RESISTANCE : Semaine du 24 au 30 septembre 2026

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Résistance afghane
Semaine du 24 au 30 septembre 2026
Kamdesh, Ghor, Registani : une semaine de combats pendant les frappes pakistanaises

Les combats de Kamdesh et Nari, l’attaque contre le siège du gouverneur de Ghor et le retour de Registani au sein du NRF ont marqué la semaine. Tout cela s’est déroulé pendant les frappes pakistanaises en Afghanistan. Les chiffres ci-dessous sont des revendications, sauf mention contraire.

Afghanistan Freedom Front : Nuristan et Kunar

Les combats ont commencé le samedi 26 septembre à Kamdesh, dans le Nuristan. L’Afghanistan Freedom Front (AFF) dit d’abord avoir repoussé un assaut taliban contre ses postes, mené avec des troupes au sol et des drones. Le lendemain, elle affirme avoir lancé une contre-attaque coordonnée sur Kamdesh et sur le district voisin de Nari, dans le Kunar. Elle dit avoir chassé les talibans de plusieurs postes de contrôle, libéré plusieurs villages et saisi une grande quantité d’armes légères et lourdes. D’après l’AFF, plusieurs drones talibans ont été détruits ou mis hors d’usage.

Le bilan que l’AFF annonce est de 37 talibans tués et 24 blessés. Elle dit que les corps et les blessés ont été emmenés dans des hôpitaux du Kunar et du Nuristan. Elle précise que ses commandos, en majorité des jeunes de la région qui connaissent bien le terrain, ont gardé leurs positions dans les villages repris, tout en quittant temporairement certains postes trop exposés. Des sources locales ont indiqué que les routes de Kamdesh ont été fermées plusieurs heures pendant les combats.

Le ministère taliban de la Défense a confirmé les combats mais donne un autre récit. Il parle de 28 combattants de l’opposition tués et de 32 capturés à Kamdesh, ne donne aucun chiffre sur ses propres pertes, et dit que l’affrontement a commencé quand environ 400 hommes armés ont tenté d’entrer depuis le Pakistan. Il affirme que les combats étaient terminés et que Kamdesh restait sous son contrôle. Le 29 septembre, le ministère taliban des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires pakistanais à Kabul pour protester contre l’entrée d’éléments armés venus de l’autre côté de la ligne Durand.

L’AFF rejette la version talibane. Elle dit que les personnes présentées comme des prisonniers sont des voyageurs et des touristes de la région, forcés de faire des aveux filmés. Des comptes proches des talibans ont en effet diffusé des vidéos de personnes qui avouent être des combattants de l’opposition, et on ne sait pas dans quelles conditions ces déclarations ont été faites. Les combats ont repris le mardi 29 septembre à Kamdesh. L’AFF a alors transmis à Afghanistan International des images de dix corps de talibans en tenue militaire. Des images publiées sur X montrent par ailleurs des combattants de l’AFF près d’avant-postes pris à Kamdesh. Aucune source indépendante n’a vérifié les deux versions.

L’AFF a revendiqué d’autres actions cette semaine :

  • Le 23 septembre, attaque contre un véhicule militaire taliban sur la route Kaboul-Bagram : un taliban tué et deux blessés.
  • Le 24 septembre, attaque dans la ville de Sar-e Pol : trois talibans tués et deux blessés.
  • Le 28 septembre, attaque contre un véhicule taliban à Faizabad, dans le Badakhshan : trois tués et deux blessés.
  • Le 30 septembre, un responsable du renseignement taliban tué à Kandahar.

Sur le mois de septembre, l’AFF dirigée par Yasin Zia a revendiqué sept opérations ciblées à Kapisa, Kunar, Badakhshan, Sar-e Pol et Kaboul, avec 15 talibans tués et 13 blessés. Au Badakhshan, elle dit aussi avoir repoussé en début de mois un assaut taliban contre ses positions fixes du district de Zebak, où des affrontements se répètent depuis fin juillet.

Front uni d’Afghanistan : Ghor et le Sud

Le Front uni d’Afghanistan (AUF), dirigé par le général Sami Sadat, a revendiqué une attaque contre le bureau du gouverneur taliban de Ghor, à Firozkoh. Des habitants ont rapporté une forte explosion, et de la fumée montait du bâtiment. Les talibans ont renforcé la sécurité à Firozkoh et bloqué les routes menant au bureau du gouverneur. Selon la presse afghane, ils ont arrêté au moins 10 personnes. On ignore si le gouverneur, Hayatullah Mubarak, était présent. Un média pakistanais fait état d’un garde tué et de huit blessés, bilan que les talibans n’ont pas confirmé.

Les sources ne donnent pas la même date pour cette attaque : le 28 ou le 29 septembre. Le Front de mobilisation nationale (NMF) l’a aussi revendiquée le 29, et on ne sait pas lequel des deux groupes en est l’auteur. Le Long War Journal note que l’AUF a déjà montré, en deux mois de combats, qu’il pouvait viser des sièges de l’administration talibane.

L’AUF est entré dans les combats à la fin de juillet, avec une première attaque à Kandahar, puis une autre à Lashkar Gah, dans le Helmand. Sami Sadat avait alors déclaré que les efforts pour un règlement négocié avec les talibans avaient échoué. En septembre, l’AUF revendique 21 attaques, avec 21 talibans tués et au moins 9 blessés. Six attaques ont eu lieu à Kandahar et trois dans le Helmand, ce qui montre la volonté de Sadat de frapper les talibans dans leur fief. Presque toutes ont été des embuscades ou des assassinats visant des talibans isolés, et seules quelques-unes ont visé des postes ou des points de contrôle.

