Émirat islamique » : l’abus de langage qui blanchit le #Taliban.

Rosemary DiCarlo a rencontré Sirajuddin Haqqani et discuté avec lui des efforts de « lutte contre la drogue ». Or, ce dernier et ses commandants contrôlent entièrement la production et le réseau de trafic d’héroïne et d’opium entre l’Afghanistan et le reste du monde !

Je me demande si certains de ces responsables occidentaux sont réellement aussi innocents et naïfs, ou s’ils cherchent délibérément à se ridiculiser !

Les Nations Unies elles-mêmes ont publié à plusieurs reprises des rapports indiquant que le financement de la guerre et des activités des talibans et du réseau Haqqani reposait entièrement sur le trafic de drogue, et que tous les hauts commandants du réseau Haqqani et des talibans étaient impliqués dans le trafic d’héroïne en Afghanistan et étaient eux-mêmes des trafiquants.

Note : Rosemary DiCarlo est la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques et au maintien de la paix. Elle s’est rendue en Afghanistan et a rencontré ces terroristes.

Dans une interview accordée à la BBC, Rosemary DiCarlo déclare : « Par rapport à mon voyage à Kaboul il y a quelques années, j’ai constaté des progrès, des travaux de construction sont en cours… » Le journaliste lui demande : « Qu’en est-il des femmes ? » Rosemary Jan répond : « Oui, les femmes devraient être autorisées à travailler et à voyager avec nous… » etc.

Autrement dit, Rosemary DiCarlo perçoit la situation de telle sorte que l’Afghanistan sous le régime taliban progresse grâce à la construction de routes, de puits, de toilettes et de bains publics… et que le fait que des millions de femmes soient retenues captives par ce groupe ne lui importe guère, en tant que haute responsable de l’ONU. Elle considère même que la situation progresse, et non qu’elle régresse par rapport à il y a quelques années !

Nous dénoncions Rosa Otunbayeva, et voilà que Rosemary Jan rejoint la liste de ces traîtres aux femmes au niveau international !


L’ONU répète qu’elle ne reconnaît pas le régime taliban. Très bien. Mais alors pourquoi continue-t-elle, dans ses communiqués, ses comptes rendus, ses rendez-vous “techniques”, à employer leur vocabulaire comme si c’était un intitulé neutre ? « Émirat islamique d’Afghanistan ». Trois mots qui sonnent comme un État normal, un ordre établi, une autorité légitime. Trois mots qui, dans la réalité afghane, ne désignent pas un gouvernement : ils désignent une prise d’otage. Appeler les Talibans « Émirat islamique », c’est déjà leur accorder ce qu’ils recherchent le plus : le vernis de la normalité.

On me dira que c’est de la diplomatie, un simple “abus de langage”, une formule pratique. Faux. Les mots ne sont jamais pratiques quand ils servent le pouvoir. Les Talibans l’ont compris mieux que quiconque : ils gouvernent par la peur, mais aussi par la mise en scène. Ils veulent être perçus non comme une milice idéologique, mais comme l’incarnation naturelle de l’Afghanistan. Leur “Émirat” est un produit politique : une marque, un drapeau, une fiction juridique destinée à effacer l’usurpation. Quand l’ONU reprend cette marque, elle devient le service après-vente de la propagande.

Le plus grave est que cette complaisance lexicale se déroule au moment même où le régime durcit sa théocratie au cœur du droit. Un nouveau dispositif judiciaire, qualifié de “Criminal Procedure Code for Courts”, a été diffusé aux tribunaux talibans. Et l’on parle ici d’un texte qui ne se contente pas de réprimer : il organise la société comme un système de castes. Il hiérarchise les humains. Il permet que la peine dépende du statut social plutôt que de la gravité du crime. Il nourrit l’impunité des “érudits” et la vulnérabilité des “infimes”. Dans le même mouvement, un décret impose le hanafisme comme doctrine unique, traite d’autres courants comme hérétiques, et punit la conversion. Ce n’est pas un détail administratif : c’est l’État de droit renversé en machine de domination.

Alors, de quoi parle-t-on quand une haute responsable de l’ONU arrive à Kaboul, rencontre les Talibans, et que le récit public évoque des échanges avec “des responsables de l’Émirat islamique” ? On appelle cela un glissement. Une pente douce. Une normalisation. Et ce glissement est d’autant plus toxique que l’ONU prétend tenir la ligne : “pas de reconnaissance”. Or la reconnaissance n’est pas seulement un acte juridique ; c’est aussi une pratique symbolique. Une répétition quotidienne. Une habitude de langage. À force de dire “Émirat”, on fabrique l’idée que l’“Émirat” existe.

L’ONU ne peut pas, d’un côté, dénoncer l’effacement des femmes, la répression, la justice arbitraire, et de l’autre, prêter sa voix à la fiction d’État que les Talibans brandissent pour se blanchir. La cohérence commence par un geste simple : nommer. C’est le #Taliban. Les Talibans. Un régime de fait, non reconnu, illégitime. Et tant qu’il codifie l’inégalité, qu’il criminalise la liberté de conscience, qu’il classe les citoyens comme on classe du bétail social, il doit être désigné pour ce qu’il est — pas pour ce qu’il prétend être.

Afghanistan: Le 4 janvier 2026, le chef suprême taliban Hibatullah Akhundzada a signé un décret imposant l’islam hanafite comme seule doctrine orthodoxe en Afghanistan. Les adeptes d’autres sectes, notamment les chiites, ismaéliens et salafistes (ahl al-hadith), sont qualifiés « d’hérétiques », et toute conversion est désormais punie de deux ans de prison.

Ce décret s’inscrit dans le cadre d’un nouveau code de procédure pénale, intitulé Criminal Procedure Code for Courts, composé de 119 articles. Il divise la société afghane en quatre classes: oulémas, élites, classe moyenne et infime, et détermine la sévérité des peines en fonction du statut social du coupable plutôt que de la gravité du crime, ce qui permet souvent aux érudits de rester exempts de sanctions.

Le texte a été immédiatement distribué aux tribunaux talibans pour application. Cette information a été révélée par l’organisation afghane de défense des droits humains Rawadari, qui a obtenu une copie officielle du document et en a publié une analyse détaillée.

Farid Hamidi, l’ancien procureur général d’Afghanistan, a décrit le principe criminel de la domination des talibans comme un tissu pour transmettre la condamnation de tous les citoyens du pays et l’a qualifiée d’insulte claire à la dignité humaine.

Il a déclaré que la division humiliante et le fait de s’adresser aux citoyens, en particulier la majorité du peuple afghan, constituent une violation flagrante de la dignité humaine, de la dignité et des droits fondamentaux.

Selon Hamidi, ce principe reflète une politique pénale cruelle fondée sur la discrimination ouverte qui encourage la violence à l’égard des femmes et des enfants, ignore le caractère sacré du sang, de la vie, de la propriété et de la dignité des citoyens et viole le principe de l’égalité juridique des citoyens contre la loi.

L’ancien procureur général d’Afghanistan a ajouté que dans ce cadre, les citoyens sont classés en fonction du sexe, de la religion, de la position politique, du statut social, de la richesse et de la pauvreté, et la discrimination religieuse et sociale est systématiquement institutionnalisée.

Hamidi a souligné que ces principes sont en contradiction flagrante avec l’esprit et les fondements de la religion de l’islam, et la performance des talibans dans les deux périodes a considéré que leur règle est illégitime et basée sur les ordres de goût et les objectifs de groupe.

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