Selon Intelligence Online, Pékin aurait ramené ses relations avec le régime taliban au niveau d’un simple partenariat commercial. Les désaccords portent sur les Ouïghours et sur l’annulation de contrats chinois. Un autre document, publié le 4 novembre et non vérifié, décrit de son côté un régime inquiet d’une menace venue du Pakistan.
Un recul sans annonce officielle
D’après un rapport du magazine français Intelligence Online, repris le 6 novembre 2026, la Chine a réduit le niveau de ses relations avec les taliban. Elle les traiterait désormais comme un partenaire commercial ordinaire. Le magazine explique ce recul par des désaccords de plus en plus nets sur des questions de sécurité et d’économie.
Des sources à Pékin citées par le magazine indiquent que le Parti communiste chinois n’a rien annoncé officiellement, pour éviter des réactions politiques et médiatiques. Ce changement repose donc, pour l’instant, sur le seul rapport d’Intelligence Online.
Le dossier ouïghour
Pékin demande aux taliban d’arrêter l’activité des militants ouïghours venus du Xinjiang et présents en Afghanistan. Il réclame aussi l’extradition de réfugiés ouïghours vers la Chine. Les taliban refusent de répondre à ces demandes. C’est l’une des principales causes de la tension.
La question est sensible pour la Chine, qui voit dans ces groupes une menace pour le Xinjiang. Le refus des taliban montre qu’ils ne sont pas prêts à céder sur ce point, malgré leur besoin d’investissements chinois.
Les contrats annulés
L’autre sujet de discorde est économique. Selon le rapport, le dossier le plus important est l’annulation du contrat d’extraction de pétrole dans le bassin de l’Amou-Daria. Conclu pour 25 ans avec la société Xinjiang Central Asia Petroleum and Gas, il prévoyait environ 540 millions de dollars d’investissements. Les taliban justifient l’annulation par le non-respect de ses obligations par l’entreprise chinoise. D’autres contrats d’entreprises et d’investisseurs chinois ont aussi été annulés.
Cette annulation n’est pas récente. Le contrat avait été signé en janvier 2023, et le ministère taliban des Mines et du Pétrole en a annoncé la résiliation le 17 juin 2025, en invoquant des violations répétées. Les détails de ces manquements n’ont pas été rendus publics. Le rapport d’Intelligence Online replace donc cet épisode dans une série de différends plus large.
Le Pakistan cherche à garder la Chine engagée
Selon le rapport, Islamabad veut que Pékin reste impliqué dans les développements afghans. Il propose d’établir des canaux de communication entre la Chine et les groupes d’opposition aux taliban. Cette proposition, si elle est confirmée, montre que le Pakistan cherche à garder la main sur le dossier afghan, alors que ses propres relations avec Kaboul se sont dégradées.
Un autre document, plus fragile
Le 4 novembre 2026, Ajmal Sohail a publié sur sa lettre payante Counterintelligence & Counterterrorism un briefing fondé sur des documents internes présumés du ministère taliban de la Défense. Selon ce texte, les taliban craignent qu’un programme de relocalisation d’anciens militaires afghans au Pakistan serve à former une force contre eux, avec un soutien américain. D’anciens membres des unités spéciales afghanes seraient concernés.
Le briefing affirme aussi que les États-Unis auraient demandé, par des canaux discrets, l’accès à d’anciennes bases de la coalition en Afghanistan. Il décrit trois courants chez les taliban : une ligne neutre, surtout à Kaboul, attachée à l’accord de Doha et aux bonnes relations avec la Russie et la Chine ; un courant plus ouvert à la discussion avec l’Occident ; et la direction du renseignement militaire, qui s’oppose aux demandes occidentales.
La prudence s’impose. L’auteur reconnaît lui-même que certains points ne peuvent pas être confirmés par des sources ouvertes. Les documents ne sont pas publics et leur authenticité n’est pas établie. Ils sont présentés ici comme des allégations.
Ce que montrent les deux sources ensemble
Les deux textes décrivent un régime sous pression de plusieurs côtés, avec des désaccords sur sa ligne extérieure. Mais ils n’ont pas la même solidité. Le refroidissement avec la Chine repose sur un magazine reconnu, même si son rapport complet n’a pas pu être consulté. Le projet de force contre les taliban est l’affirmation d’un seul auteur, à partir de documents impossibles à vérifier.
Si les deux informations se confirmaient, le régime aurait moins de marge. La ligne neutre défendue à Kaboul repose sur de bonnes relations avec Pékin et Moscou, et un recul chinois la rendrait plus difficile à tenir. Le Pakistan, de son côté, apparaît dans les deux textes comme un acteur qui garde des liens avec les adversaires des taliban, ce qui reste à confirmer.
À suivre : une confirmation officielle ou indépendante du recul chinois, des précisions sur les autres contrats annulés, et toute réaction des taliban ou de Pékin.
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SOURCES
Intelligence Online
Rapport sur le refroidissement des relations entre la Chine et les taliban
Relayé le 6 novembre 2026.
Ajmal Sohail, Counterintelligence & Counterterrorism
THE COMING STORM : Internal Taliban Documents Reveal Fears of a Covert U.S.-Pakistan Backed Force and a New War for Afghanistan
4 novembre 2026. Lettre payante.
Afghanistan International
Taliban Cancels Landmark Oil Deal With Chinese Company Over Contract Violations
17 juin 2025
NPR
Contract breach or banditry? Inside the collapse of the Taliban’s oil deal with China
29 août 2025
La Lettre d’Afghanistan