Que se lève le vent,
Pour le cri étouffé sous le grillage de fer,
Pour mes sœurs de Kaboul, leur vie enchaînée, la voix interdite,
Prisonnières d’un ciel qui ne voit plus leur visage.
Nous appelons leur nom.
Que gronde la terre,
Pour les filles des montagnes, le cou tranché par l’acier,
Pour les Kurdes de sang, guerrières de l’ombre et de la lumière,
Dont le sacrifice nourrit les racines des chênes millénaires.
Nous appelons leur nom.
Que brûle le feu,
Pour les roses de Téhéran, fauchées en plein printemps,
Pour l’Iranienne abattue, le voile jeté au bûcher,
Dont le dernier regard fixe l’éternité des hommes libres.
Nous appelons leur nom.
Malheur aux puissants,
Architectes du silence, marchands de l’oubli,
Qui pèsent l’or des traités contre le poids des larmes,
Et détournent les yeux quand le poignard s’abat.
Honte aux indifférents,
Passants de marbre au cœur de cendre,
Qui dorment dans le confort du silence du monde,
Pendant que l’on égorge l’espoir au bout de la nuit.
Que le bâillon s’arrache !
Que les chaînes se fendent au marteau de nos mots,
Que les têtes coupées deviennent des astres de feu,
Que les assassinées se fassent légion de spectres,
Pour hanter les palais de ceux qui les ont vendues.
Elles ne sont pas parties,
Elles sont le souffle, elles sont l’orage,
Elles sont le chant qui nous hantera à jamais.
Nous portons leur nom pour l’éternité




