Pas de talibans à Paris !

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Que cache le gouvernement français sur ses relations avec les taliban ?

Depuis 2021, des rencontres régulières ont lieu à Doha, au Qatar, entre le chargé d’affaires de France pour l’Afghanistan, Jean-Marin Schuh, et les représentants des taliban, dont Suhail Shaheen. Santé, ONG, aéroport de Kaboul, économie, retour des réfugiés, avenir des relations diplomatiques : la liste des sujets abordés s’allonge. En mai 2025, les taliban ont même demandé à la France de rouvrir sa représentation à Kaboul.

Ces rencontres, les Français les apprennent par la communication des taliban eux-mêmes. Le Quai d’Orsay, lui, n’en dit rien.

Aujourd’hui, des rumeurs évoquent la mise à disposition de l’ambassade d’Afghanistan à Paris pour des « échanges techniques » avec une délégation talibane, notamment pour faciliter les expulsions d’Afghans. Rien n’est confirmé. Mais l’Allemagne a déjà accueilli une équipe talibane dans ce but, et une quinzaine de pays européens se sont assis à la même table à Bruxelles en juin dernier.

Discuter régulièrement avec un régime qui figure parmi les pires dictatures de la planète, qui efface les femmes de la vie publique et persécute ses opposants, c’est transformer la diplomatie française en auxiliaire des taliban. C’est une honte. Comment en est-on arrivé là ?

Comme souvent, le Qatar est au centre du jeu. Ce petit émirat utilise sa richesse et son influence pour s’imposer comme intermédiaire obligé. Il a joué un rôle néfaste dans l’accord de Doha de 2020, qui a servi l’Afghanistan sur un plateau aux taliban. Et son influence en France, auprès de responsables politiques et de décideurs, a été documentée depuis longtemps par des journalistes.

La France n’a peut-être plus beaucoup de vertus en politique étrangère. S’il lui en reste une, elle ne devrait la vendre ni au Qatar ni aux taliban.

C’est le sens de la tribune de la sociologue Carol Mann, que La Lettre d’Afghanistan republie ici.

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