L’envoyé spécial de l’UE Gilles Bertrand conclut sa visite en Afghanistan, mercredi 22 avril 2026
22.04.2026 Kaboul, Afghanistan
Équipe de presse et d’information de la délégation en Afghanistan
L’envoyé spécial de l’UE (EUSE) pour l’Afghanistan, Gilles Bertrand, s’est rendu à Kaboul du 17 au 21 avril 2026. Il a eu des échanges avec des représentants de haut niveau des autorités afghanes de facto (dfA), des membres de la communauté diplomatique, des représentants de l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations internationales, ainsi que des acteurs de la société civile afghane et des organisations non gouvernementales.
Les discussions ont porté sur la situation générale en matière de sécurité en Afghanistan et dans l’ensemble de la région. À l’intérieur de l’Afghanistan, de nombreux interlocuteurs ont souligné que l’ordre public s’était amélioré ces dernières années. Les interlocuteurs du DfA et l’EUSE ont discuté des progrès enregistrés dans la lutte contre l’ISKP (le soi-disant «État islamique dans la province du Khorasan»). L’EUSE a exprimé la préoccupation de l’Union européenne concernant la présence continue et les activités transfrontalières de plusieurs groupes terroristes de portée régionale et potentiellement mondiale.
En ce qui concerne les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan, l’EUSE a souligné l’importance de la retenue et de la désescalade de la situation et la nécessité pour les deux parties de protéger les civils et les infrastructures civiles. L’UE appelle les deux pays à reprendre le dialogue sur leurs préoccupations respectives en matière de sécurité, y compris des mesures concrètes pour empêcher l’utilisation de la zone frontalière pour planifier et lancer des attaques terroristes sur le sol pakistanais. L’UE se félicite des efforts soutenus déployés par de nombreux partenaires de la communauté internationale pour assurer la médiation entre l’Afghanistan et le Pakistan, notamment par Türkiye, le Qatar, le Royaume d’Arabie saoudite et la Chine, qui ont récemment organisé des pourparlers techniques à Ürümqi. Ces efforts ont joué un rôle déterminant dans la trêve de l’Aïd al-Fitr et contribuent à la stabilité régionale.
La situation des droits de l’homme a figuré en bonne place dans tous les échanges. L’EUSE a réitéré les vives préoccupations de l’Union européenne concernant les restrictions qui affectent les femmes et les filles, y compris leur accès à l’éducation, à l’emploi et à la vie publique. Ces restrictions constituent des violations majeures des normes internationales relatives aux droits de l’homme et des engagements internationaux de l’Afghanistan. Ils ont également des conséquences dévastatrices à long terme pour la société et l’économie afghanes qui amèneront des générations à réparer. L’Afghanistan reste le seul pays où les filles sont interdites d’étudier au-delà de la sixième année. L’EUSE a rappelé qu’il s’agit d’un obstacle majeur à la normalisation des relations.
Sur tous ces aspects, l’Envoyé spécial a réitéré son soutien à l’engagement international dirigé par l’ONU, connu sous le nom de processus de Doha, et a souligné l’importance de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) en tant que plate-forme clé pour la coordination.
La visite a également été l’occasion de discuter du soutien continu de l’UE au peuple afghan. L’aide est fournie par une approche fondée sur des principes garantissant que les femmes sont à la fois bénéficiaires primaires et impliquées dans l’acheminement de l’aide. Le soutien de l’UE porte sur la santé, l’éducation, la résilience et les moyens de subsistance des Afghans déplacés.
L’Envoyé spécial a discuté des retours de ressortissants afghans d’Iran et du Pakistan, soulignant que les retours devraient être sûrs, dignes et ordonnés. Il a exprimé sa gratitude pour les efforts déployés par les DFA pour accueillir des millions de rapatriés.
Enfin, la visite a réitéré l’importance d’un secteur privé résilient et l’impact critique du changement climatique. L’Envoyé spécial a appelé les autres donateurs à donner la priorité aux projets climatiques visant à atténuer les effets potentiellement dévastateurs. L’engagement de l’Union européenne en Afghanistan reste fondé sur des principes, pragmatique et axé sur les besoins du peuple afghan.
www.afintl.com /en/202604211226
L’UE prévoit des pourparlers à Bruxelles avec les talibans sur l’expulsion des migrants afghans
21/04/2026
21 avr. 2026, 09:33 GMT+1

