
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin 2026, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a publié un état des lieux de la situation climatique dans le pays. Sécheresse, crues, déforestation, pollution : plus de la moitié de la population est touchée par le manque d’eau.
La sécheresse et le manque d’eau restent les menaces les plus répandues. Selon la MANUA, plus de la moitié des Afghans en subissent les effets. Les longues périodes sans pluie frappent d’abord l’agriculture, principale source de revenus dans les campagnes.
Dans l’est, au Nangarhar, les agriculteurs perdent leurs récoltes année après année. La baisse des ressources en eau crée une concurrence de plus en plus forte pour l’accès à la terre et à l’eau. Un paysan du district de Goshta raconte que sa rivière s’est asséchée l’an dernier au pire moment, puis qu’elle a débordé cette année et emporté la moitié de ses cultures.
« Notre rivière est devenue imprévisible. »
Un agriculteur du district de Goshta, Nangarhar
Dans le sud, la situation est la plus grave. Au Kandahar, dans le Helmand, le Nimroz, le Zabul et l’Uruzgan, la sécheresse répétée, la baisse des pluies et le pompage sans contrôle des nappes souterraines ont mis les réseaux d’eau au bord de la rupture. Les rivières s’assèchent et les systèmes d’irrigation traditionnels se sont effondrés. Beaucoup de villages creusent des puits de plus en plus profonds, souvent sans trouver d’eau.
Les conséquences sont directes : les récoltes baissent, l’eau potable se fait rare, des familles quittent leur village pour chercher de l’eau ailleurs, et les tensions autour des ressources augmentent. Des experts cités par la MANUA estiment que, sans action rapide, certaines zones de la région pourraient devenir inhabitables.
Dans l’ouest, le problème est double. Le Ghor et le Farah connaissent une sécheresse prolongée, tandis que d’autres provinces subissent de fortes pluies et des crues soudaines qui détruisent maisons, champs et routes. Les habitants doivent à la fois faire face au manque d’eau et reconstruire après les inondations.
Ailleurs, les inondations deviennent plus fréquentes et moins prévisibles, notamment dans le Logar, le Parwan et le Kapisa. Dans le sud, les vents violents et les tempêtes de poussière abîment les cultures et causent des problèmes respiratoires. Ces risques s’ajoutent les uns aux autres et poussent de plus en plus de familles à partir.
La dégradation des milieux aggrave la situation. La déforestation au Kunar, au Nouristan et dans le Logar a supprimé une protection naturelle contre les crues et les glissements de terrain. Au Badakhshan, le surpâturage appauvrit les montagnes et réduit la biodiversité. L’exploitation minière sans encadrement abîme les sols et pollue l’eau.
Les villes ne sont pas épargnées. À Kaboul, la pollution de l’air en hiver est une menace sérieuse pour la santé, à cause des combustibles de mauvaise qualité et de la mauvaise gestion des déchets. Au Panjshir, au Kapisa et dans le Maidan Wardak, l’augmentation du tourisme laisse de plus en plus de déchets dans les rivières et les vallées.
Face à cela, la MANUA met en avant deux types de réponses. Le premier est le canal de Qush Tepa, dont les taliban ont lancé la construction le 30 mars 2022, qui doit détourner l’eau de l’Amou-Daria vers les provinces du nord pour étendre les terres irriguées. La MANUA reconnaît que son effet à long terme dépendra d’une gestion durable de l’eau. Elle ne dit rien, en revanche, des inquiétudes des pays situés en aval, l’Ouzbékistan et le Turkménistan, qui dépendent du même fleuve.
Le second type de réponse vient des communautés elles-mêmes : plantation de végétaux résistants à la sécheresse pour fixer les dunes et protéger les berges, amélioration de l’irrigation, systèmes pour retenir l’eau. À Kaboul, dans le quartier de Hoodkhail, des responsables locaux travaillent avec la MANUA sur le drainage, l’eau potable et les déchets.
Le texte de la MANUA parle d’« autorités » sans jamais nommer les taliban. Il ne dit rien non plus du financement. Après la prise de pouvoir des taliban en août 2021, plus de 826 millions de dollars de projets d’adaptation au climat, financés notamment par le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l’environnement mondial et la Banque mondiale, ont été gelés. Le pays reste l’un des plus exposés au changement climatique, avec des moyens de plus en plus réduits pour y faire face.
