Gender Apartheid in Afghanistan: When Reality Outpaces International Law
Quand le droit international tarde à nommer le crime, l’oppression gagne du terrain.
➡️ Deux forums (La Haye, Sénat français) convergent : l’exclusion des femmes afghanes est systématique, intentionnelle, étatique.
➡️ Ce texte explique le vide juridique qui bloque l’accountability et pourquoi l’Afghanistan est devenu un cas-test pour le droit international.
Apartheid de genre en Afghanistan : quand la réalité dépasse le droit international
Par Dr Amna Mehmood — Senior Scientist | Analyste indépendante — Représentante de la diaspora afghane engagée dans des initiatives pour les droits des femmes et l’éducation
Le 11 décembre 2025, le Tribunal permanent des peuples (TPP) a rendu son verdict sur la situation des femmes et des filles afghanes, à La Haye. Deux jours plus tard, le 13 décembre 2025, le Sénat français accueillait un colloque de haut niveau intitulé « No Peace Without Women: Their Representation in Diplomatic, Military and Political Bodies », convoqué par Patricia Elias, initiatrice de la pétition mondiale « No Peace without Women », et placé sous le haut patronage de la sénatrice Hélène Conway-Mouret.
Ces deux espaces — l’un judiciaire et moral, l’autre parlementaire et politique — ont convergé vers la même conclusion : l’exclusion des femmes afghanes est systématique, intentionnelle et imposée par l’État. Mais ils ont aussi mis au jour un échec juridique persistant. Les preuves sont abondantes. Les témoignages sont publics. L’inquiétude politique est exprimée. Ce qui reste irrésolu, c’est de savoir si le droit international évoluera pour nommer et combattre l’apartheid de genre comme un crime direct et justiciable, ou s’il continuera à reconnaître la réalité sans conséquences.
Afghanistan : de la discrimination à l’effacement systématique
Depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021, les femmes et les filles afghanes ont été progressivement retirées de presque toutes les sphères de la vie publique. Les filles sont interdites d’enseignement secondaire et supérieur. Les femmes sont exclues de la plupart des emplois, limitées dans leurs déplacements, et poussées vers une invisibilité légale. Les institutions destinées à protéger les droits des femmes ont été démantelées.
Les instances internationales ont rappelé à plusieurs reprises que ces mesures ne sont ni isolées ni temporaires. Elles constituent un système de gouvernance cohérent : les femmes sont exclues non pas en tant qu’individus, mais en tant que catégorie. L’objectif n’est pas de « réguler » leur place dans la société, mais de les retirer de la société elle-même.
Cette réalité a résonné tout au long du colloque du Sénat, où les intervenants ont souligné que les femmes sont devenues la cible principale du contrôle politique — non pas des victimes collatérales des politiques, mais leur centre de gravité.
Le postulat politique du colloque : pas de paix sans les femmes
En ouvrant le colloque, la sénatrice Hélène Conway-Mouret a ancré le débat dans un principe fondamental : « Les droits des femmes sont des droits humains », en rappelant qu’il s’agit d’une responsabilité collective, et non d’un slogan rhétorique. Elle a insisté : la lutte pour l’égalité n’est pas seulement une lutte de femmes, elle concerne l’humanité tout entière. Dans un monde déstabilisé par les conflits — de l’Ukraine à l’Afghanistan — elle a souligné qu’il ne peut y avoir de paix là où les femmes sont exclues des décisions diplomatiques, militaires et politiques.
Le colloque n’a pas traité l’exclusion des femmes comme une question marginale. Il l’a abordée comme un problème de paix et de sécurité, révélateur de la capacité (ou non) des institutions politiques à tenir leurs engagements lorsqu’elles sont confrontées à une oppression systématique.
Patricia Elias : des données sur les conflits mondiaux à la réalité afghane
Dans son intervention, Patricia Elias a situé l’événement dans un contexte de crise mondiale : l’escalade des guerres et le recul de la paix. Citant l’Indice mondial de la paix 2025 (Global Peace Index), elle a indiqué que 78 conflits armés impliquant des États sont désormais recensés dans le monde — un record depuis la Seconde Guerre mondiale — tandis que la paix mondiale atteint des niveaux historiquement bas. Pourtant, a-t-elle noté, seulement 0,52 % des dépenses liées à la guerre sont consacrées à la consolidation de la paix (peacebuilding), révélant un déséquilibre profond entre ce que le monde finance et ce qu’il prétend défendre.
