Les États-Unis face à leur chaos afghan : l’amnésie coupable de Donald Trump

Il y a quelque chose de profondément indécent à voir Donald Trump s’indigner aujourd’hui de l’attaque commise à Washington par Rahmanullah Lakanwal, un ancien membre des unités afghanes formées par la CIA, transféré aux États-Unis après la chute de Kaboul
. Indécent, car Trump semble avoir oublié – ou feint d’oublier – qu’il est personnellement l’architecte du chaos dont il accuse désormais les Afghans. Il accuse, insulte, exige des mesures radicales contre les migrants afghans, mais passe sous silence la vérité la plus élémentaire : c’est lui qui a signé l’Accord de Doha, donnant aux talibans ce qu’ils n’auraient jamais obtenu sur le terrain. Cet accord, négocié main dans la main avec son acolyte Zalmay Khalilzad – dont les accointances avec les talibans ne sont plus un secret pour personne – reste l’une des plus grandes trahisons stratégiques des États-Unis depuis le Vietnam. L’amnésie de Trump, qu’elle soit feinte ou réelle, interroge : erreur de communication ? Cynisme politique ? Ou réel problème cognitif ? Lorsqu’un homme oublie sa propre signature au bas d’un document qui a redéfini l’histoire du terrorisme mondial, une consultation psychiatrique et neurologique n’est peut-être plus une suggestion, mais une nécessité.
Doha a été la matrice du désastre. Cet accord a livré l’Afghanistan à une organisation terroriste sans qu’il ne reste la moindre garantie pour la République islamique d’Afghanistan. Il a provoqué l’effondrement immédiat des institutions, l’exode massif de millions d’Afghans, et l’abandon honteux des forces de sécurité afghanes pourtant formées et financées par les États-Unis. Les milliers de collaborateurs, officiers, traducteurs, ingénieurs ou employés civils évacués in extremis vers des bases étrangères – et dans certains cas, infiltrés par des talibans eux-mêmes – sont le produit direct de ce retrait précipité
. Et aujourd’hui, Trump voudrait faire porter la responsabilité de cette crise aux Afghans eux-mêmes, oubliant que les premières victimes du chaos américain sont… les Afghans. Depuis 2001, les Américains ont renié leurs engagements à répétition : ils ont promis soutien, reconstruction, stabilité, puis ils ont effacé tout cela d’un revers de main. Ils ont même réussi l’exploit d’abandonner un pays tout en le rendant responsable de son propre effondrement. Une inversion accusatoire presque admirable de cynisme.
Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas un accident isolé. L’Afghanistan, depuis le retour des talibans, est redevenu un incubateur de terrorisme international. Les réseaux talibans, Al-Qaïda, l’État islamique du Khorasan (ISKP), les militants ouzbeks, t adjiks ou ouïghours circulent désormais librement entre l’Afghanistan et l’Asie centrale. Les assassinats récents d’ingénieurs chinois au Tadjikistan – une opération attribuée à des groupes projetés depuis le sol afghan – illustrent cette dynamique terrifiante. Les frontières ont cessé d’exister pour ces organisations. Le sanctuaire afghan est de retour, plus actif qu’au début des années 2000. Lakanwal, présenté comme un migrant isolé et fragile, est en réalité issu d’unités spéciales directement formées par les Américains, puis traquées par les talibans et l’ISKP après 2021. Son arrivée aux États-Unis, comme celle d’autres individus affiliés à des réseaux extrémistes, n’est que la conséquence directe du retrait précipité et totalement incontrôlé de Washington
. C’est là qu’est la vérité : ce n’est pas l’Afghanistan qui a exporté le terrorisme vers les États-Unis ; ce sont les États-Unis qui ont importé les conséquences de leur propre débandade stratégique.
Et dans ce grand théâtre de l’absurdité, un homme tente aujourd’hui de se refaire une virginité politique : Ashraf Ghani. L’ancien président, qui a fui Kaboul en laissant derrière lui un État effondré et un peuple à la merci des talibans, prétend désormais analyser, expliquer, voire proposer des solutions pour l’avenir du pays. Le Général Yasin Zia – l’une des voix les plus crédibles de l’opposition – lui a répondu avec la clarté glaciale de ceux qui ont vu mourir un pays de l’intérieur. Selon Zia, Ghani n’a été ni un dirigeant ni un stratège, mais le fossoyeur de la République : il a purgé l’armée sur des critères ethniques, affaibli les ministères de la Défense et de l’Intérieur, concentré l’autorité entre les mains de conseillers idéologiques incompétents, détruit la chaîne de commandement, et ouvert la voie à l’effondrement final. Les propos de Zia ne sont pas des accusations politiques : ce sont les faits froids d’un militaire qui a tout vu, tout vécu, et résiste. Ghani, qui voudrait aujourd’hui se présenter en voix morale, incarne à lui seul la faillite d’un État qui s’est écroulé par sa faute autant que par celle des Américains.