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Sources
MANUA (UNAMA)
Afghanistan climate crisis deepens as communities scale up environmental action
5 juin 2026
Toda Peace Institute
Afghanistan’s Climate Crisis: A Call for Decentralised and Inclusive Finance
Mai 2025
Depuis mars 2022, les taliban creusent dans le nord de l’Afghanistan un canal de 285 kilomètres qui doit prélever une part importante de l’Amou-Daria, le plus grand fleuve d’Asie centrale. Pour le régime, c’est une vitrine de souveraineté. Pour l’Ouzbékistan et le Turkménistan, c’est une menace directe sur leur agriculture. Pour les habitants du nord afghan, c’est une promesse dont personne ne sait encore à qui elle profitera. La Lettre d’Afghanistan revient sur ce dossier, un an après ses premiers articles sur le sujet.
Un fleuve partagé, un pays resté hors des accords
L’Amou-Daria est le fleuve le plus abondant d’Asie centrale. Avec le Panj, qui forme son cours supérieur, il s’étend sur environ 2 400 kilomètres et transporte chaque année près de 75 kilomètres cubes d’eau. Il sert de frontière entre l’Afghanistan au sud et le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et, sur une courte section, le Turkménistan au nord.
Environ 30 % de l’eau du bassin provient du territoire afghan, soit 21 à 23 kilomètres cubes par an en moyenne sur les trente dernières années. Pourtant, l’Afghanistan n’en utilise qu’une très petite part. À l’époque soviétique, le protocole dit 566 limitait les prélèvements afghans à 2,1 kilomètres cubes par an, pendant que les républiques soviétiques en aval en utilisaient des dizaines.
Après la chute de l’URSS, les républiques d’Asie centrale ont conservé le système soviétique de répartition par l’accord d’Almaty de 1992. Les quotas sont restés les mêmes : 48,2 % pour l’Ouzbékistan, 35,8 % pour le Turkménistan, 15,4 % pour le Tadjikistan et 0,6 % pour le Kirghizistan. L’Afghanistan n’a jamais signé cet accord. Il n’est pas non plus partie à la convention des Nations unies de 1997 sur les cours d’eau internationaux, ni à la convention d’Helsinki de 1992. Le fleuve est donc partagé, mais aucune règle commune ne lie l’Afghanistan à ses voisins.
C’est ce vide juridique qui rend Qosh Tepa si sensible. Personne ne conteste sérieusement que l’Afghanistan ait droit à une part de l’eau. Le problème est qu’aucun cadre ne fixe cette part, ne permet de la mesurer, ni de régler un conflit s’il éclate.
Un vieux projet, repris par les taliban
Le canal n’est pas une idée des taliban. Les premiers plans datent des années 1970, sous la présidence de Mohammad Daoud. Le projet a été relancé en 2018 par le gouvernement de la République. En décembre 2018, Kaboul a signé un contrat avec l’entreprise américaine AECOM pour une étude de faisabilité, financée par l’agence américaine USAID. En août 2021, quand les taliban ont pris Kaboul, les documents techniques étaient en grande partie prêts et l’emplacement de la prise d’eau sur le fleuve était déjà choisi.
Les taliban ont hérité de ce dossier et en ont fait leur chantier phare. Le 30 mars 2022, le vice Premier ministre Abdul Ghani Baradar a lancé officiellement la construction. Le canal part du district de Kaldar, dans la province de Balkh, traverse le Djozdjan et doit rejoindre le district d’Andkhoy, dans le Faryab. Il mesure environ 100 mètres de large, jusqu’à 125 à 150 mètres à la prise d’eau, pour une profondeur de 8,5 mètres. L’objectif affiché est d’irriguer environ 550 000 hectares de terres aujourd’hui désertiques ou cultivées sans irrigation.
Le financement est entièrement afghan, faute d’accès aux bailleurs internationaux. Les estimations du coût total vont de 680 millions à 2 milliards de dollars. Plus de 500 kilomètres de canaux secondaires seront aussi nécessaires pour que le système fonctionne à pleine capacité.
