Talibans : pourquoi l’Europe doit ouvrir le débat sur leur inscription comme organisation terroriste

Analyse prospective : L’impératif stratégique d’une qualification terroriste des Talibans par l’Union européenne

La situation en Afghanistan, depuis la chute de Kaboul le 15 août 2021, impose une réévaluation profonde des instruments diplomatiques et juridiques dont dispose l’Union européenne. Alors que le régime taliban consolide son emprise sur le pays en instaurant un Émirat islamique non reconnu par la communauté internationale, le débat sur l’inscription du mouvement sur la liste des organisations terroristes de l’UE n’est plus une simple question de nomenclature, mais un enjeu de sécurité nationale et de cohérence éthique pour les vingt-sept. Le retour au pouvoir des Talibans a non seulement brisé vingt ans de progrès relatifs en matière de droits fondamentaux, mais a également transformé l’Afghanistan en un laboratoire de gouvernance par la terreur, où l’oppression systémique des femmes et la porosité des frontières vis-à-vis des réseaux djihadistes internationaux créent un foyer d’instabilité permanente.1

L’épuisement du paradigme des « autorités de fait »

Depuis 2021, l’Union européenne maintient une position délicate, désignant le régime sous le terme d’« autorités afghanes de fait » afin d’éviter une reconnaissance diplomatique tout en préservant un canal minimal pour l’aide humanitaire.3 Cependant, ce statut hybride montre ses limites face à un régime qui utilise cette ambiguïté pour consolider son pouvoir sans assumer les responsabilités d’un État membre de la communauté internationale. L’architecture actuelle des sanctions repose principalement sur la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment le régime « Afghanistan/Taliban » issu de la résolution 1988 (2011).3

Mécanisme de SanctionBase JuridiqueNature des MesuresPortée et Limites
ONU Résolution 1267Régime global Al-Qaïda/EIGel des avoirs, embargo sur les armesCible les individus associés, pas l’entité étatique de fait
ONU Résolution 1988Régime spécifique TalibansInterdiction de voyager, restrictions financièresVisait initialement à favoriser la négociation 3
UE Règlement 2016/1686Régime autonome de l’UESanctions financières et d’admissionNe couvre pas formellement le mouvement taliban global 5
UE Règlement 2020/1998Régime Droits de l’HommeCiblage d’individus spécifiquesAction « chirurgicale » sur 5 individus en 2023 3

Cette approche fragmentée ne parvient pas à entraver la machine financière du régime. Les Talibans, malgré l’isolement diplomatique, contrôlent des flux de revenus massifs issus des droits de douane, chaque poste frontalier pouvant rapporter jusqu’à 215 millions d’euros par mois.1 Parallèlement, l’économie illicite, incluant le trafic de drogue (opium et cannabis) et l’exploitation minière illégale, continue de financer les structures de l’Émirat, rendant les sanctions ciblées actuelles largement inopérantes pour modifier le comportement de la direction centrale à Kandahar.6

L’évolution de la perception européenne en 2024-2025

En 2025, le climat politique en Europe a radicalement changé. Une résolution portée par l’Assemblée nationale française préconise désormais l’inscription officielle du mouvement sur la liste des organisations terroristes de l’UE, soulignant que de nombreux actes commis par les Talibans correspondent à la définition stricte du terrorisme : l’usage de la violence contre des civils pour intimider une population et imposer une idéologie.2 Cette désignation aurait une portée symbolique et juridique forte, signifiant que l’UE ne considère plus les Talibans comme un gouvernement potentiel, mais comme un groupe criminel exerçant un pouvoir par la violence pure.2

L’apartheid de genre : Une terreur d’État institutionnalisée

L’un des arguments pivots pour la requalification terroriste réside dans le traitement infligé aux femmes et aux filles afghanes. L’Afghanistan est devenu le seul pays au monde où l’éducation est interdite aux filles au-delà de 12 ans.2 Ce n’est pas une simple dérive conservatrice, mais une politique « d’apartheid de genre » délibérée, visant à effacer la moitié de la population de l’espace public.8