Dans ce « climat mondial », a soutenu Elias, les femmes ne sont pas des dommages collatéraux ; elles sont souvent des cibles prioritaires. Le viol, les déplacements forcés, l’enlèvement et l’esclavage ne sont pas des accidents des conflits, mais des armes délibérément utilisées contre les femmes. Dans ce cadre, l’Afghanistan n’est pas seulement un cas tragique : c’est un test extrême de la capacité de la communauté internationale à traiter les droits des femmes comme des obligations opposables.
Voix d’Afghanistan : « Arrêtez de vous cacher derrière le langage diplomatique »
Le panel consacré à l’Afghanistan a porté la clarté morale du témoignage vécu, souvent plus frontal que ce que permettent les formulations institutionnelles.
Marzieh Hamidi, sportive afghane, a décrit sa vie d’Afghane née en Iran dans la discrimination, façonnée par l’idée que des filles comme elle n’étaient jamais destinées à rêver à voix haute. Elle a rejeté ce silence imposé et affirmé que l’Afghanistan demeure présent « dans chaque femme, chaque histoire, chaque injustice ». Elle a refusé l’idée que la crise serait complexe ou culturellement ambiguë.
Ce n’est pas un malentendu, a-t-elle dit. C’est un effacement systématique et intentionnel d’un genre : « pas d’école, pas de sport, pas de liberté, pas d’identité, même pas le droit d’exister ». Ce n’est ni la culture ni la tradition. « C’est un crime », a-t-elle insisté, et le monde doit cesser de masquer la réalité par des euphémismes : « Nous devons arrêter de nous cacher derrière le langage diplomatique. » Elle a averti que ce qui arrive aux femmes afghanes n’est pas un problème lointain, mais un signal d’alarme mondial : le silence n’est pas neutre ; il devient complicité.
Nigara Mirdad, ancienne diplomate afghane et militante des droits des femmes, a renforcé la dimension systémique des politiques par des indicateurs concrets. Elle a déclaré que depuis 2021, les talibans ont promulgué plus de 250 décrets, dont une part substantielle vise directement à restreindre les droits des femmes. Elle a évoqué la fermeture des écoles et universités aux filles et aux femmes, ainsi que l’élargissement des interdictions visant le travail des femmes et l’accès aux services. Son message était explicite : les déclarations ne sont plus suffisantes ; il faut agir.
Ces témoignages n’ont pas seulement illustré la souffrance. Ils ont défini le problème juridique et politique : la preuve n’est pas contestée ; ce qui manque, c’est l’application de mécanismes à la hauteur de la gravité et de l’intention de l’oppression.
Le Tribunal permanent des peuples : constats et qualification juridique
Le Tribunal permanent des peuples n’est pas une juridiction pénale et ne rend pas de décisions contraignantes. Son rôle consiste à examiner des situations où des violations graves persistent malgré l’insuffisance d’action des institutions formelles, et à établir un dossier moral et juridique rigoureux, ancré dans le droit international.
Lors de sa session sur la situation des femmes en Afghanistan, le Tribunal a examiné des témoignages de femmes afghanes, des analyses juridiques d’experts et des preuves documentaires. Il a conclu que les talibans ont imposé un régime systématique et intentionnel d’exclusion fondée sur le genre, appliqué par l’autorité de l’État. Il a estimé que la finalité et l’effet de ce régime est l’effacement des femmes et des filles de la vie sociale, politique, culturelle et intellectuelle. Il a qualifié ces actes de persécution fondée sur le genre et a identifié des éléments compatibles avec des crimes contre l’humanité, en rejetant explicitement toute justification culturelle ou religieuse comme moyen de défense.
En termes simples, le Tribunal a conclu que les femmes afghanes sont retirées de la société par dessein.
Professeure Rashida Manjoo : le vide juridique qui bloque la responsabilité
Une contribution centrale, tant au Tribunal qu’au colloque du Sénat, est venue de la professeure Dr Rashida Manjoo, ancienne Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes et juge au Tribunal permanent des peuples.
Son analyse a éclairé l’obstacle principal. Le droit international reconnaît l’apartheid comme crime — notamment à travers la Convention sur l’apartheid de 1973 et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale — mais il définit l’apartheid explicitement en lien avec la domination raciale. Il n’existe pas de codification explicite de l’apartheid fondé sur le genre.
Or, a-t-elle soutenu, les politiques talibanes présentent les caractéristiques structurelles de l’apartheid : domination systématique, ségrégation, exclusion institutionnalisée, et intention de maintenir ce système. L’Afghanistan remplit des éléments constitutifs majeurs d’un régime de type apartheid, mais parce que la discrimination est fondée sur le genre plutôt que sur la race, la qualification juridique reste indirecte.