La première phase a été achevée en octobre 2023. Début 2026, plus de 200 kilomètres avaient été creusés. Les autorités de Kaboul visent un achèvement complet en 2028. Une étude par images satellites de l’université du Dakota du Sud estime toutefois que le creusement pourrait se terminer dès 2026. La décision d’ouvrir les vannes appartiendra alors à la direction des taliban.
Repères
Qosh Tepa en chiffres
Longueur prévue : 285 kilomètres, de Kaldar (Balkh) à Andkhoy (Faryab).
Dimensions : environ 100 mètres de large, 8,5 mètres de profondeur.
Surface à irriguer : environ 550 000 hectares.
Prélèvement prévu : de 6 à 10 kilomètres cubes par an selon Kaboul.
Part du débit du fleuve : de 8 à 20 % selon les experts.
Coût estimé : de 680 millions à 2 milliards de dollars.
Calendrier : lancement le 30 mars 2022, première phase achevée en octobre 2023, achèvement annoncé pour 2028.
Combien d’eau sera prélevée ?
C’est la question centrale, et les réponses varient beaucoup. Kaboul prévoit de détourner entre 6 et 10 kilomètres cubes par an. Le responsable du projet, Said Zabihullah Miri, affirme que le canal n’aura pas d’effet notable sur le niveau du fleuve, en raison des gros volumes transportés lors des crues et de la fonte des glaciers.
Les estimations extérieures sont moins rassurantes. Un ancien ministre afghan, Najib Aga Fahim, estime que le canal ne prélèverait pas plus de 12 % du débit total. L’hydrologue Denis Sorokin, cité dans l’article publié par La Lettre en septembre 2025, parle de 8 à 20 % selon le climat et les pertes. Le journaliste Bruce Pannier retient le chiffre d’environ 20 %. Certaines analyses techniques évoquent une capacité théorique encore plus élevée, qui ferait plus que doubler les prélèvements afghans actuels.
Deux points compliquent encore le calcul. D’abord, le débit de l’Amou-Daria a déjà baissé d’environ 12 % en trente ans. Ensuite, l’effet du canal ne sera pas le même chaque année. Selon Denis Sorokin, lors des années sèches, les pays en aval pourraient perdre jusqu’à la moitié de leurs quotas d’irrigation. Or les sécheresses se multiplient : l’Asie centrale en a connu en 2021, 2022 et 2023, et les pluies de la fin 2025 ont été très inférieures à la normale.
En aval, des pays déjà à court d’eau
L’Ouzbékistan et le Turkménistan dépendent fortement de l’Amou-Daria. Au Turkménistan, le canal du Karakoum prélève chaque année jusqu’à 12 kilomètres cubes, soit environ un cinquième du débit du fleuve, et alimente la plus grande partie de la population. En Ouzbékistan, les provinces de Boukhara, du Kachkadaria et du Khorezm connaissent déjà des pénuries chroniques. Dans l’enquête menée par Kamila Fayzieva et reprise par La Lettre, des agriculteurs racontent que l’eau d’irrigation n’arrive qu’une fois tous les cinq à dix jours.
Les experts d’Asie centrale interrogés dans cette enquête décrivent des risques en chaîne. Le spécialiste du climat Bulat Yesekin parle d’une erreur historique et rappelle que l’Amou-Daria n’atteint déjà plus la mer d’Aral. L’écologiste Pavel Volkov prévoit une baisse de la biodiversité, une érosion plus rapide des sols et des tempêtes de poussière plus fréquentes. Le climatologue Darkhon Yarashev souligne que le canal traverse une zone chaude et aride où l’évaporation sera forte, et craint des processus de désertification comparables à la catastrophe de la mer d’Aral.
Selon Bruce Pannier, spécialiste de l’Asie centrale, certaines communautés d’Ouzbékistan et du Turkménistan situées au bord du désert du Karakoum, déjà en difficulté, risquent de ne pas survivre à la mise en service du canal.
Un chantier mené à la hâte
La qualité des travaux inquiète depuis le début. Des experts indépendants ont relevé des méthodes de construction rudimentaires : creusement simple, sans préparation sérieuse des berges et sans revêtement du fond. Un canal non revêtu, dans un sol sableux et sous une forte chaleur, perd une grande partie de son eau par infiltration et par évaporation.
