
L’Afghanistan dans l’angle mort : Quand l’indifférence et le froid condamnent des millions d’exilés
L’hiver s’est abattu sur l’Afghanistan, et avec lui, un silence international assourdissant. Alors que l’attention du monde est accaparée par d’autres crises, une tragédie humaine d’une ampleur sans précédent se joue à huis clos dans les montagnes de Kunar et les plaines arides du pays. L’Afghanistan est devenu le théâtre d’un abandon systématique. D’un côté, une communauté internationale qui semble avoir tourné la page ; de l’autre, des pays voisins qui ferment leurs portes avec une brutalité administrative.
L’exode forcé : Les chiffres de la honte
Sous couvert de « politiques de rapatriement », le Pakistan et l’Iran ont entamé une vidange humaine massive. Les chiffres publiés par les agences onusiennes en cette fin d’année 2025 sont vertigineux :
- Iran : Environ 1,8 million d’Afghans ont été renvoyés ou expulsés vers l’Afghanistan au cours de l’année 2025.
- Pakistan : Près de 940 000 personnes ont franchi la frontière, souvent sous la contrainte.
Au total, ce sont plus de 2,8 millions de personnes qui ont été rejetées vers l’Afghanistan pour la seule année 2025. Ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants ne rentrent pas chez eux par choix. Ils fuient les arrestations, les détentions et le harcèlement. Beaucoup arrivent dans un pays qu’ils n’ont jamais connu, nés en exil, pour se retrouver face à un vide total.
L’échec des Talibans : Un accueil fantôme
À leur arrivée, ces familles se heurtent à l’inertie totale du régime taliban. Absolument rien n’a été fait par les autorités de fait pour accueillir ces flux massifs de population. Les infrastructures de base sont inexistantes et l’économie est exsangue : selon les rapports de l’ONU, à peine 11 % de ces migrants expulsés parviennent à trouver un emploi. Les 89 % restants sont condamnés à l’errance, sans toit ni pain.
Ce manque de préparation devient criminel lorsqu’il rencontre les catastrophes naturelles. Dans la province de Kunar, le récent séisme avait déjà laissé des plaies béantes avec plus de 2 000 morts et des milliers de maisons pulvérisées. Aujourd’hui, l’OCHA rapporte que d’importantes chutes de neige viennent de porter le coup de grâce : les tentes de fortune des rescapés, censées être leur dernier rempart contre la mort, se sont effondrées sous le poids du givre.
L’hiver comme arme de destruction massive
La situation rapportée ce 25 janvier 2026 décrit un scénario de cauchemar. Dans les zones sinistrées, les voies de communication sont désormais totalement bloquées par la neige. Ce n’est pas seulement un problème de logistique, c’est une barrière mortelle : les enfants et les adultes les plus fragiles sont pris au piège. L’accès aux centres de santé est devenu « limité », voire impossible au moment même où les maladies liées au froid se propagent.
L’hiver n’est plus une saison en Afghanistan, c’est une sentence. Comme le souligne l’ONU, les segments les plus vulnérables de la société subissent les dommages les plus lourds, faute d’abris en dur, de chauffage et de structures d’accueil dignes de ce nom.
Conclusion : Une condamnation à mort collective
L’équation est désormais d’une simplicité terrifiante : des millions de personnes expulsées par leurs voisins, ignorées par un monde lassé, et abandonnées par un pouvoir local incapable d’assurer leur survie.
L’aide humanitaire est à bout de souffle, les routes vers Kunar sont coupées et les abris de toile sont déchirés par le gel. Si la communauté internationale ne sort pas de sa léthargie pour forcer une aide massive et immédiate, le dégel du printemps ne révélera pas seulement la fin d’un hiver rude, mais le bilan d’une condamnation à mort collective pour des millions d’innocents. L’Afghanistan ne meurt pas seulement de froid, il meurt de notre indifférence.
ONU : Les familles touchées par le séisme en Afghanistan ont un besoin urgent d’abris à l’approche de l’hiver.
26/01/2026

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé que les familles déplacées par le tremblement de terre en Afghanistan ont besoin de chaleur et d’un abri à l’approche de l’hiver.
L’organisation a indiqué lundi 26 janvier sur sa page X que ses équipes sont présentes sur le terrain pour évaluer les besoins des familles et leur apporter une aide urgente et essentielle.
Auparavant, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) avait également annoncé que les fortes chutes de neige avaient rendu la situation des enfants dans les zones touchées par le tremblement de terre, déjà catastrophique, encore plus difficile.
Cette situation survient alors que les basses températures et le froid hivernal rigoureux menacent la vie des familles touchées, et que, sans accès à un abri et à des moyens de chauffage, leurs conditions de vie sont extrêmement difficiles.
Les médias contrôlés par les talibans avaient également rapporté plus tôt qu’à la suite des récentes chutes de neige et des pluies dans 15 provinces, 61 personnes avaient perdu la vie et 110 autres avaient été blessées.
Vous pouvez lire la version persane de cette information ici :
سازمان ملل: خانوادههای زلزلهزده در افغانستان با آمدن زمستان نیاز فوری به سرپناه دارند




