes à travers plusieurs provinces du pays. Sur le plan des infrastructures, les habitants d’Hérat subissent des coupures d’électricité prolongées suite à l’endommagement des lignes d’importation depuis le Turkménistan.
Diplomatie et Aide Humanitaire
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, les diplomates ont alerté sur l’isolement croissant du pays et la détérioration continue de son économie. Sur le plan bilatéral, les États-Unis ont désigné l’Afghanistan comme État soutenant les détentions arbitraires, ouvrant la voie à de possibles nouvelles sanctions restrictives. Face à la crise sanitaire provoquée par l’exclusion des femmes, l’ONU a exhorté les talibans à lever leurs interdictions, pendant que le Japon a débloqué une aide de 2 millions de dollars pour les réfugiés.
Politiques Migratoires Américaines
L’administration américaine a instauré des mesures restrictives majeures, exigeant désormais la détention et le réexamen des réfugiés résidant aux États-Unis depuis plus d’un an sans carte verte. Les décisions relatives aux procédures d’asile sont temporairement suspendues pour les Afghans, et la validité des nouveaux permis de travail a été considérablement réduite. De plus, les demandeurs de visas SIV font face à des refus définitifs sous la section 212(f), bloquant virtuellement toute nouvelle entrée sur le territoire américain.
Perspectives de la Semaine
À l’approche de l’Aïd el-Fitr, un cessez-le-feu temporaire est anticipé sur le front interne, bien que les célébrations non religieuses de Norouz risquent d’entraîner des vagues d’arrestations. Les frontières terrestres avec le Pakistan devraient rester fermées, exposant les exilés afghans à des risques accrus de déportation par les autorités d’Islamabad. Enfin, les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran ajoutent une pression sécuritaire et migratoire supplémentaire sur les réfugiés afghans présents dans la région.
Ce qui se prépare
- Le Pakistan a invité à Islamabad plusieurs groupes politiques afghans opposés aux talibans.
- Au moins deux responsables ont confirmé l’existence de discussions sur une possible visite.
Réunion envisagée après l’Aïd al-Fitr
- Une rencontre est attendue à Islamabad après l’Aïd al-Fitr.
- Elle devrait réunir des représentants de groupes anti-talibans influents ainsi que des responsables de l’ancien gouvernement afghan.
- La liste définitive des participants n’est pas encore arrêtée.
Objectif politique du Pakistan
- Islamabad chercherait à accroître son soutien politique aux opposants aux talibans.
- Le Pakistan voudrait promouvoir la formation d’un gouvernement inclusif en Afghanistan.
- Selon les sources citées, ce gouvernement devrait intégrer toutes les composantes ethniques, les communautés religieuses et les femmes.
Contexte stratégique
- Cette initiative s’inscrit dans une montée de la pression politique du Pakistan, en parallèle de sa pression militaire sur l’administration talibane.
- Le Pakistan considérerait désormais que sa stratégie passée de « profondeur stratégique » en Afghanistan a échoué.
- Il regretterait son soutien de long terme aux talibans.
Contexte sécuritaire et humain
- Le Pakistan accuse les talibans d’héberger des groupes terroristes comme le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP).
- Les talibans rejettent cette accusation.
- Toutefois, des rapports des Nations unies confirment la présence du TTP en Afghanistan.
- En parallèle, de nombreux Afghans subissent une forte répression des droits humains, ainsi que la pauvreté et le chômage.












