
Les habitants de #Takhar , #Afghanistan se sont soulevés contre le régime taliban et les mineurs chinois. Ils affirment que leurs ressources sont pillées par les Chinois sous la protection des talibans, tandis que les populations locales n’ont rien à manger. Les talibans ripostent par des balles, mais le peuple poursuit sa résistance sans crainte. Cela pourrait être les premiers signes d’un soulèvement national contre le régime taliban.
Une colère populaire qui dit l’essentiel
Ce qui se passe à Takhar et au Badakhshan n’est pas un « incident local ». C’est un signal politique majeur : dans le Nord, là où le régime taliban prétend incarner l’ordre, la population se soulève contre une économie de prédation. Des habitants de Chah Ab (Takhar) ont visé et incendié du matériel d’extraction lié à des sociétés associées aux Talibans après des affrontements avec les forces de sécurité et le personnel des compagnies minières. afintl.com
Une répression à balles réelles… et des bilans qui varient
Les chiffres circulant illustrent à la fois la violence des heurts et l’opacité qui les entoure : Afghanistan International évoque au moins trois habitants tués et un Talib tué, avec 16 blessés. afintl.com+1 D’autres sources parlent d’un bilan plus lourd, allant jusqu’à six morts (cinq habitants et un employé de la compagnie) pour une même séquence d’affrontements. Amu TV
Cette divergence n’atténue rien : elle dit au contraire le climat. Quand un pouvoir tire, intimide, verrouille l’accès et refuse de rendre compte, le pays ne produit plus des faits vérifiables — il produit du brouillard.
Pourquoi ces mines mettent le feu au pays
Les habitants ne protestent pas « contre l’exploitation » en soi. Ils protestent contre un pillage sans règle, sans partage et sans recours. Les griefs rapportés sont clairs : extraction « non régulée », dégâts environnementaux, raréfaction de l’eau, atteintes aux terres et aux usages locaux. afintl.com+2afintl.com+2
Autrement dit : la mine devient la confiscation du territoire. Elle détourne l’eau, abîme les sols, détruit les pâturages, bouleverse l’équilibre d’une économie rurale déjà étranglée. Et quand les gens se plaignent, ils se heurtent non à une administration, mais à un bras armé.
Le nom qui revient : Bashar (Bashir) Noorzai, finance, réseaux, protection
Le cœur politique de cette affaire est là : les entreprises incriminées sont décrites comme liées à Bashar/Bashir Noorzai, figure du narcotrafic et soutien financier majeur des Talibans, aujourd’hui présenté comme un pivot de leurs affaires — y compris autour des ressources et des partenaires étrangers. afintl.com+2afintl.com+2
C’est la matrice talibane : transformer l’État en holding sécuritaire. Les contrats deviennent des rentes ; la sécurité devient une milice privée ; la contestation devient une cible.
Badakhshan : la « ruée » et la brutalité quotidiennes
Au Badakhshan, des récits concordants décrivent une intensification de l’extraction illégale, avec des commandants locaux (et non-locaux) qui creusent, extorquent, saisissent des terres et expulsent des habitants dès qu’un filon apparaît. 8AM Media
Ce n’est pas seulement un scandale économique : c’est une reconfiguration sociale par la force. Un pouvoir qui prend la mine prend aussi le droit de chasser, d’humilier, de punir, de déplacer.
L’humiliation comme doctrine : le corps exhumé, la balle tirée sur un mort
Et puis il y a Baghlan, district de Nahrin : selon des sources locales citées par le journal 8am (Hasht-e Subh), les Talibans auraient exhumé le corps d’un commandant du Front de résistance nationale, puis tiré sur la dépouille. 8AM Media
Même si l’accès indépendant au terrain est limité, le sens politique de l’acte — tel qu’il est rapporté — est limpide : quand un régime n’a plus la légitimité, il gouverne par la profanation. Il ne suffit plus de tuer : il faut « casser » le symbole, terroriser les vivants, salir les morts. C’est une signature des pouvoirs de vengeance : la domination totale, jusque dans l’après-vie.
Ce que les Talibans sont en train d’avouer
Ils avouent trois choses, sans le dire :
- Ils ne savent pas gouverner autrement que par la coercition. Quand une communauté conteste un contrat, la réponse n’est pas l’arbitrage : c’est l’arme. afintl.com+1
- Leur modèle économique n’est pas la reconstruction : c’est l’extraction. La mine n’est pas un secteur public ; c’est une caisse noire, un système de fidélités, un carburant de guerre. The Diplomat+1
- Le Nord n’est pas « pacifié » : il est maintenu. Et maintenir coûte cher. Le moindre choc — eau, terre, contrat, humiliation — peut se transformer en affrontement ouvert.
Le piège stratégique : miner la société, pas seulement le sol
À court terme, les Talibans peuvent gagner un face-à-face par la force. À moyen terme, ils fabriquent exactement ce qu’ils redoutent : une hostilité populaire durable, structurée par des injustices concrètes (eau, terres, morts), donc impossible à dissoudre par la propagande. Le feu sur les engins miniers n’est pas un geste « irrationnel » : c’est un langage politique quand tout autre langage est interdit. afintl.com
La fin de l’illusion : « stabilité » n’est pas légitimité
Les Talibans disent chercher l’investissement et la « participation ». Mais sur le terrain, le pouvoir interdit l’activisme, réprime la contestation, et transforme les provinces en zones de rente. Quand un régime ne tolère ni plainte, ni presse libre, ni justice indépendante, il ne peut pas « développer » : il peut seulement ponctionner. afintl.com+1
L’or ne leur donnera pas un pays : il leur donnera une guerre
Le Nord afghan est en train de formuler une vérité simple : si l’État devient un gang minier, la société finit par le traiter comme tel. Les Talibans peuvent acheter des machines, signer des contrats, déployer des hommes. Ils ne peuvent pas acheter la légitimité. Et chaque balle tirée sur un manifestant — ou sur un mort — transforme un filon d’or en filon de haine.
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Afghanistan International (05/01/2026) — Protesters Burn Taliban-Linked Gold Mining Equipment In Northern Afghanistan
https://www.afintl.com/en/202601051001 -
Afghanistan International (05/01/2026) — Clashes Over Gold Mining With Taliban-Linked Company Kill Four In Northern Afghanistan
https://www.afintl.com/en/202601051052 -
Amu TV (05/01/2026) — Six killed in clashes over gold mine in northern Afghanistan, sources say
https://amu.tv/219716/ -
8am / Hasht-e Subh (FA) (05/01/2026) — Taliban exhumed the body of an NRF commander and fired on it
https://8am.media/fa/taliban-body-of-a-national-resistance-front-commander/ -
8am / Hasht-e Subh (FA) (05/01/2026) — NRF confirms Taliban shooting of its commander’s body
https://8am.media/fa/resistance-front-confirms-taliban-shooting-of-its-commanders-body/ -
8am / Hasht-e Subh (EN) (02/01/2026) — Gold Plunder and the Suppression of Civilians: What Is Happening in Badakhshan?
https://8am.media/eng/gold-plunder-and-the-suppression-of-civilians-what-is-happening-in-badakhshan/ -
Afghan Witness (Info-Res) (25/02/2025) — Residents and Taliban clash over land and mining contracts
https://www.info-res.org/afghan-witness/reports/residents-and-taliban-clash-over-land-and-mining-contracts/ -
Foreign Policy (10/02/2024) — How an Afghan Drug Kingpin Became Beijing’s Man in Kabul (Bashir Noorzai / réseaux / mines)
https://foreignpolicy.com/2024/02/10/noorzai-afghanistan-taliban-china-mining-drug-kingpin/
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