
Richard Bennett, rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme en Afghanistan, a déclaré que le régime taliban basé sur la discrimination sexuelle est aujourd’hui sans égal dans le monde.
Il a souligné que le régime taliban repose sur l’élimination, la séparation et la domination des femmes, et qu’il a institutionnalisé la discrimination sexuelle au cours des quatre dernières années.
🔴 Le nouveau « code pénal des tribunaux » taliban ne constitue pas seulement un durcissement judiciaire : il transforme la domination en norme. La page de La Lettre d’Afghanistan montre que ce texte codifie une société hiérarchisée, violente et profondément hostile aux femmes. Il réintroduit la distinction entre personnes « libres » et « esclaves », prévoit des peines variables selon le rang social, étend les flagellations et donne au pouvoir taliban un instrument juridique pour punir, humilier et faire taire. Nous ne sommes plus seulement face à une succession d’interdictions : nous sommes face à une architecture légale de l’oppression. (LA LETTRE d’AFGHANISTAN)
👩🦰 Pour les femmes, ce texte est particulièrement glaçant. Selon l’analyse relayée sur la page, une femme qui se rend plusieurs fois chez ses parents sans l’autorisation de son mari peut être condamnée à trois mois de prison, de même que toute personne qui l’aide à ne pas retourner au foyer conjugal. Dans un pays où tant de femmes cherchent simplement à fuir des violences, cette disposition revient à criminaliser la fuite, l’entraide et jusqu’au refuge familial. Le domicile devient une prison, et la loi vient en verrouiller la porte. (LA LETTRE d’AFGHANISTAN)
⚖️ Le texte va plus loin encore en légitimant de fait les violences domestiques. Toujours selon cette analyse, le mari n’est puni que si les coups provoquent des blessures graves et si la femme parvient à les prouver devant un juge. Les autres violences — physiques, psychologiques ou sexuelles — ne sont pas clairement interdites. Autrement dit, la loi ne protège pas la femme : elle protège d’abord l’ordre patriarcal. Cette logique s’insère dans un système déjà dénoncé par l’ONU comme une domination institutionnalisée des femmes et des filles dans tous les domaines de la vie. (LA LETTRE d’AFGHANISTAN)
🩺 Cette violence juridique s’ajoute à une politique plus large d’effacement. Les talibans ont interdit aux femmes l’accès aux instituts médicaux, ce qui menace directement la formation de sages-femmes, d’infirmières et de soignantes, pourtant indispensables dans un pays où beaucoup de patientes ne peuvent être examinées par des hommes. Parallèlement, l’accès à la santé reproductive, au planning familial et à la contraception s’est encore rétréci dans de nombreuses zones, entre interdictions locales, peur des représailles et fermeture de services. (OHCHR)
🚫 Récapitulatif des interdits visant les femmes : étudier au-delà du secondaire ; se former en médecine ; travailler librement ; circuler sans contrôle masculin ; chercher refuge chez leurs proches ; contester les décrets ; accéder normalement aux soins, au planning familial et à la contraception ; vivre hors de la tutelle conjugale et religieuse. Ce « code » ne réglemente pas la société : il légalise la soumission des femmes. (LA LETTRE d’AFGHANISTAN)
À lire aussi



