Les talibans et le modèle classique de destruction de la nation

amu.tv /fa/229047/

par Daoud Naji, président du comité politique du Front national de la Liberté (AFF) et journaliste bien connu, est un journaliste reconnu.


02/03/2026

Une image contenant plein air, bâtiment, ciel, Véhicule terrestre

Le contenu généré par l'IA peut être incorrect.

La plupart des nations sur leur parcours historique ont parfois été dans des situations difficiles où il leur a été difficile de prendre les bonnes décisions, car la situation s’est manifestée de telle sorte que la vérité s’est perdue dans la poussière épaisse de crises à plusieurs niveaux, et il n’a pas été facile de déterminer ce qui mènera finalement au bien public, quelle est la bonne voie et laquelle est la mauvaise.

Les talibans, en plus d’autres tragédies qui ont causé leurs mauvaises politiques et actions, ont mis le peuple afghan dans une telle situation. D’une part, avec son attitude idéologique et la présence de dizaines de groupes terroristes, elle expose la population à une attaque à grande échelle par un pays étranger, et d’autre part, elle se déclare défenseure de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de l’Afghanistan.

Les talibans sont-ils vraiment des défenseurs de l’intégrité territoriale ? Ou ils ont fait et font quelque chose avec l’Afghanistan qui est bien plus dangereux que toute autre force d’occupation.

Afin de clarifier si cette déclaration repose sur les faits existants ou sur des émotions, j’ai examiné la performance des talibans dans cette courte note pour clarifier comment ce groupe a suivi le même schéma classique d’occupation et de dénationalisation.


Pour prouver ma revendication, je vais compter un par un et au cas par cas :


1. Suppression des symboles : Abaissement du drapeau :


Dans toutes les occupations, la première étape consiste à retirer les symboles de la souveraineté nationale. Le drapeau est le symbole le plus compact de la « nation ». Après avoir pris le contrôle de l’Afghanistan, les talibans ont d’abord récupéré le drapeau officiel de l’Afghanistan dans tout le pays, et il a été rapporté à de nombreuses reprises que des jeunes de Nangarhar, Kaboul, Kandahar et Herat étaient battus et détenus pour avoir porté ou conservé le drapeau afghan. Ce comportement est exactement la même méthode que les forces occupantes ont utilisée tout au long de l’histoire pour briser le moral national des nations asservies.


2. La destruction de la mémoire historique : de la destruction du Bouddha au musée de Kaboul

Les occupants savent bien qu’une nation sans mémoire historique est plus facile à soumettre. Ainsi, les monuments historiques et culturels ont toujours été au cœur de leurs objectifs destructeurs. Lors de leur premier mandat au pouvoir, les talibans détruisirent les statues du Bouddha à Bamyan ainsi que les artefacts du musée de Kaboul. Lors du second tour, la destruction de la statue de l’émir Alisher Navaei et la destruction du mur commémoratif des célébrités scientifiques et littéraires construits dans la ville de Mazar-e-Sharif étaient la continuation du même projet déterminé qu’ils poursuivaient. Tout comme les nazis ont ciblé la pensée par le feu, les talibans ont aussi ciblé la mémoire historique de l’Afghanistan en la détruisant et en la détruisant.

3. Guerre contre la langue, la religion et la culture

L’un des signes évidents d’occupation culturelle est l’élimination des langues et identités pluralistes et l’imposition d’une lecture unique. Les talibans ont systématiquement retiré les langues persane et ouzbèke des enseignes, de la correspondance officielle et des espaces publics au cours des quatre dernières années. Parallèlement, le chiisme a été exclu du système judiciaire, et les adeptes ismaéliens dans certaines régions ont été contraints de se repentir de leurs croyances religieuses. Les compatriotes hindous et sikhs honorables et opprimés, qui n’avaient plus la possibilité de respirer, furent complètement éliminés de la vie collective colorée de l’Afghanistan.


Ces politiques ressemblent frappant aux politiques d’homogénéisation culturelle des régimes totalitaires, de l’interdiction des langues locales durant l’ère coloniale à la suppression des identités décentralisées dans les systèmes idéologiques du XXe siècle.

4. Retard planifié

Aucune occupation ne peut survivre sans freiner la nation dominée. Les talibans ont porté un coup structurel à l’avenir de l’Afghanistan en interdisant l’éducation des filles au-delà de la sixième année. Si cette situation se prolonge encore dix ans, une génération émergera où la majorité des mères du pays n’auront pas dépassé l’enseignement primaire.

Comment une société dont les mères sont analphabètes peut-elle atteindre le développement, la science et le progrès ?


De plus, les talibans ont privé du système éducatif des sciences modernes. Des rapports d’organisations internationales montrent que de nombreux élèves de terminale n’ont même pas la capacité de lire et de comprendre un texte simple. Cette situation rappelle les politiques des colonisateurs, dont le but est de transformer le citoyen informé en un serf obéissant.