C’est ici que la réalité dépasse le droit. Les faits sont visibles. L’intention est cohérente. Le système est public. Ce qui manque, c’est la classification juridique précise qui transforme la reconnaissance en responsabilité applicable.
Manjoo a esquissé des voies normatives : codifier l’apartheid de genre par de futurs instruments sur les crimes contre l’humanité, par des amendements au Statut de Rome, par un protocole additionnel aux cadres existants sur l’apartheid, ou par un nouveau traité. L’objectif n’est pas rhétorique : il s’agit de rendre le droit capable de nommer ce qu’il voit déjà.
Des preuves sans application : l’échec structurel
Dans l’ensemble du panel, une critique récurrente s’est imposée : la communauté internationale a développé un langage sophistiqué, des déclarations humanitaires, des condamnations diplomatiques, des résolutions, mais n’a pas produit de conséquences juridiques et politiques proportionnées. Dans les faits, un écart persiste entre la reconnaissance formelle et la réalité opérationnelle.
Même lorsque des évolutions juridiques existent, les intervenants ont souligné que leur mise en œuvre reste inégale et tardive. Le résultat est un schéma récurrent : un monde capable de décrire le crime, mais hésitant à l’affronter comme un crime.
Cet échec n’est pas seulement technique. Quand l’oppression est systématique, délibérée et appliquée par la puissance de l’État, l’absence d’un cadre juridique équivalent devient une forme de permission structurelle. Elle envoie aux auteurs un message : le monde parlera, documentera, débattra — mais restera réticent à mobiliser des outils à la mesure de la violation.
L’Afghanistan comme cas-test du droit international
Plusieurs intervenants ont présenté l’Afghanistan comme un précédent. Si le droit international ne peut pas répondre de manière adéquate à un système complet de domination fondée sur le genre, imposé par l’État, d’autres régimes similaires ailleurs pourraient rester insuffisamment contestés.
En tant que participante invitée au colloque du Sénat, et membre de la diaspora afghane engagée dans des initiatives pour les droits des femmes et l’éducation, j’ai observé une convergence rare entre analyse juridique, débat politique et témoignage vécu. La question irrésolue est de savoir si cette convergence se traduira en action institutionnelle.
De la documentation à la responsabilité
Le Tribunal a documenté les preuves. Les institutions parlementaires ont débattu des implications. Les témoignages sont publics. Le dossier est visible.
À ce stade, l’inaction ne peut plus être expliquée de manière crédible par un manque d’information ou par l’incertitude. Quand l’oppression systématique est documentée, débattue et appliquée publiquement, le silence n’est plus neutre. Il devient un choix — et ce choix engage une responsabilité.
Que le droit international évolue (ou non) pour nommer et combattre l’apartheid de genre façonnera non seulement l’avenir des femmes afghanes, mais aussi la crédibilité même du système juridique international.
Références
• Statut de Rome de la Cour pénale internationale (1998).
• Tribunal permanent des peuples. Verdict sur la situation des femmes et des filles en Afghanistan. La Haye, 11 décembre 2025.
• Colloque du Sénat français. « No Peace Without Women: Their Representation in Diplomatic, Military and Political Bodies » (dont session Afghanistan). Paris, 13 décembre 2025. Enregistrement vidéo disponible sur YouTube.
• Elias, P. Remarques d’ouverture et cadrage du panel. Colloque du Sénat français, Paris, 13 décembre 2025.
• Conway-Mouret, H. Allocution d’ouverture. Colloque du Sénat français, Paris, 13 décembre 2025.
• Manjoo, R. Évaluation juridique : persécution, crimes contre l’humanité, vide de codification. Colloque du Sénat français, Paris, 13 décembre 2025.
• Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies (2000).
• Résolution 1820 du Conseil de sécurité des Nations unies (2008).
• Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid (1973).
By Dr. Amna Mehmood Senior Scientist | Independent Analyst and Invited Participant Afghan diaspora representative engaged in women’s rights and education initiatives
On 11 December 2025, the Permanent Peoples’ Tribunal (PPT) presented its verdict on the situation of Afghan women and girls, in The Hague. Two days later, on 13 December 2025, the French Senate hosted a high-level colloquium entitled “No Peace Without Women: Their Representation in Diplomatic, Military and Political Bodies,” convened by Patricia Elias, launcher of the global petition « No Peace without Women , and held under the high patronage of Senator Hélène Conway-Mouret.
