POUR UNE CLASSIFICATION TERRORISTE PAR L’UNION EUROPEENNE



L’AFGHANISTAN SOUS L’EMPIRE DES MADRASSAS

État des lieux du recrutement militaire, de l’endoctrinement de masse et argumentaire juridique pour une classification terroriste par l’Union européenne

Date : Février 2026

S’exprimant lors du Forum mondial sur l’avenir de la démocratie à Berlin, l’ancien député Baktash Siawash a appelé l’UE à désigner les talibans comme une organisation terroriste, arguant que les talibans devraient être traités de la même manière que le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien.

📌 Lire l’encadré (Berlin / UE / Talibans)

I. LA MUTATION STRUCTURELLE DE L’ÉDUCATION : LA « MADRASSIFICATION » DE L’ÉTAT

Depuis le retour au pouvoir des Talibans, le système éducatif n’est plus un service public, mais le moteur principal de l’appareil de sécurité de l’Émirat.

  • L’objectif des 100 000 établissements : Le ministère de l’Éducation a officiellement entamé un plan de quadrillage du territoire visant à implanter une madrassa dans chaque village et quartier. Ce réseau ne vise pas l’alphabétisation, mais la création d’une base idéologique homogène et mobilisable.
  • La Madrassa comme seul refuge socio-économique : Dans un pays frappé par des sanctions et une crise climatique sévère (sécheresse persistante), la madrassa est souvent la seule institution capable d’offrir trois repas par jour et un toit. Ce « recrutement par la faim » transforme les enfants des zones rurales en obligés du régime.
  • Éradication des curricula civils : Les matières telles que les mathématiques appliquées, la littérature mondiale, la philosophie ou l’histoire moderne ont été supprimées ou réduites à des notions rudimentaires. Elles sont remplacées par une étude intensive du droit guerrier et de l’apologie du martyre.

II. L’INSTRUCTION MILITAIRE DÉGUISÉE : LE CURRICULUM DU DJIHAD

Contrairement aux écoles religieuses traditionnelles, les madrassas talibanes de 2026 ont intégré des modules de formation paramilitaire explicites.

  • Classification « Madrassas Jihadistes » : Le régime a créé une catégorie spécifique d’établissements de haut niveau. On y enseigne :
    • Tactiques de guérilla : Études de cas sur les vingt ans de guerre contre la coalition.
    • Maniement des armes : Instruction de b ase sur le montage/démontage d’armes légères et, dans certains cas, l’utilisation de drones commerciaux à des fins de surveillance ou d’attaque.
    • Endoctrinement au martyre : Valorisation psychologique de l’attentat-suicide comme acte de bravoure suprême.
  • Discipline et Hiérarchie : Les élèves (Talibs) sont organisés en unités quasi-militaires, avec une chaîne de commandement calquée sur celle de l’armée. L’obéissance aveugle à l’Amir al-Mu’minin est la seule règle de droit reconnue.

III. CARTOGRAPHIE DU RECRUTEMENT ET PÔLES STRATÉGIQUES

L’implantation des madrassas suit une logique de contrôle territorial et de projection de force.

ProvinceRôle StratégiqueType d’Enseignement
KandaharCœur idéologiqueFormation des cadres politiques, théologiques et des futurs juges de l’Émirat.
HelmandRéservoir de fantassinsRecrutement massif de combattants pour le « Mansouri Army Corps ». Focus sur le combat en zone aride.
NangarharFrontière de l’EstUnités spécialisées dans la lutte contre l’EI-K et la surveillance de la ligne Durand.
PanshirZone de pacificationMadrassas de « rééducation » visant à briser les velléités de résistance locale.

IV. LES DANGERS POUR LA SÉCURITÉ RÉGIONALE ET INTERNATIONALE

Cette militarisation de l’enfance constitue une menace directe pour la paix mondiale :

  1. La « Génération Perdue » : Des centaines de milliers de jeunes hommes arrivent à l’âge adulte sans aucune compétence pour l’économie de marché, mais avec une expertise réelle de la guerre. Cette masse constitue un vivier permanent pour toutes les insurrections djihadistes.
  2. Sanctuaire Transnational : L’Afghanistan est redevenu la base arrière d’Al-Qaïda. Le réseau Haqqani assure la jonction entre les madrassas talibanes et les besoins logistiques des groupes terroristes internationaux.
  3. Exportation de l’idéologie (Spillover) : On observe une porosité accrue entre les madrassas de Kandahar et celles du Pakistan, alimentant le TTP (Tehrik-e-Taliban Pakistan) et risquant de déstabiliser une puissance nucléaire.