Mais le Général Zia va plus loin dans ses analyses, et son propos est d’une importance capitale : tant que les talibans seront au pouvoir, les réseaux terroristes continueront de se renforcer et de se projeter. Il rappelle que l’ISKP, les réseaux talibans et Al-Qaïda utilisent désormais l’Afghanistan comme base logistique, humaine et opérationnelle. Que les talibans livrent des passeports à des combattants étrangers. Qu’ils infiltrent des diasporas occidentales. Qu’ils supervisent, directement ou indirectement, des attaques en Asie centrale, en Iran, au Pakistan – et aujourd’hui, aux États-Unis. Ce que Zia dénonce, c’est l’hypocrisie du discours occidental, qui continue de feindre que les talibans lutteraient contre le terrorisme alors qu’ils en sont l’épine dorsale. Il souligne aussi que les pays victimes de ces attaques – les États-Unis en tête – sont précisément ceux qui ont rendu possible l’ascension des talibans. À écouter Zia, on comprend que le terrorisme mondial n’a pas augmenté malgré les décisions américaines : il a augmenté à cause d’elles.
L’attaque de Washington, décrite par les responsables du Front de résistance nationale comme un « avertissement mondial », n’est que l’avant-goût d’un phénomène plus large. L’Afghanistan est désormais le cœur battant d’un arc terroriste qui va de la Chine au Moyen-Orient, du Pakistan à l’Europe. Les ingénieurs chinois tués au Tadjikistan, les réseaux de l’ISKP démantelés en Turquie, les opérations transfrontalières au Pakistan, les menaces sur l’Iran : tous ces événements découlent directement de l’impunité totale dont jouissent les talibans depuis 2020. Une impunité née à Doha.
Aujourd’hui, Trump hurle, accuse, stigmatise les exilés afghans. Il menace de réexaminer leurs dossiers, désigne une nation entière comme un « enfer », alors que les Afghans sont eux-mêmes les premières victimes du terrorisme et de l’extrémisme, comme le rappelle Ahmad Saeedi dans le document
. Les migrants afghans ne sont pas les importateurs du terrorisme ; ils en fuient les flammes. L’injustice morale est totale.
Et voici la vérité finale, celle que personne aux États-Unis ne semble oser dire :
le chaos actuel, l’attaque de Washington, l’ascension de l’ISKP, l’expansion terroriste en Asie centrale, la détresse de la diaspora et l’effondrement de la République afghane, tout cela porte un nom : Donald Trump.
C’est lui, par idéologie, ignorance et amateurisme, qui a ouvert la voie aux talibans.
C’est lui qui a permis leur retour.
C’est lui qui a signé la capitulation américaine.
C’est lui qui a livré un pays de 40 millions d’habitants à une organisation terroriste.
Alors que Trump pointe du doigt les Afghans, la question véritable devrait être posée au peuple américain : jusqu’à quand accepterez-vous d’oublier que le premier responsable du chaos… c’est votre ancien président ?
- Analyse sur Rahmanullah Lakanwal – Itinéraire d’un Taliban de l’ombre (La Lettre Hebdo)
- Analyses et déclarations du Général Yasin Zia – Article RASC News
- Communiqués du Front de Résistance Nationale (NRF) – Post de Ali Maisam Nazary sur X
- Informations sur les assassinats d’ingénieurs chinois au Tadjikistan – Bazgasht News
- Commentaire d’Ahmad Saeedi – (lien à insérer)
Ali Meysam Nazari, responsable des relations extérieures du Front de résistance nationale d’Afghanistan : Zalmay Khalilzad a joué un rôle dans la création de la crise actuelle
Ali Meysam Nazari, responsable des relations extérieures du Front de résistance nationale d’Afghanistan, a récemment affirmé que Zalmay Khalilzad a joué et continue de jouer un rôle dans « l’infligement de grandes souffrances au peuple afghan et aux États-Unis ». Selon Nazari, le « soutien de Khalilzad aux talibans », qu’il décrit comme « un groupe terroriste », a conduit au « retrait catastrophique » des forces américaines d’Afghanistan ; un retrait qui, selon lui, « a livré le pays aux réseaux terroristes, forcé des millions de personnes à l’exil et intensifié la menace terroriste mondiale, en particulier contre les États-Unis. »
Nazari a également affirmé que Khalilzad « s’efforce actuellement de normaliser et de légitimer les talibans. » Il a ajouté qu’à la suite des « attaques horribles », notamment « l’attaque récente à Washington DC », il faut « rappeler et examiner le rôle et la responsabilité des personnes impliquées dans la création de ces conditions. »
Front de résistance nationale : L’attaque de Washington est une nouvelle confirmation de la nature mondiale de la menace terroriste
Le Front de résistance nationale d’Afghanistan a fermement condamné, dans un communiqué, l’attaque terroriste contre les membres de la Garde nationale américaine à Washington D.C.