En décembre 2023, des images satellites ont montré une brèche dans la paroi du canal. L’eau échappée a formé un lac d’une dizaine de kilomètres de long en plein désert. L’Ouzbékistan a proposé à plusieurs reprises son aide technique pour la construction. Les taliban ont choisi de continuer seuls.
Aucune étude d’impact environnemental n’a été rendue publique. Le climatologue Darkhon Yarashev et l’expert Alexey Kim insistent sur l’absence de modélisation climatique, alors que l’Asie centrale se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. Ce même défaut se retrouve sur le projet de barrage sur la rivière Kunar, lancé sur ordre de Hibatullah Akhundzada avec la consigne de construire vite et avec des entreprises nationales, sans étude d’impact.
La terre irriguée, un enjeu ethnique
Un autre risque concerne l’intérieur de l’Afghanistan. Qui recevra les terres irriguées ? Selon une analyse publiée en juin 2026 par le média afghan indépendant Hasht-e Subh, les taliban prévoient de transférer la gestion du projet du ministère de l’Agriculture vers le bureau administratif du régime. Une grande partie des terres serait distribuée, sous forme de petites parcelles, à des Afghans expulsés d’Iran et du Pakistan, au titre de leur réinstallation.
L’auteur de cette analyse, l’économiste Mohammad Idris Raouf, y voit un double danger. Sur le plan économique, le découpage en petites parcelles de subsistance empêcherait une agriculture moderne et gaspillerait l’essentiel du potentiel du canal. Sur le plan politique, une réinstallation massive sans consensus renforcerait le sentiment de mise à l’écart des communautés du nord, tadjikes, ouzbèkes, hazaras et turkmènes. Il rappelle que les Pachtounes occupent plus de 90 % des postes dans l’appareil taliban, ce qui pousse ces communautés à lire toute politique foncière du régime comme une politique ethnique.
Le nord de l’Afghanistan a déjà connu, dans son histoire, des déplacements de populations pachtounes organisés par le pouvoir central et des conflits fonciers durables qui en ont découlé. Sans transparence sur l’attribution des terres, Qosh Tepa pourrait raviver ces tensions.
L’eau, un instrument de pouvoir
Qosh Tepa s’inscrit dans une stratégie plus large, décrite dans l’étude de La Lettre sur la militarisation de l’eau. Au sud, les barrages de Kamal Khan et de Kajaki sur l’Helmand sont au cœur d’un conflit ancien avec l’Iran. Le traité de 1973 prévoit que l’Afghanistan livre 850 millions de mètres cubes par an à l’Iran, mais la station de mesure de Dehrawud est hors service depuis des années, ce qui rend toute vérification impossible. Le différend a conduit à des affrontements armés meurtriers à la frontière en mai 2023. À l’est, le projet de barrage sur la Kunar est devenu un moyen de pression dans la relation, déjà très tendue, avec le Pakistan.
Pour les taliban, ces grands chantiers ont aussi une fonction intérieure. Le politologue Elyor Usmanov note que, après l’interdiction du pavot, Qosh Tepa apporte au régime des emplois et une forme de légitimité : il lui permet de montrer qu’il sait construire, pas seulement combattre. La propagande du régime met régulièrement en avant les milliers d’ouvriers et de machines mobilisés sur le chantier.
Une précision s’impose sur le rapport de force avec le nord. C’est l’Afghanistan qui dépend de ses voisins pour son électricité, et non l’inverse. Le pays importe plus de 70 % de son électricité, principalement d’Ouzbékistan, qui fournit à lui seul environ 60 % de ces importations, puis du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Iran. Tachkent dispose donc d’un levier réel, mais il a choisi de ne pas s’en servir sur la question de l’eau.