These two forums, one judicial, moral, the other parliamentary-political, converged on the same conclusion: the exclusion of Afghan women is systematic, intentional, and state-imposed. Yet they also exposed a persistent legal failure. Evidence is abundant. Testimony is public. Political concern is voiced. What remains unresolved is whether international law will evolve to name and confront gender apartheid as a direct and prosecutable crime, or whether it will continue to acknowledge the reality without consequence.
Afghanistan: From Discrimination to Systematic Erasure
Since the Taliban’s return to power in August 2021, Afghan women and girls have been progressively removed from nearly every sphere of public life. Girls are banned from secondary and higher education. Women are excluded from most work, restricted in movement, and pushed into legal invisibility. Institutions designed to protect women’s rights have been dismantled.
International bodies have repeatedly noted that these measures are neither isolated nor temporary. They constitute a coherent governance system: women are excluded not as individuals, but as a category. The objective is not regulation within society, but removal from society itself.
This reality echoed throughout the Senate colloquium, where speakers emphasized that women have become the primary targets of political control, targets not incidental to policy, but central to it.
The Colloquium’s Political Premise: No Peace Without Women
Opening the colloquium, Senator Hélène Conway-Mouret anchored the discussion in a fundamental principle: “Women’s rights are human rights,” stressing that this is a collective responsibility, not a rhetorical slogan. She insisted that the struggle for gender equality is not only a women’s struggle, but one that concerns all of humanity. In a world destabilized by conflict, from Ukraine to Afghanistan, she emphasized that peace is not possible where women are excluded from diplomatic, military, and political decision-making.
The colloquium did not treat women’s exclusion as a marginal issue. It treated it as a peace and security problem, one that reveals whether political institutions will uphold their stated commitments when confronted with systematic oppression.
Patricia Elias: From Global Conflict Data to the Afghanistan Reality
In her remarks, Patricia Elias framed the event around a global crisis of escalating war and declining peace. Citing the 2025 Global Peace Index, she stated that 78 armed conflicts involving states are now recorded worldwide, the highest number since the Second World War, while global peace has reached historic lows. Yet, she noted, only 0.52% of war-related spending is devoted to peacebuilding, exposing a profound imbalance between what the world funds and what it claims to value.
Within this “global climate“, Elias argued, women are not collateral damage; they are often priority targets. Rape, forced displacement, abduction, and enslavement are not accidents of conflict, but deliberate weapons used against women. Against this backdrop, Afghanistan is not merely a tragic case; it is an extreme test of whether the international community treats women’s rights as enforceable obligations.
Voices from Afghanistan: “Stop Hiding Behind Diplomatic Language”
The Afghanistan panel carried the moral clarity of lived testimony, often more direct than institutional statements permit.
Marzieh Hamidi, an Afghan athlete described her life as an Afghan born in Iran into discrimination, shaped by the belief that girls like her were never meant to dream aloud. She rejected that imposed silence and insisted that Afghanistan remains present “in every woman, every story, every injustice.” She rejected the framing of the crisis as complicated or culturally ambiguous:
This is not a misunderstanding, she said. It is a systematic and intentional erasure of a gender, “no school, no sport, no freedom, no identity, not even the right to exist.” It is not culture or tradition. “It is a crime,” she argued, and the world must stop masking reality through euphemism: “We must stop hiding behind diplomatic language.” She warned that what is happening to Afghan women is not a distant problem, but a global warning: silence is not neutral; silence becomes complicity.
Nigara Mirdad, a former Afghan diplomate and women rights activits, reinforced the systemic nature of the policies through concrete indicators. The she stated that since 2021 the Taliban have issued more than 250 decrees, with a substantial share directly restricting women’s rights. She described the closure of schools and universities to girls and women and the widening bans on women’s work and access to services, emphasizing that political statements and symbolic support have become insufficient. Her message was explicit: declarations are no longer enough; action is required.
These testimonies did not simply illustrate suffering. They defined the legal and political problem: the evidence is not disputed; what is missing is enforcement consistent with the gravity and intent of the oppression.
The Permanent Peoples’ Tribunal: Findings and Legal Assessment
The Permanent Peoples’ Tribunal is not a criminal court and does not issue binding judgments. Its role is to examine situations where grave violations persist despite insufficient action by formal institutions, and to establish a rigorous moral and legal record grounded in international law.
