reportage photo de Sandra Calligaro
Si vous souhaitez soutenir ces femmes privées de liberté en Afghanistan, vous pouvez vous rapprocher des associations Nayestane et Femaid, qui travaillent ensemble pour l’éducation des jeunes filles : Helloasso.com/associations/nayestane/formulaires/11
Dans la galaxie des étrangers qui parlent d’Afghanistan, Sandra Calligaro est une voix particulièrement précieuse. Grâce aux longues années qu’elle a passées sur place, partageant le quotidien de femmes et d’hommes parfois devenus des proches, documentant patiemment des vies ballottées par les guerres, les attentats, les changements de régime, les catastrophes naturelles, émaillées pour autant de rires, de beautés et de rêves. Mais aussi et surtout par l’humanité et la pudeur avec lesquelles elle restitue ces chemins de vie, cherchant la justesse plutôt que le scoop, s’effaçant volontiers, toujours discrète, observatrice, au service de son art et des gens qui lui ont ouvert leur porte et leur cœur. Car plus qu’une journaliste qui a tourné les images de grands films sur l’Afghanistan et illustré tant d’articles de presse, Sandra Calligaro est une artiste dont le travail témoigne d’une passion sincère, au long cours.
Ces lettres d’Afghanes qu’elle a récoltées sont autant de documents nécessaires, qui lèvent le voile sur la vie des femmes sous la théocratie misogyne des talibans. Dans ce pays trop oublié en Occident, le seul au monde où les jeunes filles sont privées d’éducation et pour lequel l’ONU a forgé le concept d’« apartheid de genre », chaque sonne comme une résistance. Fidèle à son approche depuis deux décennies, Sandra Calligaro a laissé défiler ces mots sans les tronquer, sans les expliquer, sans se les approprier. À nouveau, la photographe se tient aux côtés des Afghanes, les laissant – c’est aujourd’hui un luxe – s’exprimer pleinement.
Margaux Benn