La mécanique de l’oppression systématique

Depuis leur retour, les Talibans ont émis plus de 80 édits et directives restreignant les droits les plus fondamentaux.8 Cette prolifération normative crée un environnement de peur constante, où chaque aspect de la vie quotidienne est régulé par le ministère pour la Propagation de la Vertu et la Prévention du Vice, qui a remplacé le ministère des Affaires féminines.2

  • Restriction de mouvement : L’obligation d’être accompagnée d’un tuteur masculin (mahram) pour tout déplacement interdit de fait l’autonomie sociale et économique.7
  • Exclusion professionnelle : L’interdiction faite aux femmes de travailler pour des ONG et les agences des Nations Unies, condamnée par la résolution 2681 du Conseil de sécurité, prive les foyers de revenus et les femmes de services vitaux.2
  • Contrôle corporel : L’imposition du port du voile intégral et l’interdiction récente de la parole des femmes en public constituent des actes de déshumanisation.8

Le sanctuaire afghan et la résurgence des menaces transnationales

L’analyse juridique de ces faits sous l’angle du terrorisme repose sur l’intentionnalité. Ces mesures visent à briser toute velléité de résistance et à instaurer un ordre social par la contrainte physique et psychologique. Les experts de l’ONU estiment que ces actes constituent des crimes contre l’humanité, incluant la persécution de genre.8 L’analogie avec l’apartheid racial est documentée par de nombreux chercheurs qui soulignent que le remplacement de la « race » par le « genre » dans les cadres juridiques internationaux permettrait de qualifier ces actions de crimes internationaux majeurs.12

Le deuxième pilier de l’argumentaire européen concerne la sécurité du continent. Malgré les promesses formulées lors de l’accord de Doha en 2020, l’Afghanistan est redevenu un refuge pour les groupes djihadistes internationaux.2 L’élimination d’Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda, en août 2022 en plein centre de Kaboul, a démontré la complicité de hauts responsables talibans, probablement issus du réseau Haqqani.2

Al-Qaïda et ses filiales : Une intégration structurelle

Les rapports de surveillance du Conseil de sécurité de l’ONU en 2025 indiquent que la force d’Al-Qaïda demeure inchangée, le groupe bénéficiant d’un environnement favorable pour se consolider via des maisons sécurisées et des camps d’entraînement.13 Al-Qaïda dans le sous-continent indien (AQIS) est désormais considéré comme pratiquement indissociable de la hiérarchie militaire des Talibans, ses membres étant intégrés dans les structures de combat et de formation.14

Groupe TerroristeÉtat de la Menace en 2025Relation avec les Talibans
Al-Qaïda (Central)En phase de consolidationProtection directe par la direction de Kandahar 13
AQIS (Branche Indienne)Totalement intégréFusion opérationnelle dans les unités militaires 14
EI-K (État Islamique)Menace croissante, expansion régionaleEnnemi juré, mais profite du chaos sécuritaire 6
TTP (Talibans Pakistanais)Croissance rapide des attaquesSoutien logistique et idéologique, base arrière 15

L’État Islamique au Khorassan (EI-K) et l’insécurité régionale

L’EI-K s’est imposé comme l’organisation la plus active sur le plan mondial, menant des attentats spectaculaires en Iran et en Russie en 2024.15 Si les Talibans affirment combattre l’organisation, cette lutte est souvent utilisée pour justifier une répression accrue des minorités (comme les Hazaras) sous prétexte d’antiterrorisme.1 L’EI-K agit comme un pôle d’attraction pour les djihadistes mécontents de la direction des Talibans, jugée par certains comme trop focalisée sur la gestion étatique au détriment du djihad global.6

Pour l’Europe, le danger est double : d’une part, l’inspiration de « loups solitaires » sur le sol européen via une propagande diffusée depuis l’Afghanistan, et d’autre part, la coordination d’attaques complexes, comme le complot déjoué contre les concerts de Taylor Swift à Vienne en 2024.15 Le rapport TE-SAT 2025 d’Europol confirme une hausse des arrestations pour terrorisme djihadiste dans l’UE, avec une implication croissante de mineurs radicalisés en ligne.17

