
Les traces du terrorisme international au Badakhchan :
Pourquoi les talibans dissimulent-ils la présence de combattants étrangers parmi leurs rangs ?
Auteur : Mehrdad Adeli pour Bazgasht News
Les récents affrontements entre les forces du Front de libération de l’Afghanistan et les talibans dans le district de Zebak, dans la province du Badakhchan, ont une fois de plus mis en lumière la question de la présence de combattants étrangers parmi les talibans. Si cette information est confirmée, elle soulève de sérieuses questions sur l’étendue de la présence des réseaux terroristes transfrontaliers en Afghanistan et sur leur rôle dans les guerres civiles du pays.
Le Front de libération de l’Afghanistan a déclaré que, lors des récents affrontements à Zebak, plusieurs terroristes étrangers étaient présents aux côtés des forces talibanes. Ce front a affirmé que, après les combats, les talibans avaient transféré les corps des combattants tués, et même certains blessés, vers des endroits inconnus afin de dissimuler leur identité.
Selon les déclarations de ce front, lors des derniers affrontements à Zebak, 10 membres des talibans ont été tués et six autres blessés, et des combattants étrangers étaient également présents parmi eux. Les talibans n’ont pas encore réagi officiellement à ces allégations.
Le transfert secret des corps :
Une tentative de dissimuler la présence de combattants étrangers ?
La question du transfert des corps et des blessés de combattants étrangers vers des endroits inconnus est un élément important du récit du Front de libération concernant la bataille de Zebak. Cela pourrait indiquer une tentative des talibans d’empêcher l’identification des ressortissants étrangers présents parmi leurs rangs et de prévenir la diffusion d’informations sur les réseaux militaires et terroristes actifs dans le nord-est de l’Afghanistan.
L’importance de cette question est d’autant plus grande que Zebak et les zones frontalières du Badakhchan sont, en raison de leur situation géographique particulière, constamment exposées aux mouvements et aux activités de groupes armés transfrontaliers. La présence de personnes non locales dans une telle région, en particulier celles qui ne connaissent pas la langue et l’environnement locaux, peut être un signe de l’organisation de forces extérieures pour participer à des opérations militaires.
Les attaques précédentes du Front de libération et la grande question concernant les talibans
Ce n’est pas la première fois que le Front de libération signale la présence de combattants étrangers dans les combats du Badakhchan. Le mois dernier, ce front a déclaré que ses forces avaient ciblé un groupe de partisans étrangers des talibans lors d’une embuscade organisée sur la route menant au district de Zebak.
Selon le communiqué du Front de libération, lors de cette opération, deux combattants étrangers ont été tués et trois autres blessés. Ce front a déclaré que les personnes ciblées ne connaissaient pas la langue locale et qu’elles avaient l’intention de se rendre à Zebak pour combattre les forces du Front de libération.
L’ensemble de ces allégations soulève une question qui va au-delà d’une simple bataille locale : l’Afghanistan est-il en train de redevenir un lieu de rassemblement et de reproduction des réseaux terroristes internationaux ?
Les talibans ont toujours cherché à présenter une image de sécurité en Afghanistan et de prévention des activités de groupes étrangers ; cependant, les rapports concernant la présence de combattants étrangers aux côtés de ce groupe prouvent catégoriquement que l’affirmation des talibans est un mensonge. Si la présence de ces personnes dans les combats du Badakhchan est confirmée, la question ne se limitera pas à la participation de quelques combattants à un seul affrontement ; elle pourrait être le signe de liens plus étroits entre les talibans et les réseaux armés transfrontaliers.
Dans de telles circonstances, la bataille de Zebak n’est pas seulement une confrontation entre les talibans et leurs opposants armés ; elle se transforme en un lieu de réapparition d’une préoccupation ancienne : l’Afghanistan, sous le régime taliban, est-il redevenu un refuge sûr et un terrain d’action pour le terrorisme international ?