« Faut-il prendre les armes et partir en guerre ? »
Shavkat Khamrayev, ministre ouzbek des Ressources en eau, mars 2025
Tachkent choisit le pragmatisme, Achgabat se tait
L’Ouzbékistan a fait le choix de ne pas affronter Kaboul. Son ministre des Ressources en eau, Shavkat Khamrayev, a reconnu publiquement en mars 2025 que les Afghans avaient eux aussi le droit de prélever de l’eau dans le fleuve. Au printemps 2025, les deux pays ont signé un accord sur la gestion commune de l’eau dans le bassin de l’Amou-Daria. En mars 2026, lors de la Semaine de l’eau de Tachkent, le vice ministre taliban de l’Eau et de l’Énergie, Mujeeb ur Rahman Omar, a rencontré son homologue ouzbek. Il a répété que l’Afghanistan avait historiquement très peu prélevé dans le fleuve, et a demandé aux pays développés de financer la recherche et la surveillance climatiques. Il a aussi confirmé que le canal serait achevé.
Le Turkménistan, pourtant très exposé, n’a pas envoyé de délégation à ce forum. Il reste le grand silencieux du dossier.
Cette prudence a une limite juridique. Aucun pays d’Asie centrale ne reconnaît officiellement le régime taliban. La Russie reste le seul État à l’avoir fait. Un traité sur le partage des eaux ne peut donc pas être signé. Les accords existants restent des arrangements techniques, sans valeur contraignante.
L’Ouzbékistan doit aussi regarder ses propres pertes. Environ 90 % de son eau va à l’agriculture, mais selon l’analyste Alisher Ilhamov, près de 36 % des ressources s’infiltrent dans le sol, faute de canaux revêtus. D’après des données de la Banque mondiale, seule la moitié environ de l’eau livrée dans le cours inférieur de l’Amou-Daria atteint réellement les champs. Tachkent affirme avoir économisé deux kilomètres cubes en 2025 grâce aux techniques d’irrigation économes, mais Alisher Ilhamov estime que ces mesures sont loin de suffire et prévoit une crise grave d’ici deux à trois ans.
Ce qui se joue d’ici 2028
Une étude publiée en août 2026 estime que la fenêtre pour établir des règles communes, avant la mise en service complète du canal, se limite à deux ou trois ans. Passé ce délai, les pays en aval se trouveront devant un ouvrage de dérivation en fonctionnement, un fait accompli.
Le dossier Qosh Tepa réunit plusieurs problèmes à la fois. Un droit afghan réel sur l’eau, longtemps ignoré. Un fleuve déjà affaibli par le réchauffement et par des décennies de gaspillage en aval. Un chantier mené sans transparence, sans étude publique et avec des défauts techniques visibles. Un régime non reconnu, avec lequel aucun traité n’est possible. Et une question intérieure, celle de la terre, qui pourrait transformer une promesse de développement pour le nord en nouvelle source de division.
Le canal est présenté par les taliban comme un bien national. Mais un projet de cette taille, décidé par un pouvoir qui n’a de comptes à rendre ni à sa population ni à ses voisins, reste d’abord un projet du régime. Les agriculteurs afghans du nord, comme ceux de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, en subiront les effets sans avoir eu leur mot à dire.
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Sources
La Lettre d’Afghanistan
Le canal de Qosh Tepa en Afghanistan et le paradoxe de la politique de l’eau en Asie centrale
16 septembre 2025, d’après Kamila Fayzieva (The Diplomat)
La Lettre d’Afghanistan
La militarisation de l’eau en Afghanistan
1er novembre 2025
Asia Plus
Qosh-Tepa Canal: new water source or growing threat to Central Asia?
10 août 2026
The Times of Central Asia
Afghanistan Advances Qosh Tepa Canal While Urging Regional Water Cooperation
1er avril 2026
Hasht-e Subh
Qosh Tepa Canal; An Opportunity for National Self-Sufficiency or a Breeding Ground for Ethnic Division and Wasted Resources?
13 juin 2026
Zenodo
The Qosh Tepa Canal and the Institutional Vacuum: Scenarios for Confidence-Building, 2026 à 2030
11 août 2026
MP-IDSA
Afghanistan’s Qosh Tepa Canal: Potential Impact on Uzbekistan and Turkmenistan
26 mars 2025
University of South Dakota
Monitoring the Qosh Tepa Canal Project: A Geospatial Timeline of Taliban Water Diversion
2025
Jamestown Foundation
Uzbekistan Seeks Stronger Cooperation with Afghanistan (Eurasia Daily Monitor)
2025