Fragmentation interne et instabilité du pouvoir taliban

L’unité de façade du mouvement cache des fractures profondes qui menacent la stabilité de la région. L’analyse du Centre international de justice et de crime de l’ONU (UNICRI) identifie plusieurs lignes de faille.6

Rivalités tribales et factionnelles

La tension principale oppose la « Quetta Shura » (fondateurs du mouvement basés au Sud) et le « Réseau Haqqani » (basé à l’Est, proche d’Al-Qaïda).6 Ces factions se disputent les postes clés au sein des ministères de la Défense et de l’Intérieur. Cette fragmentation se double d’une division idéologique entre les « hardliners » fidèles au chef suprême Hibatullah Akhundzada et les « modérés » pragmatiques comme Abdul Ghani Baradar, plus enclins à une certaine forme d’inclusion pour débloquer l’aide internationale.6

Le défi des commandants de terrain (Delgais)

Une menace émergente provient de la désobéissance des commandants de niveau intermédiaire. Ces chefs de guerre, qui ont porté le fardeau des combats pendant vingt ans, refusent souvent l’intégration dans les structures formelles de l’armée, préférant maintenir leur autonomie et leurs sources de revenus locales (trafic, mines).6 Certains se tournent vers l’EI-K ou créent des fronts indépendants, augmentant le risque d’une guerre civile multi-acteurs où des armes modernes, laissées par les forces de l’OTAN, circuleraient de manière incontrôlée.6

Le dilemme migratoire : Un tournant politique en 2025

L’initiative des 20 États membres pour les retours

L’année 2025 marque une rupture dans la gestion européenne des réfugiés afghans. Alors que l’Europe fait face à une vague migratoire persistante, les pays membres durcissent leur position. Les Afghans représentent la deuxième nationalité demanderesse d’asile en Europe en 2025.21

En octobre 2025, vingt pays de l’espace Schengen (dont l’Allemagne, la Belgique, la France et l’Italie) ont signé une lettre conjointe adressée à la Commission européenne, réclamant une coordination européenne pour la reprise des déportations vers l’Afghanistan.22 Le constat est sans appel : en 2024, sur près de 23 000 décisions de retour prononcées contre des Afghans, seulement 2 % ont été exécutées.25

Les ministres européens soutiennent que l’impossibilité de renvoyer des individus, y compris ceux condamnés pour des crimes graves, mine la confiance du public dans le système d’asile.22 Cette pression politique pousse l’UE à envisager des « solutions pragmatiques » avec le régime taliban, ce qui entrerait en contradiction directe avec une éventuelle inscription sur la liste terroriste. L’Allemagne a déjà commencé à expulser des criminels afghans via le Qatar en juillet 2024, marquant un premier pas vers une normalisation technique de facto.27

Le risque de violation du non-refoulement

Cependant, Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits de l’homme alertent sur le fait que tout retour forcé vers l’Afghanistan de 2025 violerait le principe de non-refoulement.25 Les personnes renvoyées risquent la détention arbitraire, la torture ou l’exécution, en particulier si elles appartenaient aux anciennes forces de sécurité ou à des minorités persécutées.8 Une inscription comme organisation terroriste verrouillerait juridiquement toute coopération avec le régime, obligeant l’Europe à assumer la protection de longue durée des ressortissants afghans sur son sol.

Données Migratoires (Janv 2024 – Nov 2025)Valeur StatistiqueSource
Demandes d’asile afghanes déposées (UE+)196 00028
Décisions de première instance rendues217 00028
Taux de reconnaissance moyen65 %28
Taux d’exécution des décisions de retour (2024)2 %25
Afghans retournés au pays (total mondial 2025)2,7 millions28

L’impact humanitaire et le « Chilling Effect » des sanctions

L’un des freins majeurs à la désignation terroriste est la crainte d’aggraver la catastrophe humanitaire. L’économie afghane s’est contractée de 30 % depuis 2021, et 75 % de la population vit dans l’insécurité alimentaire.13

Entre soutien matériel et aide d’urgence

Le cadre législatif antiterroriste, notamment aux États-Unis (loi AEDPA) et dans l’UE, interdit toute forme de « soutien matériel » à une organisation désignée.29 Pour les ONG, cela crée un risque juridique immense : payer des taxes d’importation, des factures d’électricité ou des salaires à des employés locaux pourrait être interprété comme un financement du terrorisme.29