Des sources diplomatiques affirment que l’UE prévoit d’inviter une délégation talibane à Bruxelles pour discuter du retour des migrants afghans, bien qu’aucune invitation formelle n’ait encore été adressée.
La visite avait initialement été prévue pour la fin mars, mais a maintenant été reportée aux semaines à venir.
Une source diplomatique a déclaré à l’AFP : « L’idée est de les inviter avant l’été », ajoutant que la délégation talibane serait une équipe « technique ».
Une autre source a indiqué que les responsables européens évaluent les informations sur les vols et la capacité de l’aéroport de Kaboul, tout en discutant avec les talibans du sort des rapatriés.
Cette visite, coordonnée par la Commission européenne et plusieurs États membres, fait suite à deux voyages antérieurs de responsables européens en Afghanistan pour des discussions préliminaires sur la question.
Le commissaire européen à la migration avait précédemment confirmé que le bloc avait tenu des discussions avec les talibans sur le retour des demandeurs d’asile afghans.
L’UE vise à renvoyer les personnes dont les demandes d’asile ont été rejetées, une mesure qui a suscité des inquiétudes parmi les groupes de défense des droits humains et les organisations internationales.
Environ 20 pays de l’UE explorent des moyens d’expulser les migrants afghans, en particulier ceux condamnés pour des crimes.
L’Allemagne a commencé ce processus il y a quelques mois et a expulsé plus de 100 Afghans depuis 2024 via des vols nolisés opérés avec l’aide du Qatar. L’Autriche a adopté une approche similaire.
Bien que l’UE n’ait pas officiellement reconnu l’administration talibane, elle a maintenu une présence diplomatique en Afghanistan.
Les pays de l’UE ont reçu environ un million de demandes d’asile de la part d’Afghans entre 2013 et 2024, les Afghans constituant l’an dernier le plus grand groupe de demandeurs.
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Bennett : L’accueil des talibans par l’UE pour discuter de l’expulsion des demandeurs d’asile afghans est préoccupante
22/04/2026

Richard Bennett, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Afghanistan, a exprimé une vive inquiétude face aux rapports selon lesquels l’Union européenne accueillerait des responsables talibans pour discuter de l’expulsion des demandeurs d’asile afghans.
Le mercredi 22 avril, Bennett a écrit sur X que tout retour forcé de réfugiés afghans pourrait violer le principe de non-refoulement.
Il a ajouté que, dans la situation actuelle en Afghanistan, la situation des droits de l’homme, en particulier pour les femmes, les défenseurs des droits humains et les anciens employés du gouvernement, est alarmante.
Fereshta Abbasi, chercheuse à la division Asie de Human Rights Watch, a également déclaré que l’expulsion des demandeurs d’asile afghans ne devrait pas être effectuée sur la base d’accords avec les talibans.
Cela survient alors que de nombreux réfugiés afghans, y compris des journalistes, des militants civils et d’anciens agents de sécurité, ont quitté l’Afghanistan par crainte de représailles talibanes.
Il est noté que les retours forcés de ces individus pourraient les exposer au danger.

Hanna Newman, membre du Parlement européen, a vivement critiqué les rapports concernant un possible voyage des talibans à Bruxelles dans les semaines à venir, déclarant qu’il n’existe aucune forme de légitimité ni d’accord pour les talibans. Elle a ironisé : « Les responsables de l’Union européenne à Bruxelles déroulent le tapis rouge pour les talibans. » Mme Newman a ajouté que la reconnaissance des talibans en échange de l’expulsion des réfugiés serait une recette pour la catastrophe. Auparavant, des sources diplomatiques ont déclaré à l’Agence France-Presse que l’Union européenne inviterait une délégation talibane à se rendre à Bruxelles dans les semaines à venir afin de discuter avec eux de l’expulsion des réfugiés afghans. Ces sources ont précisé qu’aucune invitation officielle n’avait encore été envoyée aux talibans.