Ce communiqué indique que cet événement « confirme une fois de plus l’avertissement constant du Front de résistance nationale » ; les menaces terroristes ont une dimension mondiale et la sécurité des sociétés humaines est interdépendante.
Le Front de résistance nationale a appelé à un examen approfondi de tous les aspects de cette attaque et a souligné que « le terrorisme, qu’il soit individuel ou collectif, ne représente pas le peuple afghan ». Ce front rappelle que le peuple afghan est lui-même « la principale victime du terrorisme et de l’extrémisme » et ne doit pas être stigmatisé ou puni collectivement à cause des actes violents de minorités.
Dans la partie finale du communiqué, le Front de résistance nationale a demandé aux citoyens afghans de comprendre les sensibilités sécuritaires et le contexte migratoire mondial et de ne pas tomber dans le piège de la guerre psychologique des terroristes visant à blâmer et diviser. Ce front a insisté sur le fait que l’identité du terrorisme n’appartient à aucune nation, ethnie, langue ou religion et ne doit pas servir de prétexte pour blâmer ou diviser les peuples.
Général Yasin Zia , Front de la Liberté
Le silence d’Ashraf Ghani face au massacre des forces armées précédentes signifie une complicité avec les talibans
Le général Yasin Zia a récemment répondu fermement aux déclarations d’Ashraf Ghani, soulignant que « vous n’avez pas respecté votre serment et avez abandonné la nation ».
Le général Yasin Zia, chef du Front de la liberté d’Afghanistan, a réagi aux récentes déclarations d’Ashraf Ghani, ancien président, en publiant un texte sur le réseau OX, l’accusant de fuir ses responsabilités, de violer le serment présidentiel et de s’aligner pratiquement avec les talibans.
Dans cette déclaration publiée aux premières heures du vendredi 7 Qaus/Azar, le général Yasin Zia critique sévèrement Ghani en écrivant : Vous parlez de l’avenir de l’Afghanistan alors que votre première responsabilité dans le passé était la protection de la Constitution de la République islamique d’Afghanistan ; une responsabilité pour laquelle vous avez prêté serment deux fois sur le Saint Coran. Avez-vous été fidèle à ce serment ? Celui qui ne respecte pas son engagement envers le Créateur, comment pourrait-il être fidèle à ses créatures ?
Faisant référence à la chute du régime de la République islamique d’Afghanistan et à la fuite d’Ashraf Ghani du pays, il ajoute : Selon la loi, vous étiez le commandant en chef suprême des forces armées. Votre devoir en tant que commandant en chef suprême était-il de fuir le pays ou de rester aux côtés des forces de sécurité qui se sacrifiaient courageusement jusqu’au jour de la chute ?
Le général Zia déclare également que le silence d’Ashraf Ghani face aux assassinats, persécutions et harcèlements des membres des forces armées par les talibans ne signifie rien d’autre qu’une complicité avec ce groupe rétrograde.
Le chef du Front de la liberté d’Afghanistan rejette ensuite la prétendue menace de guerre et de partition évoquée par Ashraf Ghani, insistant sur le fait que ce qui se passe aujourd’hui est une résistance légitime du peuple afghan contre le régime taliban, et que la lutte armée du peuple afghan contre ce régime est une guerre juste et un droit légitime de la nation. Les forces de sécurité précédentes qui combattent aujourd’hui dans les rangs du Front de la liberté ne luttent pas pour la partition du pays, mais pour la défense de l’intégrité territoriale et la création d’un régime inclusif basé sur le vote populaire.











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