V. ARGUMENTAIRE JURIDIQUE EXHAUSTIF POUR LA CLASSIFICATION TERRORISTE PAR L’UE

Pour inscrire les Talibans sur la liste prévue par la Position commune 2001/931/PESC, l’UE peut s’appuyer sur les faits suivants, documentés en 2026 :

A. Violation de la Directive (UE) 2017/541

  • Art. 6 (Recrutement) : Le système des madrassas talibanes constitue un recrutement organisé pour commettre des infractions terroristes.
  • Art. 7 (Entraînement) : L’inclusion de tactiques de combat et de fabrication d’engins explosifs dans le programme scolaire tombe directement sous le coup de la « fourniture d’instructions pour le terrorisme ».
  • Art. 3 (Infractions terroristes) : Les méthodes de gouvernance (exécutions publiques, enlèvements, pressions sur les familles) visent à « intimider gravement une population ».

B. Terrorisme de Genre et Crimes Contre l’Humanité

  • L’exclusion totale des femmes de l’éducation et de l’espace public est un instrument de terreur sociétale. Cette persécution systématique est un pilier de l’ordre taliban, utilisé pour radicaliser les foyers et supprimer toute voix discordante.

C. Financement et Ressources (Règlement CE n° 2580/2001)

  • L’utilisation des revenus fiscaux et des ressources naturelles de l’Afghanistan pour financer un réseau de madrassas militaires justifie le gel total des avoirs. L’État taliban fonctionne comme une organisation criminelle dont l’activité principale est l’exportation de l’instabilité idéologique.

D. Jurisprudence et Précédents

  • La Cour de Justice de l’UE a déjà établi que l’exercice de fonctions gouvernementales n’exonère pas une entité de sa qualification terroriste si ses méthodes et ses objectifs sont terroristes (cf. cas du Hamas ou du Hezbollah).

CONCLUSION

L’Afghanistan sous le régime des Talibans en 2026 n’est pas un pays en reconstruction, mais une forteresse en expansion. En transformant chaque salle de classe en une caserne et chaque manuel en un manifeste de guerre, les Talibans ont scellé l’avenir de la région dans la violence.

L’Union européenne a l’obligation juridique et morale de cesser toute forme de normalisation et d’inscrire le mouvement sur sa liste terroriste pour couper les flux financiers, poursuivre les facilitateurs en Europe et protéger sa propre sécurité intérieure contre une menace qui s’exporte déjà par la radicalisation numérique et physique.


ANALYSE TECHNIQUE : LES CIRCUITS FINANCIERS DE L’ÉMIRAT

Contournement des sanctions et financement du réseau des madrassas militaires (État 2026)

L’autarcie financière apparente du régime repose sur une hybridation sophistiquée entre des systèmes ancestraux de transfert de fonds et l’adoption pragmatique des technologies de la blockchain.

1. Le Système Hawala : L’infrastructure de confiance décentralisée

Le Hawala reste l’épine dorsale du financement des madrassas, en particulier pour les fonds provenant de la diaspora et de donateurs privés dans le Golfe.

  • Le principe du « zéro mouvement » : Contrairement au système SWIFT, l’argent ne traverse jamais physiquement les frontières. Un donateur à Dubaï remet des fonds à un Hawaladar local ; celui-ci contacte son homologue à Kandahar qui libère la somme équivalente en afghanis ou en dollars après prélèvement d’une commission (généralement entre 2 % et 5 %).
  • Opacité totale : Les registres sont souvent codés ou informels, rendant toute traçabilité par les agences de renseignement financier (comme le GAFI) extrêmement complexe.
  • Utilisation pour les Madrassas : Ce système permet de financer directement les salaires des instructeurs et l’approvisionnement des internats dans les zones les plus reculées (Helmand, Uruzgan) sans passer par les banques commerciales surveillées.

2. Le Pivot vers les Cryptomonnaies et les Stablecoins

Depuis 2024, on observe une accélération de l’usage des actifs numériques pour contourner le gel des avoirs.

  • La domination du Tether (USDT) : Le régime privilégie les stablecoins indexés sur le dollar. L’USDT est utilisé comme monnaie de réserve pour les transactions internationales « sensibles », notamment l’achat de matériel de surveillance ou de technologies de communication pour les centres de formation.
  • Plateformes d’échange « Underground » : Bien que les Talibans aient officiellement interdit le crypto-trading pour les particuliers afin de limiter la fuite des capitaux, le ministère des Finances et le réseau Haqqani opèrent des portefeuilles institutionnels. Ils utilisent des bourses d’échange non régulées basées dans des juridictions complaisantes pour convertir ces actifs en devises locales via des agents Hawala convertis au numérique.
  • Le « Mining » d’État : Profitant des ressources hydroélectriques de certaines provinces, le régime a commencé à parrainer des fermes de minage de Bitcoin pour générer des revenus directs non saisissables.

3. Le Détournement de l’Aide Humanitaire et le « NGO Fronting »

L’un des leviers les plus cyniques consiste à s’approprier une partie de l’économie de l’aide.