Ce phénomène, appelé « chilling effect », conduit souvent les banques à pratiquer le « de-risking », c’est-à-dire à refuser purement et simplement de traiter des transactions vers l’Afghanistan pour éviter des amendes de la part des régulateurs.30 Au Yémen, la désignation des Houthis en 2025 a provoqué la suspension immédiate des programmes de nutrition de l’ONU, illustrant le coût humain de telles décisions politiques.32

Les mécanismes de sauvegarde possibles

Pourtant, des solutions existent pour concilier fermeté politique et survie de la population. L’OFAC (États-Unis) utilise des licences générales (General Licenses) qui autorisent spécifiquement les activités humanitaires malgré les sanctions.33 L’UE pourrait adopter un modèle similaire :

  1. Exemption humanitaire automatique : Garantir que les fonds destinés à la santé et à l’alimentation ne soient pas gelés.
  2. Aide ciblée aux femmes : Renforcer le soutien aux réseaux clandestins d’éducation et aux programmes de santé réservés aux femmes, contournant les structures talibanes.2
  3. Surveillance indépendante : Conditionner l’aide à un accès non entravé pour les missions d’évaluation de l’ONU.3

Vers une nouvelle doctrine européenne en 2026

L’Union européenne se prépare à présenter un nouvel agenda pour la prévention et la lutte contre le terrorisme au début de l’année 2026.34 Ce document devra trancher la question afghane.

La diplomatie de la conditionnalité

La position actuelle de « pragmatisme limité » 4 semble s’épuiser. En juillet 2025, la Russie a franchi le pas de la reconnaissance diplomatique pour garantir ses intérêts sécuritaires, s’isolant du consensus occidental.21 En réponse, l’UE et ses partenaires du G7 (États-Unis, Royaume-Uni, Canada) renforcent leur coordination. Le Canada a déjà inscrit les Talibans comme organisation terroriste dans son code criminel, une étape que le secrétaire d’État américain Marco Rubio envisage sérieusement pour les États-Unis en 2025.13

Pays / EntitéPosition sur le TerrorismePerspective 2026
CanadaInscription criminelle totaleMaintien de la ligne dure 35
États-UnisDésignation SDGT / Étude FTODurcissement probable sous Rubio 13
Royaume-UniSanctions ONU / Engagement limitéCoordination étroite avec l’UE 4
RussieRetrait de la liste terroristePartenariat sécuritaire avec Kaboul 21
Union EuropéenneSanctions ciblées / Pas de liste globaleDébat sur l’inscription FTO ouvert 2

L’impulsion de la justice internationale

L’action de la Cour Pénale Internationale (CPI) et les efforts de pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas pour porter plainte devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) pour violation de la Convention CEDAW (élimination des discriminations envers les femmes) ajoutent une couche de pression juridique.4 En émettant des mandats d’arrêt contre Hibatullah Akhundzada en janvier 2025, la CPI transforme les dirigeants talibans en parias internationaux, rendant toute normalisation politique moralement et juridiquement indéfendable pour l’UE.4

Synthèse stratégique : Pourquoi l’Europe doit agir

L’ouverture du débat sur l’inscription des Talibans comme organisation terroriste n’est pas une simple posture idéologique, mais une réponse nécessaire à une triple crise.

D’abord, une crise de sécurité. L’intégration d’Al-Qaïda dans les forces talibanes et la montée de l’EI-K font de l’Afghanistan une base de projection pour le terrorisme de demain. En ne désignant pas les Talibans, l’UE se prive d’outils juridiques pour poursuivre ceux qui, sur son sol, soutiennent financièrement ou idéologiquement ce régime.2

Ensuite, une crise des valeurs. Tolérer l’apartheid de genre au nom de la realpolitik migratoire crée un précédent dangereux. Si l’UE se définit par son attachement aux droits humains, elle ne peut traiter comme un partenaire un mouvement qui criminalise l’existence sociale des femmes.8