Front de résistance nationale : le retour de Registani

Le 22 septembre, Ahmad Massoud a nommé Saleh Mohammad Registani commandant général des opérations du quartier général militaire du NRF. Ancien parlementaire, Registani appartient à la résistance liée à Ahmad Shah Massoud. Dans une vidéo tournée dans l’Hindu Kush, il a annoncé son retour en Afghanistan et dit que la résistance continue et que d’autres fronts se battent ailleurs dans le pays. Plusieurs personnalités politiques et militaires opposées aux talibans ont salué ce retour.

Le porte-parole du NRF, Abdullah Khenjani, a déclaré à Afghanistan International que ce retour est calculé et s’inscrit dans un processus en cours, pas dans un geste temporaire. Il dit que le NRF coordonne ses actions avec les autres groupes et que les talibans subissent des pressions internes et externes. Les talibans n’ont pas répondu directement. Un analyste cité par Eurasia Review rappelle que cette nomination a une valeur militaire et symbolique, mais qu’elle ne prouve pas que la résistance puisse menacer le contrôle territorial des talibans.

Sur le terrain, le NRF reste peu actif en septembre : deux attaques revendiquées à la mi-septembre, toutes deux au Badakhshan, avec 10 talibans tués ou blessés. Le Long War Journal y voit en partie l’effet de la mort du commandant Hasib Panjshiri, tué par les talibans le 19 août dans le Salang, au nord de Kaboul. Le 4 septembre, le NRF avait annoncé que Mukhtar Shoresh, l’un de ses plus proches compagnons, le remplaçait. Le Front de résistance d’Andarab, affilié au NRF, a mené le 5 septembre dans la vallée d’Andarab, au Baghlan, une attaque commune avec la nouvelle Organisation du Nouvel Horizon : trois talibans tués et trois blessés.

Les autres fronts

Le Front de mobilisation nationale a revendiqué le 28 septembre la mort de deux talibans dans la province de Baghlan, puis l’attaque de Ghor le lendemain. Le Courant vert d’Afghanistan d’Amrullah Saleh avait revendiqué à la mi-septembre trois talibans tués au Badakhshan et deux véhicules détruits au Panjshir. Le 25 septembre, Saleh a déclaré dans un entretien que l’Afghanistan est entré dans une guerre civile. Selon lui, le conflit reste limité pour l’instant, et les attaques de l’opposition ne sont pas encore assez larges, assez intenses ni assez bruyantes.

Le Front républicain d’Afghanistan, dirigé par Tahir Zamir, ancien gouverneur de Bamyan, a revendiqué une attaque à la grenade contre un poste de contrôle dans le 13e district de Kaboul le 4 septembre, puis une attaque contre le centre provincial de Ghor le 12. Le Mouvement de libération afghan a revendiqué le 11 septembre un tir de sniper dans le Helmand, avec deux talibans tués. Le Front des soldats de la patrie de Qayyum Malang n’a revendiqué aucune attaque en septembre. Il avait pris brièvement, le 17 juillet, le centre du district de Yaftali Sufla au Badakhshan, première perte d’un centre de district pour les talibans depuis 2021. Les talibans ont envoyé une délégation au Badakhshan pour convaincre Malang d’arrêter la lutte armée. Il aurait refusé.

Vue d’ensemble

Cette semaine, les fronts ont revendiqué 10 opérations à Kaboul, Sar-e Pol, Kandahar, Badakhshan, Kunar, Nuristan, Parwan et Paktia. Les cibles étaient des points de contrôle, des véhicules et des personnes. Le bilan revendiqué est de 17 talibans tués et 10 blessés, sans compter Kamdesh.

Pour tout le mois de septembre, huit groupes ont revendiqué 37 opérations ciblées, dans des provinces du Sud, de l’Est, du Nord, de l’Ouest et du centre du pays. Le Long War Journal estime que cette résistance ne représente pas une menace existentielle pour le régime à court ou moyen terme. L’ONU a de son côté rapporté une hausse de 11 % des incidents de sécurité entre mai et juillet par rapport à 2025, un chiffre qui inclut aussi les attaques de groupes comme l’État islamique.

Le contexte pakistanais

Le Pakistan dit avoir frappé des positions militantes à Kunar et Paktika le 21 septembre, avec 28 morts. Les talibans et l’ONU font état de trois civils tués à Kunar. Le 24 septembre, Islamabad a annoncé avoir visé 10 sites en Afghanistan liés au stockage et au lancement de drones, après l’envoi de drones rudimentaires par les talibans vers le Pakistan. Les talibans disent que les frappes ont tué au moins quatre civils dans trois provinces. Un responsable pakistanais cité par l’Express Tribune estime que les relations avec les talibans ont atteint un point de non-retour, et ajoute que si l’autorité des talibans était davantage contestée, cela ne serait pas une surprise.

Le point de vue de Natiq Malikzada

Dans une tribune publiée dans The Diplomat le 29 septembre, Natiq Malikzada répond au discours de Shehbaz Sharif à l’Assemblée générale de l’ONU, où il a désigné l’Afghanistan comme un refuge pour le TTP et la BLA. Il reproche au Pakistan une définition sélective du terrorisme. Il rappelle le soutien passé d’Islamabad aux talibans et au réseau Haqqani, cite Lashkar-e-Taiba, Jaish-e-Mohammed, le Hizbul Mujahideen et Harakat-ul-Mujahideen, et reprend la phrase de Khawaja Asif sur le « sale boulot » fait pour l’Occident. Il conclut que le différend actuel ne prouve pas que le Pakistan ait abandonné l’usage de groupes armés.

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