In its session on situation of women in Afghanistan, the Tribunal reviewed testimony from Afghan women, expert legal analysis, and documentary evidence. It concluded that the Taliban have imposed a systematic and intentional regime of gender-based exclusion enforced through state authority. The Tribunal found that the purpose and effect of this regime is the erasure of women and girls from social, political, cultural, and intellectual life. It characterized these acts as gender-based persecution and identified elements consistent with crimes against humanity, explicitly rejecting cultural or religious justification as a defense.
In plain terms, the Tribunal concluded that Afghan women are being removed from society by design.
Professor Rashida Manjoo: The Legal Gap That Blocks Accountability
A central contribution at both the Tribunal and the Senate colloquium came from Professor Dr. Rashida Manjoo, former UN Special Rapporteur on violence against women and a judge of the Permanent Peoples’ Tribunal.
Her analysis illuminated the core legal barrier. International law recognizes apartheid as a crime, most prominently through the 1973 Apartheid Convention and the Rome Statute of the International Criminal Court, but it defines apartheid explicitly in relation to racial domination. There is no explicit codification of apartheid based on gender.
Yet, she argued, the Taliban’s policies exhibit the structural characteristics of apartheid: systematic domination, segregation, institutionalized exclusion, and intent to maintain that system. Afghanistan meets key constitutive elements of an apartheid-like regime, but because the discrimination is gender-based rather than race-based, the legal naming remains indirect.
This is the point where reality outpaces law. The conduct is visible. The intent is coherent. The system is public. What remains missing is the precise legal classification that converts recognition into enforceable accountability.
Manjoo outlined the normative pathways: codifying gender apartheid through future crimes-against-humanity instruments, through amendments to the Rome Statute, through an additional protocol to existing apartheid frameworks, or through a new treaty. The aim is not rhetorical: it is to make the law capable of naming what it already sees.
Evidence Without Enforcement: The Structural Failure
Across the panel, a recurring critique emerged: the international community has developed sophisticated language, humanitarian statements, diplomatic condemnation, resolutions, but has failed to deliver proportionate legal and political consequences. In practice, there is often a gap between formal recognition and operational reality.
Even where legal developments exist, speakers emphasized that implementation is uneven and delayed. The result is a recurring pattern: a world that can describe the crime but hesitates to confront it as a crime.
This failure is not merely technical. When oppression is systematic, deliberate, and enforced through state power, the absence of a matching legal framework becomes a form of structural permission. It signals to perpetrators that the world will speak, document, and debate, yet remain unwilling to apply tools equal to the scale of the violation.
Afghanistan as a Test Case for International Law
Several speakers framed Afghanistan as precedent-setting. If international law cannot respond adequately to a comprehensive, state-imposed system of gender-based domination, similar regimes elsewhere may remain insufficiently challenged.
As an invited participant in the Senate colloquium and as a member of the Afghan diaspora engaged in women’s rights and education initiatives, I observed a rare convergence between legal analysis, political debate, and lived testimony. The unresolved question is whether this convergence will translate into institutional action.
From Documentation to Responsibility
The Tribunal has documented the evidence. Parliamentary institutions have debated the implications. Testimony is public. The record is visible.
At this stage, continued inaction cannot credibly be explained by lack of information or uncertainty. When systematic oppression is documented, debated, and publicly enforced, silence is no longer neutral. It becomes a choice, and that choice carries responsibility.
Whether international law will evolve to name and confront gender apartheid will shape not only the future of Afghan women, but the credibility of the international legal system itself.
References
Rome Statute of the International Criminal Court (1998).
Permanent Peoples’ Tribunal. Verdict on the Situation of Women and Girls in Afghanistan. The Hague, 11 December 2025.
French Senate Colloquium. “No Peace Without Women: Their Representation in Diplomatic, Military and Political Bodies” (including Afghanistan panel session). Paris, 13 December 2025. Video recording available on YouTube.
Elias, P. Opening remarks and panel framing (including Global Peace Index data; peacebuilding expenditure vs war expenditure). French Senate Colloquium, Paris, 13 December 2025. Video recording available on YouTube.
Conway-Mouret, H. Opening address. French Senate Colloquium, Paris, 13 December 2025. Video recording available on YouTube.
Manjoo, R. Legal assessment remarks on persecution, crimes against humanity, and the codification gap for gender apartheid. French Senate Colloquium, Paris, 13 December 2025. Video recording available on YouTube.
UN Security Council Resolution 1325 (2000).
UN Security Council Resolution 1820 (2008).
International Convention on the Suppression and Punishment of the Crime of Apartheid (1973).
Transformation des résistances armées, vulnérabilité réelle du régime taliban Les évaluations institutionnelles sur l’Afghanistan continuent de mesurer les fronts armés ...