  • La taxation de l’aide : Les Talibans imposent des « frais d’administration » et des taxes de protection aux ONG internationales. Ces prélèvements sont discrètement réalloués au budget du ministère de l’Éducation (et donc aux madrassas).
  • Création d’ONG « écrans » : Des entités locales, présentées comme des organisations caritatives éducatives ou sociales, sont en réalité des émanations directes du régime. Elles sollicitent des fonds internationaux pour « l’alphabétisation » qui sont ensuite injectés dans le curriculum de militarisation des madrassas de Kandahar.

4. L’Économie des Ressources : « Taxation à la Source »

Les madrassas du Sud (Helmand) bénéficient directement des revenus de l’économie informelle :

  • Ushur et Zakat militaires : Le régime perçoit l’Ushur (taxe de 10 % sur les récoltes) sur les producteurs de pavot et de blé. Dans les districts contrôlés par des commandants radicaux, ces fonds ne remontent pas à Kaboul mais sont directement versés aux madrassas locales pour l’entretien des recrues.
  • Mines artisanales : L’extraction illégale de talc, de lithium et de pierres précieuses dans l’Est du pays génère des revenus en cash qui alimentent les madrassas de la province de Nangarhar, hors de tout contrôle budgétaire officiel.

Synthèse des flux de financement (Données estimées 2026)

Source de financementVecteur de transfertDestination principaleRisque pour l’UE
Dons privés (Golfe/Diaspora)Hawala traditionnelSalaires instructeurs et logistiqueFinancement terroriste occulte
Commerce d’État (Ressources)Stablecoins (USDT)Équipement tactique / DronesContournement des sanctions technologiques
Prélèvements sur l’aideCash / Banque localeFonctionnement courant des madrassasDétournement de l’aide humanitaire

Exporter vers Sheets

Pourquoi cela justifie une classification terroriste ?

L’argument juridique de l’UE (Directive 2017/541) repose sur le fait que le financement du terrorisme ne concerne pas seulement l’achat d’armes, mais aussi « la fourniture ou la collecte de fonds, par quelque moyen que ce soit, directement ou indirectement, dans l’intention qu’ils soient utilisés […] pour commettre des infractions terroristes ».

En structurant leur économie autour de ces circuits opaques, les Talibans démontrent une volonté délibérée de maintenir une infrastructure de combat (les madrassas) hors de toute régulation internationale. La classification terroriste permettrait aux services de renseignement financiers européens de cibler non seulement le régime, mais aussi les nœuds intermédiaires (Hawaladars et plateformes crypto) qui facilitent ces flux vers l’Afghanistan.


Observation stratégique : Sans une action coordonnée sur les échanges de stablecoins et une pression accrue sur les juridictions hébergeant les Hawaladars complices, le réseau des madrassas continuera de croître, financé par une économie circulaire que les sanctions classiques ne parviennent plus à atteindre.

CLAUSE TECHNIQUE : SURVEILLANCE DES RÉSEAUX FINANCIERS NUMÉRIQUES DU RÉSEAU HAQQANI

Pour compléter l’argumentaire, il est crucial de cibler le Réseau Haqqani, pivot entre l’administration talibane et les groupes terroristes internationaux.

  1. Architecture des « Wallets » (Portefeuilles) : Les services de renseignement financier ont identifié des grappes (clusters) de portefeuilles numériques liés au ministère de l’Intérieur (dirigé par les Haqqani). Ces fonds transitent par des « mixeurs » de cryptomonnaies pour masquer leur origine avant d’être convertis en cash via des Hawaladars à Dubaï ou au Pakistan.
  2. Surveillance On-Chain : L’UE doit imposer aux plateformes d’échange de surveiller spécifiquement les adresses liées aux « Madrassas Jihadistes » de l’Est. Le flux est cyclique : extraction de lithium paiement en USDT financement des salaires des instructeurs militaires en province.
  3. Nexus Crypto-Hawala : La classification permettrait de geler les comptes des intermédiaires financiers en Europe qui servent de relais pour convertir les actifs numériques des Talibans en biens matériels ou en devises fortes.

VII. ARGUMENTAIRE JURIDIQUE POUR LA CLASSIFICATION

La demande de classification repose sur le non-respect flagrant des traités suivants :

  • Position commune 2001/931/PESC : Les Talibans répondent aux critères d’implication dans des actes terroristes (intimidation de population, destruction de structures étatiques civiles).
  • Directive (UE) 2017/541 : L’enseignement au sein des madrassas (Art. 7 – Entraînement au terrorisme) et le recrutement (Art. 6) constituent des infractions pénales majeures sur le territoire européen et international.
  • Règlement (CE) n° 2580/2001 : Nécessité de geler les ressources d’une entité qui détourne les fonds publics pour une armée idéologique non-conventionnelle

Partager cet article

À lire aussi