Enfin, une crise de crédibilité. Le paradoxe entre la volonté de renvoyer des migrants et le refus de reconnaître le régime montre une Europe affaiblie et divisée. L’inscription terroriste permettrait de clarifier la position européenne : une aide humanitaire pour le peuple, mais un isolement total pour les oppresseurs.22

La recommandation pour 2026 est claire : l’Union européenne doit engager le processus d’inscription du mouvement taliban sur sa liste terroriste autonome, tout en instaurant des mécanismes d’exception humanitaire rigoureux. Cette décision, bien que complexe sur le plan opérationnel pour les retours migratoires, est la seule capable de restaurer une cohérence stratégique face à un régime qui a fait de la terreur son unique mode de gouvernement. L’avenir de la sécurité européenne et la survie des droits fondamentaux en Afghanistan en dépendent..2

Sources des citations

  1. Talibans – Wikipédia, consulté le février 4, 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Talibans
  2. Rapport, n° 1572 – 17e législature – Assemblée nationale, consulté le février 4, 2026, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/due/l17b1572_rapport-fond
  3. Proposition de résolution en application de l’article 73 quinquies du Règlement, visant à prendre des mesures appropriées contre les atteintes aux droits fondamentaux des femmes en Afghanistan commises par le régime des talibans – Sénat, consulté le février 4, 2026, https://www.senat.fr/rap/l24-050/l24-050_mono.html
  4. Recent developments in Afghanistan – UK Parliament, consulté le février 4, 2026, https://researchbriefings.files.parliament.uk/documents/CBP-10215/CBP-10215.pdf
  5. Sanctions économiques et financières – Direction générale du Trésor – economie.gouv, consulté le février 4, 2026, https://www.tresor.economie.gouv.fr/services-aux-entreprises/sanctions-economiques
  6. The Taliban in Afghanistan: – UNICRI, consulté le février 4, 2026, https://unicri.org/sites/default/files/2022-10/The%20Taliban%20in%20Afghanistan%20-%20Assessing%20New%20Threats%20to%20the%20Region%20and%20Beyond.pdf
  7. Don’t Betray the Women of Afghanistan, consulté le février 4, 2026, https://silkroadstudies.org/fellowship/item/13522-dont-betray-the-women-of-afghanistan.html?tmpl=component&print=1
  8. International community must not normalise Taliban rule in … – ohchr, consulté le février 4, 2026, https://www.ohchr.org/en/press-releases/2024/08/international-community-must-not-normalise-taliban-rule-afghanistan
  9. Non-Recognition of Taliban – Feminist Majority Foundation, consulté le février 4, 2026, https://feminist.org/our-work/afghan-women-and-girls/non-recognition-of-taliban/
  10. The Taliban’s ‘Gender Apartheid’: The Reality of Women in Afghanistan – Carolina Law Scholarship Repository, consulté le février 4, 2026, https://scholarship.law.unc.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=2173&context=ncilj
  11. Taliban – Wikipedia, consulté le février 4, 2026, https://en.wikipedia.org/wiki/Taliban
  12. Recognition of Gender* Apartheid in Afghanistan Justified – PeaceRep, consulté le février 4, 2026, https://peacerep.org/wp-content/uploads/2023/06/PeaceRep-Afghanistan-Research-Network-Reflection_06.pdf
  13. The Taliban in Afghanistan | Council on Foreign Relations, consulté le février 4, 2026, https://www.cfr.org/backgrounders/taliban-afghanistan
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  32. Terrorist designations tend to mobilize foreign aid—but not in …, consulté le février 4, 2026, https://www.aiddata.org/blog/terrorist-designations-tend-to-mobilize-foreign-aid–but-not-in-yemen-study-finds
  33. 928. Do U.S. sanctions on the Taliban and the Haqqani Network prohibit the provision of humanitarian assistance to Afghanistan? – Office of Foreign Assets Control, consulté le février 4, 2026, https://ofac.treasury.gov/faqs/928
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  35. Les sanctions canadiennes liées aux entités terroristes – Global Affairs Canada, consulté le février 4, 2026, https://www.international.gc.ca/world-monde/international_relations-relations_internationales/sanctions/terrorists-terroristes.aspx?lang=fra
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