5. La propagation de la pauvreté comme outil de domination

Les occupants ont toujours utilisé la pauvreté comme un outil pour contrôler la société. Les personnes dont la seule préoccupation est de fournir leur pain quotidien n’ont ni l’occasion de protester ni la capacité de réfléchir à leurs droits et à leur avenir. Les talibans ont imposé une pauvreté généralisée à la population grâce à des politiques économiques inefficaces et ont poussé le pays vers l’isolement international, aboutissant à une société usée, silencieuse, sans horizons et sans espoir.

6. Destruction de l’ordre juridique et institutionnel

En même temps, les talibans ont complètement détruit le système politique légitime. La constitution a été abrogée, toutes les lois précédentes ont été abandonnées, le législatif a été complètement aboli, il n’y a plus de pouvoir judiciaire indépendant, et la structure exécutive du gouvernement s’est pratiquement effondrée. Dans une telle situation, le pays est passé d’un État à une géographie dirigée par un groupe idéologique armé.

7. Retirer l’Afghanistan de l’ordre mondial officiel

En fin de compte, les forces d’occupation tentent d’effacer le nom et l’emblème du pays dominé de la scène mondiale. Ce que les talibans ont bien fait, l’Afghanistan, qui avant les talibans entretenait des relations conventionnelles avec tous les pays du monde et disposait d’ambassades et de missions officielles dans de nombreux pays, était membre d’institutions internationales et actif de la communauté internationale et des Nations Unies. Après la prise de pouvoir des talibans, les missions afghanes dans le monde entier ont été fermées les unes après les autres. Aujourd’hui, l’Afghanistan manque de représentation politique, de statut juridique clair et d’une présence effective dans le système international. Avec leurs politiques, les talibans ont plongé le pays dans un isolement complet et effacé le nom de l’Afghanistan de la surface de leur temps.

Conclusion finale


Dans une telle situation, devons-nous accepter que ce que les talibans ont fait en Afghanistan n’est qu’une série de politiques extrémistes menées par incompréhension et inefficacité ? Une telle compréhension est bien loin de la réalité : ce que les talibans ont fait pour détruire l’Afghanistan est un projet systématique visant à détruire la nation, affaiblir la mémoire historique et interrompre la continuité civilisationnelle.

Quelle force étrangère aurait pu causer autant de dégâts à l’Afghanistan en cinq ans que les talibans ? Cela montre que les talibans ne peuvent pas seulement être une force pour défendre l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Afghanistan, mais qu’ils sont aussi une force déterminée à détruire l’Afghanistan et qui le détruit systématiquement de manière planifiée et progressive.

Les talibans n’ont pas seulement détruit les symboles de la souveraineté nationale, mais ils ont aussi pratiquement vidé le concept d’« État-nation » en supprimant la constitution, les institutions étatiques, en fermant le système de représentation politique et en éliminant la diversité linguistique, culturelle et religieuse. Dans une telle situation, il est vain de parler de souveraineté nationale et d’intégrité territoriale, car la souveraineté nationale sans loi, sans institutions, sans participation citoyenne, et sans reconnaissance de la diversité de la société n’est qu’un slogan dénué de sens, et non une réalité politique et culturelle.


L’Afghanistan sous la domination talibane n’est pas un État-nation, mais est contrôlé géographiquement par un groupe idéologique qui a séparé le pays du monde, de son histoire et de son avenir. La perpétuation de cette situation signifiera non seulement la perte d’un système politique, mais aussi la disparition progressive d’une nation.


La continuation de l’Émirat taliban est le seul résultat d’un Afghanistan dont le ciel est entre les mains des puissants, dont la terre est entre les mains des forces terroristes internationales, dont les mines sont mises aux enchères, et dont le peuple est pauvre, illettré, mendiant et serf, dont le souverain ne fait que fouetter, et dont la loi est pire que la loi de la jungle primitive et inhumaine. Dans une telle situation, « l’intégrité territoriale » n’est rien d’autre qu’une « blague amère ». La façon de sauver l’Afghanistan est la première étape pour démanteler « l’Émirat taliban ».

Daoud Naji, président du comité politique du Front national de la Liberté (AFF) et journaliste bien connu, est un journaliste reconnu.

Partager cet article

À lire aussi

Pakistan-Afghanistan : "Il faut absolument résoudre cette question de la ligne Durand"

Pakistan-Afghanistan : « Il faut absolument résoudre cette question de la ligne Durand »

www.france24.com /fr/asie-pacifique/20260227-pakistan-afghanistan-il-faut-absolument-r%C3%A9soudre-question-ligne-durand Pakistan-Afghanistan : "Il faut absolument résoudre cette question de la ligne Durand" FRANCE 2403/03/2026 Publié le : 27/02/2026 ...